Vers de meilleurs jours
La journée de mardi fut plutôt éprouvante. À l’heure exacte où j’écrivais les lignes de mon dernier billet, ma grand-mère venait de passer la dernière heure à l’urgence de l’hôpital Pierre-Legardeur de Lachenaie. On a appris ultérieurement qu’elle souffrait d’une pneumonie qui, ajoutée à sa trinité pulmonaire asthme, bronchite chronique et emphysème, aurait pu l’emmener à son dernier repos si ce n’avait été de la vigilance d’un employé de sa résidence.
D’abord, cet événement me fit prendre conscience que malgré mon éloignement volontaire de ma grand-mère ces derniers mois, jamais je ne pourrai vivre de véritable deuil pré-décès. La seule pensée du départ possiblement imminent de cette vieille femme m’a fait pleurer, et je le mentionne sans honte, par intermittence durant une bonne heure, le temps de me rendre à l’hôpital. Il me faut accepter que je vivrai dans l’appréhension cruelle de ce moment fatidique où cette dame, avec qui j’ai partagé plus de temps et d’affection que bien des enfants avec leurs propres parents, me sera enlevée. Inévitablement, à cet instant, on devra me ramasser à la petite cuillère, peu importe les efforts que j’aurai mis à me «préparer».
Ensuite, lorsque je fut rassuré sur le sort immédiat de ma grand-mère, puisque désormais entre bonnes mains — merci au gardien de sécurité de l’hôpital qui, dès qu’il l’a vue, l’a fait directement entrer au triage, sans même lui faire prendre de numéro et malgré qu’elle ne soit pas arrivée en ambulance —, la question que je me posais était: allait-on la renvoyer chez elle, à sa résidence pour retraités autonomes?
Si oui, alors aussi bien considérer tout ce trouble hospitalier comme un simple et vain sursis. Heureusement, la travailleuse sociale du centre Pierre-Legardeur, beaucoup plus pointue dans son évaluation que celle du CLSC, nous a affirmé, après un examen de l’autonomie de ma grand-mère, que celle-ci ne retournerait pas à sa résidence. Ouf! Nous pouvons respirer.
Avant toute chose, ma grand-mère séjournera dans l’aile gériatrique, question de déterminer avec plus de précision son état de santé et son autonomie. Le but sera de dénicher une place en ressource alternative (résidence privée) spécialement conçue pour sa situation. Il faut prendre en considération son Alzheimer ainsi que ses problèmes moteurs liés à son arthrite et ses MPOC (maladies pulmonaires d’obstructives chroniques).
Ceci nous rassure pour deux choses: elle n’ira pas immédiatement en CHSLD, reconnus pour leurs énormes problèmes de gestions actuels, puis elle sera prise en charge comme il se doit (enfin, on l’espère), elle qui nécessite une surveillance accrue de sa prise de médicaments (elle abuse du Ventolin, mais néglige ses autres pompes) et de son alimentation (elle abuse des cochonneries, mais néglige les fruits et légumes).
Après plus d’un an de démarches, il semblerait que ma chère grand-mère se dirige vers de meilleurs jours. Je suis certain qu’avec des yeux plus attentifs posés sur ses faits et gestes, elle pourrait vivre dans un relatif bien-être les années qu’il lui reste. Le but n’est pas tant de repousser ad vitam eternam son inéluctable départ de ce monde, mais de lui permettre d’attendre cette heure sans trop de souffrances.
Reste à savoir maintenant si la «machine» fonctionne…










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