Questionnement pertinent
Le blogueur AntiPollution songe actuellement à un regroupement de blogueurs indépendants des «blogues-médias». Il propose d’ailleurs six amendements sur lesquels il invite les blogueurs à donner leurs avis ainsi qu’à faire des suggestions. Bien que l’idée ne semble que s’attirer des appuis partiels, AntiPollution a le mérite de soulever un questionnement fort pertinent sur lequel ses lecteurs s’accordent.
Pour ma part, je trouve que les «blogues» médias apportent bien peu à la blogosphère. Leurs auteurs participent rarement aux discussions offertes sur les autres blogues, les blogues logés sur Canoë n’offrent que très peu de liens vers l’extérieur, alors que les carnets de Radio-Canada n’en offrent pas du tout. Certains «blogueurs professionnels» affichent une blogoliste plus fournie, mais alors on revient souvent au précédent énoncé.
Une autre chose: lorsque je lis un «blogue» logé sur le site d’un média à but lucratif et dont l’auteur est payé pour alimenter ledit «blogue», la confusion s’installe. Par exemple, bien que j’aime lire Richard Hétu, je n’ai pas l’impression de lire du Richard Hétu, homme dont le loisir est de partager ses idées sur la blogosphère. Indéniablement, l’impression que j’ai est de lire Richard Hétu, chroniqueur à La Presse qui pond un autre de ses merveilleux articles. Le fait est que je considère lire un papier journalistique déguisé en message blogue.
Les «blogues» médiatiques font aussi ce que l’on reproche véhément aux autres types de blogues. La convergence, d’abord. Lire du Richard Martineau, c’est consommer du Quebecor, c’est écouter LCN et lire le Journal de Montréal. Consulter l’un d’eux alimente automatiquement les autres. Or, combien de fois a-t-on déjà reproché à des blogueurs de continuellement se référencer l’un l’autre, de se renvoyer les lecteurs? Sans compter que pour laisser un commentaire, il faut généralement s’inscrire au site qui héberge, ce qui n’est pas sans faire penser à un conflit d’intérêts.
Parlant des commentaires, il s’agit-là d’un autre aspect des «blogues» médiatiques qui n’apportent rien à la blogosphère. Comme il n’est jamais possible de laisser de liens cliquables, difficile d’en savoir un peu plus sur ceux qui laissent des commentaires et ainsi approfondir notre réflexion. Nous devons bien souvent se contenter des commentaires laissés par untel pour connaître le fond de sa pensée, ce qui est très limitatif. Ce système est donc calqué sur celui des diverses rubriques d’opinions qui pullulent sur le web, souvent sur les mêmes sites où sont hébergés ces «blogues» médiatiques. On en revient inéluctablement à la confusion et la convergence des genres, en plus de ne pas apaiser nos doutes sur les conflits d’intérêts.
Loin de moi l’idée de dire que les «blogues» médiatiques sont totalement dénués d’intérêts. Bien au contraire. Cependant, et n’en déplaise aux auteurs qui auraient des intentions plus vertueuses que leurs patrons, ces «blogues» sont davantage des outils de marketings pour l’entreprise qu’une aventure bloguesque. Ainsi, il faudrait simplement appeler un chat un chat et appeler ces «bloques» par le vrai nom: des rubriques médias. Car c’est ce qu’est, par exemple, l’espace web de Patrick Lagacé: une rubrique opinion de Cyberpresse.
Malheureusement, une fois la réflexion entamée sur la nature, l’objectif et la place des rubriques médias dans la blogosphère, il faut l’étendre aussi aux «blogues» officiels des partis politiques, des équipes sportives, des entreprises, etc. Nous ne sommes pas sorti du bois, mais n’est-ce pas là un peu l’intérêt principal —et inavoué, j’imagine — de la blogosphère: le pouvoir de réfléchir et de définir quelque chose dans un monde qui apparaît de plus en plus incompréhensible sur lequel nous sentons avoir de moins en moins de levier?







Je suis bien d’accord, son questionnement est très intéressant, et il pourrait même se poursuivre du côté de TLMEB où les blogues corporatifs du site Branchez-vous! sont en compétition avec les nôtres…
J’ai remarqué ça aussi. J’ai constaté également la présence d’un carnet de Radio-Canada sur TLMEB!
Ah! ouin…
Je suis d’avis que chacun peut sélectionner ses lectures. Je préfère que tout soit disponible, sans discrimination.
Personnellement, si je vois une trace de pub, je ne reviens plus, si je vois une commandite ou que la chronique est payée, je ne reviens plus.
C’est un choix personnel, je respecte ceux qui pensent autrement et je ne voudrais pas que quiconque décide pour moi.
Accent Grave
Pour le carnet de radio-can, disons que cela pause questionnement. De la compétition déloyale si on veut. Nos taxes qui financent la compétition…
@ Accent Grave
Je suis bien d’accord. Ce qui me tique n’est pas que ces lectures soient disponibles (accessibles) ou que des gens les lisent (j’en lis). Ce qui me tique, c’est qu’on essaie de nous faire adopter un chat en le faisant passer pour une perruche!
Deux magnifiques animaux, cartes, mais deux animaux pas moins différents.