Au moins!

En septembre dernier, j’avais fait l’achat d’un téléphone et d’un forfait contractuel de trois ans chez Telus Mobilité. Mon portrait financier n’ayant pas été celui que j’avais prévu pour l’automne, j’accumulai les retards de paiements jusqu’à ce que j’atteigne le point de non-retour, à savoir la limite de crédit imposée par mon contrat. Ce dernier fut donc brisé et mon dossier fut soumis au recouvrement.

Théoriquement, le montant que je dois maintenant rembourser correspond au plein prix de mon appareil additionné à un pourcentage de mes frais mensuels. Toujours en théorie, le téléphone m’appartient.

Privé de service sans-fil depuis quelques mois, je trouve la situation incommodante. Lors de mes déplacements, je peux toujours apporter l’appareil de mes parents, une antiquité (numérique, quand-même !) carburant aux prépaiements à la carte. Le problème survient lorsque mes parents sont également en déplacement et qu’alors, les uns doivent ou l’autre doit se priver de la sécurité, et du facteur pratique, que procure un sans-fil fonctionnel.

En révisant mes comptes de téléphonie sans-fil, tant chez Rogers qu’ultérieurement chez Telus, je me suis rendu compte que ma consommation mensuelle oscillait généralement autour de 100 minutes, ne dépassant ce nombre que très rarement et de peu, mais lui étant inférieur à quelques reprises. Cette constatation m’a fait comprendre que mes forfaits mensuels précédents, toujours supérieurs à 30$ par mois, excluant les frais d’accès réseaux, étaient trop onéreux pour l’utilisation que je faisais de mon téléphone.

Prenons, par exemple, un forfait arrondi de 37$ par mois, durant lequel j’utilise 100 minutes; cela fait environ 37¢ la minute. Le même nombre de minutes avec un service prépayé coûterait environ 25.75$ (25¢ la minute, plus 75¢ d’accès au service 911), du moins dans le cadre du service Payez & Parlez de Telus. Sans entrer dans les calculs détaillés, j’ai magasiné les autres services prépayés (Bell, Rogers, Fido, Virgin et Koodo) et les résultats sont sensiblement les mêmes.

Bien que je comprenne que Telus n’a fait que respecter les clauses de mon contrat et que la cassation de celui-ci était légitime, je demeure malgré tout rancunier envers cette compagnie. Elle n’était donc pas en tête de liste des services prépayés que je préconisais. En même temps, j’ai un Motorola RAZER V3c neuf d’une valeur de 250$ qui agonise dans un tiroir et qui ne peut être activé que chez Telus :x

La question était donc la suivante: puis-je inscrire mon téléphone au service prépayé même si ma dette en collection n’est pas encore réglée? Un appel fut suffisant pour obtenir ma réponse: oui.

Étant donné que j’aime bien ce téléphone, qu’il est presque neuf et que je pourrai économiser le prix d’achat d’un nouvel appareil, je vais opter pour le service offert par cette compagnie que je ne nommerai plus. Ça fait au moins ça pour mettre un peu de positif dans une situation pour le moins frustrante jusqu’à présent.

Surprenant, stimulant, bouleversant, exigeant

J’entame ma quatrième semaine depuis ma petite promotion. Petite, car il s’agit d’une prolongation de contrat ayant le double objectif de faire de moi «l’ancien de service» au sein d’une équipe de travail en perpétuel changement et de me donner l’occasion d’approfondir le métier via des nouvelles responsabilités, de défis et la chance d’exercer un leadership naturel (non établi par un titre hiérarchique), et éventuellement savoir si j’aime ça.

Surprenant, parce que je ne considérais pas être un potentiel candidat à l’avancement. Je ne suis pas le plus rapide ni le plus compétant des participants. Je n’étais pas nécessairement le plus sociable non plus, dans le sens où je faisais mes petites affaires, sans chercher à faire du public relation ni à l’éviter.

Surprenant, parce que j’ai été testé à deux reprises sans le savoir, moi qui croyait que les situations d’urgences dans lesquelles on m’avait parachuté n’étaient que des indices d’un manque d’organisation des cadres. Ironiquement, il semble que ma façon d’organiser mon travail fut un facteur, ajouté à un certain intérêt dans ce que je fais et à mon sens de l’observation.

Stimulant, parce que pour une fois dans ma vie, les efforts que je mets à faire quelque chose pour lequel je manifeste un attrait insoupçonné sont récompensés. Les défis sont plus nombreux depuis trois semaines; on m’a fait confiance pour des soumissions, pour remettre subtilement un peu d’ordre dans certains secteurs d’activités et pour organiser l’enchaînement et la distribution de tâches.

Bouleversant, parce que mes plans initiaux sont remis en doute. À l’origine, je devais faire mon stage de quelques mois, régler en partie mes problèmes financiers, me trouver pour l’été et l’automne un emploi à temps partiel et reprendre les cours dès septembre. Or, les éléments «surprenant» et «stimulant» provoquent la naissance de nouvelles possibilités: repousser en janvier ou septembre 2009 mon retour aux études et travailler à temps pleins jusque-là, ou reprendre des études à temps partiel (étudiant libre) dès septembre, mais continuer à travailler à temps plein.

Bouleversant implique questionnement qui implique inquiétant qui implique déroutant…

Exigeant, non pas par la hausse de ma charge de travail, mais par la période d’adaptation qui m’est exigée par la nature de l’emploi et de l’entreprise. Travailler dans une cuisine ne ressemble en rien à fouiner dans des bouquins d’histoire en vue de la rédaction d’une dissertation.

Je dirais que la plus grande différence se situe au niveau du groupe social concerné. Il n’est pas meilleur ni pire, il est différent. Les mentalités, la façon d’aborder les problèmes, les relations interpersonnelles, le langage sont autant de points qui détonent. Bien sûr, la discipline culinaire amène une certaine standardisation, mais celle-ci s’articule autour de l’art gastronomique, qui répond à des critères parfois diamétraux à ceux de l’art scientifique qui régissent le comportement des professionnels de l’histoire.

On peut sortir l’étudiant en science historique de sa discipline, mais l’on ne peut sortir la discipline historique de son étudiant, aussi éloigné des études qu’il puisse être ;)

L’autre principale adaptation que je doive faire concerne la double mission de l’entreprise. Certes, son objectif premier est d’offrir des services alimentaires de qualité, mais il s’agit également d’une entreprise d’insertion soumise à des normes étatiques précises et à un conseil d’administration chargé de concilier les deux missions. Le personnel en est donc doublement éclectique, regroupant autant de gens appréciant leur stage que d’autres n’y participant que pour se faire «foutre» la paix par Emploi-Québec.

En tant que participant dont le contrat est prolongé, il me faut m’adapter à ces aléas. Je dois développer ma patience envers des comportements qui normalement entraîneraient des mises à pieds ou ma propre démission en cas d’inaction de la par de la direction. Or, il me faut voir mon parcours et celui des autres participants en fonction d’une réintégration du marché du travail, d’une occasion pour tous d’apprendre des ses erreurs plutôt que de payer pour, de développer sa personnalité et parfois, de régler certains problèmes personnels qui entravent les possibilités d’être embauchés.

Cette exigence d’adaptation est, je dirais, le seul véritable facteur pouvant me purger de mon énergie. Le reste, les responsabilités, les défis, le stress et les erreurs m’apparaissent davantage comme des stimulus qui rehaussent mon plaisir au travail, ce qui, pour boucler la boucle, est assez surprenant dans mon cas.

(Image: Aaron Spicer)

Ça va faire deux semaines…

… que je n’ai pas écrit sur ce blogue. Comme je l’ai déjà mentionné dans un billet qui semble s’être fait éclipser par celui sur le grabuge post-victoire-du-Canadien, j’ai eu une promotion, ce qui a amené son lot de petits bouleversements et d’occupations. J’ai d’ailleurs l’intention d’écrire incessamment un papier traçant un portrait de ce que je vis depuis deux semaines.

À très bientôt.

Quelle bande de cons!

À 00:20, suite à la victoire des Canadiens de Montréal, des vandales ont incendié au moins cinq voitures de polices. Un premier commerce vient tout juste de voir sa vitrine fracassée. Il n’y a pas de manifestation de masse, les rues sont mêmes presque désertes. Il s’en trouve pourtant quelques enivrés, au sens littéral, pour causer du troubles, aussitôt que les policiers ont le dos tournés.

Je vous rappelle qu’il s’agit de la victoire d’un club de sport professionnel lors d’un match de première ronde d’éliminatoires. Il ne s’agit même pas d’une finale d’associations ni de la Coupe Stanley. Qu’est-ce que le centre-ville de Montréal aura l’air si les Canadiens remportent les grands honneurs.

Bien sûr, à l’heure qu’il est, sans doute les médias manquent-ils de détails sur les vandales en question. Il semblerait même que plusieurs ne seraient pas des partisans visibles de club (pas de chandails, de casquettes, de fanions, etc.). Mais qui qu’ils soient, la première réflexion qui me vient est: «Quelle bande de cons!» Ce jugement se révélera peut-être inadéquat lorsque toute la lumière aura été faite sur les incidents de ce mardi matin, mais bon.

Bien sûr, il faut relativiser: la grande majorité (voire plus) des partisans ont célébré dans le calme à la sortie du Centre Bell. C’est tout à leur honneur. Malheureusement, il semble qu’une majorité raisonnable ne soit pas suffisant pour contenir une minorité d’imbéciles.

La nouvelle à Radio-Canada, LCN, Cyberpresse.

Ajout à 00:40

Une SAQ vandalisée. Le grabuge semble attirer les gens comme un steak saignant attire les moustiques sur une table à pique-nique au parc de la Mauricie en juillet, car les rues se sont remplies depuis vingt minutes! Des partisans du Canadiens sensés condamnent le vandalisme d’une bande d’hurluberlus qui semble compter plus de membre que plus tôt.

Je ne resterai pas debout assez longtemps pour assister en direct au dénouement de la situation.

Ajout à 07:22

Le compte des automobiles de patrouilles du SPVM vandalisées se chiffre à seize. Seize bagnoles, pour autant d’arrestations. Selon Radio-Canada, ce n’est que vers 02:30 ce matin que «les esprits se sont calmés».

Ce matin, plusieurs blogues dans mon lecteur RSS publiaient sur la question, tous avec des titres très justes. Emma123, de Ceinture rose, troisième sacoche, nous offre trois vidéos tirés de YouTube, des vidéos qui auraient aidé les policiers à mener ses arrestations; S.Martel, du blogue Le Gros Bon Sens, parlent de la passivité des policiers; enfin, John, sur Ma Vision, mon opinion, souligne le manque de «manque de couilles non seulement de la police mais du monde en général qui se frotte pas à ce genre d’individus qui se croit tout permis!!!».

Renart Léveillé et Noisette Sociale l’avaient appréhendé, mais peut-être pas seulement après la huitième de finale :!:

La vie a le sens de l’humour

Marchant d’un pas décidé sur les Voies romaines, de la Méditerranée à la Manche, de l’Atlantique à la mer Noire; sillonnant en caravelle la mer des Antilles, puis rejoignant la mer du Sud par l’isthme de Panama; traversant les Carpathes à l’est pour chasser les Sarrasins, les Pyrénées au sud pour repousser les Maures; observant les réformes politiques athéniennes, de Dracon à Périclès, tout métèque que je suis; appréhendant l’implosion d’une paix européenne, continent militaire prisonnier d’une toile d’alliances qui n’attend qu’une étincelle balkanique pour s’enflammer!

En ce réveil de la terre, et de léthargie humaine définie par un soleil que le smog n’a pas encore éclipsé, c’est dans une modeste cuisine que mes journées s’écoulent.

Les âmes, cueillies, ou recueillies, dans les champs les plus diverses de ce territoire boréal, se succèdent. Elles demeurent parfois, accrochées à un rayon de soleil qui, soudainement, semble embellir une migration professionnelle jusque-là infructueuse. Tantôt, elles ne font que passées, soufflées par un vent qui se lève, plus une brise qu’une rafale, et qui expose un ancrage faible, que l’on savait pour certains, que l’on ignorait pour d’autres.

Quoiqu’il en soit, ce vent est souvent précédé d’une odeur, émanant d’un cubicule au soleil falsifié et qui alerte les plus perspicaces d’un danger imminent. Depuis quelques jours, cette arôme âcre plane dans chaque recoin de l’antre où j’œuvre, attirant quelques-uns de mes comparses vers ce quadrilatère de plâtres aux couleurs apaisantes d’où ils n’en sortent jamais indemnes. Tout juste avant la présente lune, ce fut sur moi que non pas un, mais deux effluves arrêtèrent leurs sillons, lesquels m’indiquaient le chemin de mon destin.

Mon cœur battant tambours mais laissant trompettes muettes, j’engageai le pas vers l’inévitable. Sous leur dôme chevelu, mes neurones s’évertuaient à prévoir des dizaines de réponses à d’innombrables possibilités de propositions, toutes plus inquiétantes les unes que les autres, créant des scénarios plus dramatiques que ce dont sont aptes les scénaristes les plus couronnés de lauriers. Assis entre deux colonnes s’apprêtant à s’effondrer sur mon frêle corps et qui allaient me fixer sur mes fixations que je croyais à tord solidement fixés.

Puis, le marteau du fatidique verdict s’abattit dans un assourdissant tonnerre: j’obtenais une promotion.

La vie a un sacré sens de l’humour, tout comme moi d’ailleurs, qui s’acharne dans ce billet à vous faire vivre, chers lecteurs, l’angoisse qui me gangrenait l’esprit depuis quelques jours. Un important mouvement de personnel sévissait dans l’entreprise où je travaillais et, bien que ne croyant pas être si mauvais employé, j’attendais avec anxiété mon tour. Cette appréhension était née d’une incompréhension générale de la situation, incompréhension générée elle-même par l’absence, souhaitable et souhaitée, d’informations.

La vie a un sacré sens de l’humour, car alors que je tassais, sans repousser définitivement, mes études pour des raisons aussi plates qu’économiques, que je m’abandonnais sans trop d’enthousiasme à l’inéluctable réalité d’un aile marché du travail que je savais d’avance incompatible, j’échoue, par la plus improbable des circonstances, dans les filets d’un emploi que j’apprécie bien, assez pour m’appliquer et m’impliquer, et que, comble de l’ironie, j’en récolte une promotion.

Certes, le passé reste mon avenir, hier occupera mon demain, c’est vers l’arrière que j’avancerai. L’histoire m’attends, non pas comme un personnage historique, mais comme un homme qui œuvrera à ce que les personnages historiques le demeurent. D’ici à ce que je puisse rependre le désherbage de mon titre d’historien, j’ai le bonheur d’avoir bifurqué vers une besogne agréable et gratifiante, qui n’est pas sans rendre plus joyeuse cette mise en tablette de mes études, et même la rendre plus efficaces dans l’optique du but à atteindre.

Bonne journée :-)