Majeur et vacciné

2009 décembre 23

D’accord, ça fait déjà plusieurs années que je suis majeur, mais c’est aujourd’hui que je me suis fait vacciner contre la grippe A H1N1. À ma sortir du petit espace clos, je m’attendais à une fanfare, à une parade et à un bombardement de confettis. Après tout, le gouvernement avait assez fanfaronné avec la mise en place du système, les conspirationnistes (et faut l’admettre, les charlatans du la biologie [sic] totale) ont fait leur parade plus d’une fois et les médias nous ont bombardé d’éclats d’informations et de désinformations sur la question.

Mais non, j’ai plutôt eu droit aux effets secondaires. Et d’aplomb ! Ce n’est pas pour rien qu’on demande de rester quinze minutes après la vaccination. J’étais à peine assis, je n’avais lu que deux ou trois mots sur le petit pamphlet qu’on nous avais donné, que les étourdissements me frappèrent de plein fouet. Oh que je savais où je m’en allais. J’ai eu tout juste le temps d’avertir la personne qui m’accompagnait, afin qu’elle même aille quérir de l’assistance.

Le sol se mit à gondoler, puis ma vision devint floue. L’ancienne pharmacie dans laquelle se trouvait le centre de vaccination tanguait telle l’Arche de Noé en plein déluge. Je vis s’approcher une bénévole, une chaise roulante bondissant devant elle comme un kangourou. Elle me demanda de m’y asseoir, sa voix étouffée par l’épaisse cloison invisible qui nous séparait.

Heureusement, la réaction des bénévoles fut rapide, car je savais où je m’en allais: dans les vapes. Déjà, le simple geste de m’étendre sur une civière quelques secondes plus tard atténua perceptiblement les effets secondaires. La stabilité, la vision et l’ouïe revinrent assez vite. J’ai quand même pris tout mon temps pour récupérer, une serviette froide sur le front. En tout, il s’est écoulé moins de trente minutes entre ma vaccination et le moment où je quittais le centre, direction Dollorama, juste en face, pour m’acheter une barre de chocolat.

J’avais bien mangé avant cette vaccination et je n’ai aucune allergie. C’est simplement ma basse pression. J’aurais dû m’en douter, mais d’un autre côté, les vaccins ne m’avaient jamais donné ces effets. J’ai déjà perdu conscience après une prise de sang, que j’imputais et impute toujours davantage aux douze heures de jeûne, bien que la basse pression n’y fût pas pour rien.

Finalement, me voilà de retour à la maison, protégé (je l’espère) contre la grippe A H1N1, dont je n’arrive pas à me persuader si elle nous apparaît plus vilaine à cause du traitement spécial que les médias lui réservèrent ou si elle aurait été encore plus vilaine n’eut été des précautions prises et du nombre importants de gens ayant accepté le vaccin. Quoi qu’il en soit, encore heureux que ce ne fut pas l’aiguille elle-même qui me causa ces désagréables effets ;-)

Un produit qui fonctionne

2009 décembre 22

Depuis quelques années, je souffre de ce qu’on appelle l’hyperhidrose, soit la transpiration excessive. C’en était au point où je pouvais avoir froid à chacun des membres de mon corps tout en ayant deux énormes ronds foncés sous les aisselles. Il va sans dire que la saison chaude, les transports collectifs et les moments d’anxiétés étaient donc doublement difficiles pour moi. L’estime personnelle en prenait également un coup.

Plusieurs options s’offraient à moi, dont la majorité ont été rapidement évacuées.

D’abord, il ne s’agissait nullement d’un problème d’hygiène corporelle. Ce n’est jamais le cas pour l’hyperhidrose. Ensuite, les traditionnels antisudorifiques, peu importe le pourcentage et la nature du chlorure d’aluminium qu’ils contiennent, sont largement insuffisants, malgré toutes les belles publicités caricaturales. En dépit de leurs promesses, les antisudorifiques «testés en clinique», qui ne sont en réalité que les mêmes produits, mais emballés différemment afin de répondre à une nouvelle prise de conscience collective sur la maladie de l’hyperhidrose, ne donnent même pas un semblant de meilleurs résultats.

J’ai essayé le Drysol, sans succès. D’ailleurs, le produit me semble davantage développé pour la transpiration des pieds et des mains que des aisselles. J’ai également eu recours à la solution «naturelle», soit les suppléments de sauge. Cette fois-ci, c’est mon système digestif qui m’a freiné avant même que j’ai pu entrevoir un quelconque résultat. Je ne fondais pas beaucoup d’espoirs sur la sauge de toutes façons.

J’ai aussi consulté le Dr Benohanian, dermatologue spécialiste de l’hyperhidrose, lequel m’avait prescrit un traitement qui demandait un tel rituel que j’en fusse découragé avant même de l’avoir essayer. Il fallait appliquer un papier essuie-tout sous l’aisselle, attendre qu’il absorbe la transpiration, qu’il fallait ensuite encercler au crayon feutre, puis décalquer le cercle sur la peau. On identifiait ainsi la zone de sudation excessive, sur laquelle on appliquait, par tamponnade, le produit. Enfin, il fallait se coller un morceau de pellicule plastique (saran wrap) sous le bras. Mettons que ça cadrait mal dans mon emploi du temps !

L’étape suivante était les injections de Botox. Ça me tentait plus ou moins; il paraît que c’est douloureux. Néanmoins, devant les effets néfastes de l’hyperhidrose sur ma vie, j’étais prêt à retourner voir le Dr Benohanian afin d’obtenir une nouvelle ordonnance avec intention, cette fois, de l’appliquer religieusement. Il me fallait au moins l’essayer avant de réclamer le Botox. Puis, une alternative s’est présentée, qui n’existait pas encore il y a deux ans: le gel topique Hydrosal, disponible en vente libre.

Je savais que ce produit était dérivé de la décoction originale du Dr Benohanian, qu’une compagnie pharmaceutique a rendu plus accessible et plus pratique. Les consignes sont principalement les mêmes, dont se nettoyer les aisselles et les sécher au séchoir à main avant chaque utilisation. On suggère également de recourir à la pellicule plastique (optionnelle) pour maximiser l’absorption du produit. Heureusement, on a éliminé le pire: la délimitation au crayon !

Dans mon cas, le produit s’avéra relativement efficace. Je souffre toujours d’hyperhidrose, mais j’ai désormais des «moments de répit». Au paravent, je transpirais du lever au coucher. Désormais, une température ambiante d’un certain niveau est nécessaire pour que je transpire et, généralement, mes vêtements demeurent secs malgré mes aisselles moites.

Cependant, contrairement aux indications sur le produit, je ne peux pas me permettre de «congés». Il faut que j’applique le produit au moins deux soirs sur trois, le troisième servant à empêcher l’irritation cutanée. D’ailleurs, HydrosalGel m’irrite moins que les antisudorifiques commerciaux. Au fait, mon seul problème avec ce produit est le rituel qui, bien que moins complexe que pour la décoction originale, exige une bonne demi-heure chaque soir, avant de me coucher. Quand même, ça en vaut la peine.

Maintenant, j’ai hâte de voir les résultats l’été prochain. Le produit était déjà efficace en septembre, alors que les températures ressemblaient encore à celle des mois de juillet et d’août. J’ignore cependant ce qu’il en sera lors de journées caniculaires, le test ultime pour vérifier l’efficacité du produit.

Avatar (v.f.)

2009 décembre 21

Ça faisait douze ans que James Cameron n’avait pas réalisé de films pour le grand écran, outre ses documentaires Ghosts of the Abyss et Aliens of the Deep. On peut presque croire que celui qui nous avait donné Terminator et The Abyss désirait surfer sur son méga succès, Titanic. En réalité, Cameron aurait bien voulu réaliser Avatar aussi tôt qu’en 1999, mais la technologie d’alors coûtait trop cher pour les prouesses qu’elle pouvait réaliser. Faut dire que d’une part, ce projet repousse les limites de l’imagerie de synthèse (CGI) et que, d’autre part, Cameron ne semble pas disposer des mêmes tuyaux que George Lucas, qui a réalisé chacun des trois derniers Star Wars pour la moitié du coût d’Avatar.

Alors, qu’est-ce que ça donne comme résultat, 230 millions de dollars?

Ça donne des images d’une qualité impeccable, qui pouvaient faire redouter le pire (trop synthétiques), mais qui éblouissent les yeux à chaque instant. L’expression des visages, la clarté des regards, la fluidité des mouvements, la texture des végétaux, la peau des animaux, la luminosité, la netteté des mouvements, absolument tous les aspects de l’imagerie de synthèse ont été grandement améliorés par Avatar. Pas étonnant que, pour y parvenir, Cameron ait du attendre dix ans.

On peut toutefois se demander si durant ses dix ans, Cameron n’aurait pas du en profiter un peu pour peaufiner son scénario. L’histoire est loin d’être ennuyante, mais c’est surtout grâce aux effets spéciaux et à l’action continuelle qu’à un récit original et bien ficelé. Au contraire, cette histoire, on l’a vue des centaines de fois: une personne envoyée pour infiltrer l’ennemi et qui, à son contact, se rend compte qu’il était tout ce temps dans le mauvais camp et décide de protéger ses nouveaux alliés contre ses anciens.

Heureusement, la distribution s’en sort très bien. Sam Worthington avait démontrer qu’il s’avait incarner un personnage dans Terminator Redemption. Dans Avatar, il montre qu’il sait jouer. Son interprétation est probablement la plus approfondie. Sigourney Weaver est très juste, comme d’habitude, alors que Stephen Lang, Giovanni Ribisi et Michelle Rodriguez livrent la marchandise malgré des personnages plus que stéréotypés (le militaire sans scrupule, le cadre avide et la pilote rebelle). Malheureusement, il est difficile de juger du jeu de Zoe Saldana et de Laz Alonso, car les lacunes d’interprétations, s’il y en a, pouvaient être corrigées dans leur cas, eux qui incarnent les indigènes en captures de mouvements (motion capture). Toutefois, physiquement, ils assurent.

Avatar est un chef-d’œuvre de technologie, cela ne fait aucune doute, mais n’est pas un très grand film. Il ne fera pas date comme Titanic, film de Cameron, où Star Wars: Episode III – Revenge of the Sith, film de science-fiction auquel il peut s’apparenter. Il vaut tout de même amplement les 11$ des jours à pleins tarifs, tellement il émerveille les yeux et ne s’étire pas malgré ses deux heures quarante-deux minutes !

P.S.: Vu en version 2D, la bande-annonce en 3D (présentée avant Conte de Noël 3D) ne m’ayant pas étonnée du tout !

Première session normale… ouf!

2009 novembre 13

Je suis dans le jus de mes travaux de session. Première session normale, d’ailleurs. J’en ai deux de terminés, il m’en reste quatre à remettre. J’ai déjà obtenu quelques résultats: trois examens et un travail. Contrairement à ce que je m’attendais, mes résultats d’examens les moins reluisants concernent mes deux cours d’introductions, l’un en histoire des États-Unis et l’autre, en histoire de l’Europe moderne. Ce ne sont pas des échecs, mais je n’ai pas de quoi être fier non plus. J’ai la ferme intention de me reprendre pour les examens finaux.

Tout aussi surprenant fut mon résultat dans mon cours de deuxième niveau sur la Première Guerre mondiale, car il s’agissait bien de celui pour lequel je croyais m’être le plus «cassé la gueule». En effet, j’ai beaucoup de difficultés à suivre le professeur dans sa présentation magistrale du cours. Ce n’est pas tant son accent anglophone, dont je m’accommode plutôt bien, mais son manque de structure. C’est souvent le cas des professeurs qui maîtrisent très bien leur matière; leur mémoire a retenu tellement d’informations qu’ils se croient capables de fonctionner sans planification ordonnée. Il en résulte une incapacité à rendre la compréhension de la matière efficace et à hiérarchiser l’information à diffuser.

Bref, ces professeurs sont tendances à s’égarer… très loin, parfois !

Pour ce qui est de l’initiation à la méthode historique, il ne vaut pas la peine de consacrer un grand paragraphe sur ce sujet. C’est long et plate pour une utilité finalement très relative. Une matière qui pourrait se donner en cinq ou six cours, mais qui est échelonnée sur quinze !

J’affirme qu’il s’agit ici de ma première session normale, car avant 2007, j’étudiais à temps partiel. À l’automne de cette même année, j’entamais une première session à temps plein qui s’avéra infructueuse pour diverses raisons personnelles. En 2008, j’étais sur le marché du travail. À l’hiver 2009, la grève m’amena à abandonner deux cours sur quatre (en histoire, car j’avais un cinquième cours en français). Je ne crois pas me tromper en affirmant que, depuis le début de mes études en histoire, je n’ai pas eu l’occasion de passer à travers une session normale.

Quoiqu’il en soit, mon choix de cours pour la session d’hiver 2010 est fait. Une session risque d’être autrement plus stimulante que l’actuelle.

D’abord, il ne me restera plus qu’un cours d’introduction, sur l’histoire du Québec et du Canada depuis 1867 (Confédération). Mes trois autres cours seront de deuxième niveau et aborderont des sujets qui m’intéressent: l’Égypte pharaonique, la culture et la société au Moyen Âge (j’ai déjà 9 crédits d’accumulés pour cette période historique) et la Deuxième Guerre mondiale. Ce dernier était loin d’être un choix logique, puisqu’il s’agit de ce même professeur difficile à suivre mentionné précédemment, mais les résultats de mon premier examen ont changé mes perspectives !

J’admets que cette session-ci en fut une de grandes leçons… autres qu’éducatives, bien entendu ! Des leçons de disciplines personnelles concernant la disposition de mon temps, ma façon de gérer mes notes et d’en faire la révision, sur l’organisation de mes travaux scolaires, sur mes besoins en matière de sommeil, sur ma gestion financière, etc. Ces leçons sont généralement positives; elles annoncent de meilleurs horizons.

Malheureusement, l’une de ces leçons est plus amère.

Cette session-ci, j’ai réellement pris conscience de l’ampleur de la déchéance de l’Université du Québec à Montréal en matière d’enseignement de l’histoire. Les professeurs ne sont pas aussi «ouverts» que leur réputation laisse croire, ils ne disposent pas nécessairement d’outils pédagogiques stimulant, tant pour eux que pour les étudiants, et ces derniers doivent se rabattre sur l’une des bibliothèques les plus décharnées du réseau universitaire (et l’accès aux ressources externes sont plutôt ardues lors du premier cycle).

Je refuse de croire qu’il s’agit là du juste prix à payer pour étudier dans une université publique. J’espère que mes cours de deuxième niveau, lors de la prochaine session, mettront un peu de baume sur ma perception désormais écorchée de l’UQAM !