La fameuse «exemption d’impôts» de Bernie
Les trois paliers de gouvernements auraient acquiescé aux demandes de Bernie Ecclestone, grand argentier de la Formule Un, s’assurant du même coup le retour du Grand Prix du Canada à Montréal en 2010. La nouvelle devrait être confirmée dans quelques jours, mais les médias prennent déjà les devant.
Lorsque le tout sera confirmé, les Québécois retiendront deux choses de cette histoire: Bernie Ecclestone a voulu se soustraire à nos impôts et les gouvernements se sont agenouillés devant lui. Ce dernier point ne m’apparaît pas totalement faux, mais le premier n’est pas tout à fait vrai. D’ailleurs, le plus récent article de Denis Lessard aborde, l’instant d’un furtif paragraphe, un aspect de l’histoire qui semble avoir échappé aux Québécois.
Bernie Ecclestone n’a cherché une «exemption d’impôts». En effet, on ne recherche pas quelque chose qu’on a déjà en poche et le petit napoléon est très doué pour savoir exactement ce qu’il a dans les poches. Les épreuves sportives internationales ne paient généralement pas d’impôts au Canada, puisque leurs organisateurs en paient déjà dans leur pays d’origine.
Officiellement, les gouvernements fédéraux et provinciaux du Canada prélève des retenues à la source sur les subventions versées et remboursent lesdites retenues une fois que les organisateurs ont prouvé qu’ils avaient payé leurs impôts locaux. En pratique, il semblerait que ces retenues ne soient pas effectuées, de manière officieuse.
L’exigence de Bernie: officialiser ce qui est officieux.
Je ne suis pas du genre à défendre le petit napoléon. Je n’aime pas le type et j’endosse la plupart des critiques négatives qui peuvent être faites à son égard. Je suis d’accord pour affirmer que Bernie est un ogre borné, économiquement insatiable et d’une avarice pathétique. Cependant, s’il ne vient pas contredire cette perception, le cas du Grand Prix du Canada ne vient pas non plus le confirmer, encore moins l’amplifier ni l’amener à son paroxysme, comme les médias ont tentés de le faire croire.
Au Québec et au Canada, on peut, au pire, être moralement opposé aux pratiques générales de Bernie Ecclestone. Au niveau fiscal et politique, c’est plutôt vers nos élus qu’il faut diriger notre foudre. Ce sont leurs pratiques d’accueil des événements sportifs internationaux qu’il faut remettre en cause. Peut-être nous rendrions-nous compte qu’autrement, le Québec et le Canada n’accueilleraient pas de tels événements. Ou peut-être constaterions-nous, ou jugerions-nous, que le jeu n’en vaut pas la chandelle, que les revenus engendrés par ces événements ne justifient de tels sacrifices fiscaux et qu’un changement de philosophie s’impose
Or, ce n’est pas en dirigeant notre fiel contre Bernie Ecclestone, du moins en ce qui concerne les événements sportifs internationaux et le Grand Prix du Canada en particulier, que nous obtiendront quoi que ce soit.
Une seule chose m’apparaît certaine à l’heure qu’il est: nos élus se sont foutus, et ont foutus les citoyens par la même occasion, dans un beau pétrin. Un pétrin qui n’a pas été causé par Bernie Ecclestone, qui l’a plutôt révélé. Tout au plus, il a précipité une conclusion qui serait survenue tôt ou tard.
P.S.: Le petit napoléon n’en demeure pas moins un cupide dépassé dont la retraite ne ferait que se porter mieux la F1.
Des nouvelles du poste
Le poste Pionnier de mon groupe scout et au sein duquel j’anime existe maintenant depuis environ un mois. Les premières rencontres ne furent pas les plus faciles, articulées essentiellement autour de formalités et peu actives, mais furent constructives et stimulantes, du moins pour une bonne partie des membres. Nous avons maintenant une bonne idée des potentiels de nos jeunes et une perspective encourageante de la suite des choses.
Dès la première rencontre, mon co-animateur et moi avions identifié deux jeunes dont l’aventure pionnière s’annonçait courte. La vie de Pionnier exige une certaine maturité, qui peut être acquise au cours de la première année, pour autant que le poste soit bien établi et son fonctionnement, assuré par des vétérans. Or, il n’en est rien en ce qui nous concerne. Tout est à faire, ce qui nécessite une concentration et une patience supplémentaire.
Notre deuxième rencontre a confirmé nos doutes. Bien qu’ils aient été présents et volontaires lorsque furent décidés son horaire et sa nature, les deux jeunes en question se présentèrent en retard et leur contribution fut inexistante. Au contraire, elle dérangea les autres, qui tentaient d’ériger les fondations du poste. À l’heure dîner, ils quittèrent, l’un pour une raison viable, l’autre pour une raison plus obscure.
Il est vrai que cette rencontre ne fut pas aisée. Elle s’étendit sur sept heures durant lesquels nous étions presque toujours assis. Pour la plupart, il s’agissait d’une première expérimentation des règles de fonctionnement d’une assemblée constituante, un aspect non officiel du programme Pionnier, mais répandu du fait que le conseil de poste fonctionne un peu comme un C.A. et qu’on prépare ainsi le jeune à un mode de prises de décisions très fréquent dans le «monde des adultes».
Explications, discussions et prises de décisions, le tout à l’intérieur d’un processus technique nouveau, voilà qui avaient de quoi en décourager certains; les plus hyperactifs, sans surprises. Il faut ajouter à cela que le retard de ces deux jeunes eut des conséquences plus désagréables que prévues.
Notre local habituel avait été investi par les AA, ce qui engendra notre relocalisation. Le poste avait alors plusieurs choix, mais il fut choisi unanimement de laisser les retardataires vivre les conséquences de le retard. Le poste voulait qu’ils comprennent que s’ils s’engagent sciemment à être présents à neuf heures du matin, mais qu’ils désirent dormir plus tard (leur raison non dissimulée), le Poste ne saurait freiner son bon fonctionnement pour eux.
Je suis conscient que la perte de ces deux jeunes est le fruit d’un concours de circonstances. Dans un contexte différent, ils auraient peut-être eu leur place au sein du poste. L’envers positif de la médaille est que les jeunes qui sont restés sont assurément les plus matures et les plus disposés à faire rouler rondement le poste. D’ailleurs, dès la troisième rencontre, ils manifestaient une maîtrise accrue de ses rouages.
Les dates, la nature et l’endroit des camps d’automne et d’hiver sont décidés. Plusieurs idées de campagnes de financement ont été lancées et nous en avons déjà une de prévue (plutôt lucrative, d’ailleurs). Une corvée de bois avec coucher d’une nuit est organisée. Les fonctions clés du conseil de poste ont été comblées: président, secrétaire, trésorier, archiviste-recherchiste et responsable du matériel. Nous avons progressé dans l’élaboration de notre charte de poste. Enfin, tous semblent s’enligner lentement vers une vision commune pour l’entreprise d’été, la plus importante.
Je pense qu’en procédant ainsi, le poste se donne les outils pour perdurer plutôt que de n’être qu’un «trip» de gang — presque tous les jeunes sont des amis qui font du scoutisme ensemble depuis plusieurs années — éphémère. Cette première année d’existence s’amorce et s’annonce plutôt bien, ce qui apaise certaines inquiétudes que mon co-animateur et moi avions.
Il suffit d’un instant
Les plus «internetophiles« auront certainement vu dès ses premières mises en ligne cette publicité britannique sensibilisant les jeunes sur les dangers de «texter» au volant. Beaucoup d’autres doivent l’avoir vue à l’émission TVA en direct.com le 3 septembre et que, sans surprise, Le vrai négociateur, Claude Poirier, a reprise à son émission le lendemain matin, sur les ondes de LCN.
Il existe des centaines d’autres façons dont les gens ont pu visionner ladite vidéo. Quant à moi, je l’ai vue sur un blogue propulsé par Sympatico/MSN, ce lundi. La voici :
Au Québec, les publicités choc de la Société de l’assurance automobile du Québec sont parfois l’objet de vives critiques. Pourtant, la société d’état n’est jamais allée aussi loin que le département de police de la ville de Gwent. Bien sûr, la SAAQ a déjà commandé des publicités brutales montrant des accidents automobiles et leurs conséquences, mais pas au coeur du même segment ou, du moins, pas de manière aussi efficace. Car effectivement, je trouve cette publicité très réussie, particulièrement la seconde partie.
Tout d’abord, on prend moins de 30 secondes pour montrer l’accident. La portion collision d’un accident de la route s’étend très rarement au-delà de ce délai. Tout va très vite. L’élément déclencheur d’un accident se déroule en un instant encore plus bref. Un claquement de doigt suffit pour passer du contrôle à la déroute, de la confiance à la peur, de la vie à la condamnation à mort. Un regard égaré, une émotion subite, une déconcentration momentanée, un coup de volant éphémère, un passage de quelques millisecondes sur un secteur de chaussée incertain… il n’en faut pas davantage pour causer un accident.
Imaginons alors plusieurs de ces instants fugaces réunis dans un seul comportement tel qu’une conversation textuelle!
Toutefois, le plus efficace à mes yeux arrive au cours des trois minutes suivantes, car là réside réellement tout le drame de la situation. C’est à ce moment que toutes les conséquences se bousculent. La conductrice qui prend conscience de ce qui vient de se produire; la passagère qui était vivante dix secondes plus tôt; les voitures embouties; l’arrivée du premier répondant; les témoins impuissants; les secours qui se précipitent; la nouvelle orpheline que les événements dépassent totalement; le bébé ayant à peine vécu, fauché en toute innocente, la sienne; des cours de journées brusquement interrompus par le plus inattendu et des vies stigmatisées par le souvenir de l’une des plus brutales façons de mourir.
Pour presque toutes les personnes impliquées, directement ou indirectement, dans un accident, ce n’est pas la (ou les) collision qui est le plus intolérable et le plus cruel, mais bien ce qui suit immédiatement après et qui s’éternisera jusqu’au dernier souffle des survivants et des témoins. Cette publicité expose, tragiquement, bien les premières minutes de ces «après», les plus invraisemblables, les plus brusques et probablement les plus terribles de toutes.
Au Québec, les autorités ont prohibé l’utilisation du cellulaire au volant et donc les conversations textuelles. Une telle publicité aurait pourtant toute sa place, car au-delà de mettre en garde contre le «texto au volant», elle prévient le conducteur qu’il manifeste un confiance inappropriée en la conduite automobile, qu’il en oubli trop souvent les dangers et qu’il n’a plus conscience que la mort frappe à la même vitesse qu’à laquelle les voitures roulent.
De combien de comportements démontrant cette amnésie des menaces inhérantes à la vitesse, la nôtre autant que celle des autres, l’excessive autant que la légitime, pouvons-nous être les témoins en une seule journée sur les routes du Québec ? Combien de ces brefs moments qui passent à un cheveu d’être des éléments déclencheurs d’un accident ? Alarmiste, dites-vous ? Probablement, mais malheureusement tout autant réaliste.
Au poste dès vendredi
L’idée d’ouvrir un poste de Pionniers dans notre petite ville germait depuis longtemps, mais prit du sérieux il y a un peu plus d’un an, lorsqu’il devint évident que nous allions avoir de jeunes prospects. Ces derniers se considéraient d’ailleurs déjà Pionniers alors qu’il leur restait une saison entière à passer chez les Éclaireurs ! Quant à l’équipe d’animation, il nous fallut attendre au printemps pour confirmer notre participation. Nous avions nos raisons de demeurer prudents, mais du moment où nous avions officialisé, nous mettions la machine en fonction.
Mon co-animateur et moi nous sommes rencontrés à quelques reprises afin préparer notre rôle, car non seulement devrons-nous agir à titre d’accompagnateurs, nous devrons également, pour les premiers mois du moins, remplir un rôle similaire à celui des petites roues sur un vélo d’enfant. Aussitôt que l’enfant maîtrisera sa bicyclette, nous pourrons réduire notre rôle d’animation à «point de repère» et «balise».
Hier soir, nous avons participé à notre premier conseil d’animation à titre d’animateurs pionniers. Comme le concept du pionniérisme tend à favoriser l’implication des jeunes dans la prise de décisions, nous nous sommes contentés d’organiser la montée et de fixer quelques dates qui ne pouvaient attendre (ex.: montée, portes ouvertes, vente de calendriers). Pour le reste, nous nous sommes contentés d’informer les autres animateurs de notre plan d’action et soumettrons les propositions retenues à nos jeunes.
La montée aura lieu vendredi. J’aurai le double rôle de souligner le départ des anciens Éclaireurs et de les accueillir au sein du poste. Immédiatement après cette cérémonie de groupe se tiendra notre première réunion officielle. Nous espérons du beau temps afin de nous offrir un magnifique feu, à défaut de quoi nous pourrons utiliser le local, et nous dormirons sur place. Nous ne prévoyons pas poursuivre la réunion le samedi matin; seulement déjeuner et finaliser les aspects abordés la veille.
Le plus important durant les premières semaines ne sera pas de déterminer ce que nous souhaiterons faire durant la saison. En termes d’activités, les grandes lignes ont déjà été non-officiellement tracées par les jeunes et l’équipe d’animation. Le poste souhaite vivre une survie de 48 heures à l’automne et du camping d’hiver vers février. Nous avons convenu que ces deux activités se dérouleront conjointement avec les Éclaireurs par souci d’entraide; le poste est tout nouveau et l’équipe d’animation éclaireure est entièrement renouvelée.
Les priorités sont plus d’ordres administratifs et fonctionnels. L’animation doit instruire les jeunes sur le fonctionnement d’un poste pionnier. Ensemble, nous devons choisir un nom, établir les règlements généraux, fixer quelques dates, dresser un plan pour les campagnes de financement et, surtout, discuter de nos attentes et nos rôles personnels au sein du poste. Ce dernier point est primordial pour les animateurs, car les jeunes ont une tendance à manifester un enthousiasme plus émotif que pragmatique et comprennent parfois les choses de la façon dont ils le veulent bien… particulièrement en ce qui concerne le rôle des adultes !
Je suis certain que tout va bien aller. Les défis à relever sont nombreux et apporteront leur lot d’infortunes, mais je suis confiant qu’au bout du compte, nous pourrons bâtir un beau poste fonctionnel.
Image: michaelj256 — Il s’agit du mont Annapurna 1, ayant inspiré la plus haute décoration (badge) qu’un poste peut obtenir à la suite d’une entreprise exceptionnelle. La montagne représente le défi symbolique de la branche pionnière.









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