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Archive pour juillet 2008

Pas aussi mauvais que prétendu

9 juillet 2008 Gradlon 2 commentaires

La critique française n’a pas été tendre envers la troisième aventure en actions réelles d’Astérix et d’Obélix, les deux héros du sympathique et seul village gaulois qui résistais encore et toujours à l’envahisseur romain, cinquante ans avant Jésus-Christ. Jusqu’à ce jour, il semble que la critique québécoise, tant professionnelle qu’amateure (voir Cinema Montréal et Cinoche.com) s’enligne dans la même voie.

Or, rien n’est aussi mauvais que ce que l’on prétend.

Il va s’en dire que Astérix aux Jeux Olympiques n’est pas Astérix & Obélix: Mission Cléopâtre. Heureusement, il n’est pas non plus Astérix et Obélix contre César, le premier volet de cette franchise. Dans leur analyse du produit, trop de gens paraissent oublier cette dernière comparaison pour ne considérer que la première. Or, même avec Alain Chabat aux commandes et un Christian Clavier dans la peau d’Astérix, l’exploit du deuxième opus aurait été difficile à égaler, encore moins à dépasser.

De plus, rappelons qu’Albert Uderzo, l’un des créateurs de la bande-dessinée avec René Goscinny, n’avait pas particulièrement apprécié la voie empruntée par M. Chabat et qui a retiré à Claude Berri les droits de productions (Canoë). Il a ainsi obligé la franchise a prendre une voix différente, plus près de la bande-dessinée, plus enfantine et plus internationale au niveau de l’humour, ce qui est d’ailleurs presque totalement raté.

Si Astérix aux Jeux Olympiques devait conclure les films en actions réelles du gaulois sur une mauvaise note, il ne faudrait en vouloir qu’à Albert Uderzo. Les autres artisans du film semblent avoir œuvré au mieux, limités par la conception conservatrice d’un dessinateur qui s’y connaît visiblement moins en matière cinématographique. D’ailleurs, les albums scénarisés par Uderzo étaient déjà moins divertissants que ceux ayant émanés de la plume de René Goscinny.

Dans la peau d’Astérix, le comédien Clovis Cornillac s’en sort aussi bien que son prédécesseur, Christian Clavier. D’abord, si le choix de Gérard Depardieu pour le rôle d’Obélix semblait évident, un rôle qui lui va toujours à ravir, celui de M. Clavier pour Astérix ne l’était pas autant, à mon sens. M. Cornillac ne donne pas moins un Astérix physiquement moins étrange, mais il traduit tout aussi bien l’esprit du personnage que M. Clavier.

Cependant, les deux véritables personnages vedettes de cette nouvelle mouture sont Jules César, campé délicieusement dans son égo démesuré par Alain Delon, et son fils Brutus, interprété avec folie par un Benoît Poelvoorde en pleine forme. Les personnages d’Alafolix (Stéphane Rousseau) et d’Irina (Vanessa Hessler) ne sont que les beautés d’offices, des meubles. La présence de Panoramix est bien pâle et superficiel, malgré un Jean-Pierre Cassel correct. Enfin, Assurancetourix n’est qu’une énième interprétation de Franc Dubosc, le personnage, par Franc Dubosc, l’humoriste.

L’histoire se tient, quoique ponctuée de longueur. L’humour est certes facile, mais généralement efficace, si je me rapporte aux rires, jamais gras, mais constants, des personnes dans la salle de cinéma. Le plus drôle est fourni par le tandem Poelvoorde-Delon, alors que certains anachronismes et références culturelles, moins nombreux, parviennent à soutirer quelques sourires. Le moins distrayant vient tristement de la part de Stéphane Rousseau, dont le cabotinage n’est que désolant.

Les images, quoi que trop synthétisées, sont néanmoins impressionnantes. L’aspect visuel a été léché, peut-être trop au détriment du scénario et de l’humour, mais la reconstitution de Rome et d’Olympie, sans prétendre être d’une exactitude scientifique (d’ailleurs, aucune reconstitution ne pourrait l’être à 100%), nous donnes un éblouissant aperçu de ce que pouvait être l’architecture urbaine antique et les infrastructures sportives.

Astérix aux Jeux Olympiques n’est pas la meilleure comédie française à nous être parvenu, mais demeure quand-même divertissante, du moins au niveau humoristique et visuel. La déception sera énorme si le film est abordé à travers le souvenir laissé par son prédécesseur, le jouissif Astérix et Obélix: Mission Cléopâtre, ce qui représente en quelque sorte une injustice, autant pour les artisans que pour les cinéphiles. Oubliez, l’instant d’une sortie au cinéma, la satire d’Alain Chabat. Si vous en êtes incapable, alors n’allez pas voir ce film.

Appréhensions

8 juillet 2008 Gradlon 3 commentaires

Dans cinq jours, je partirai en canot-camping avec mes Éclaireurs dans la réserve faunique La Vérendrye. À l’instar du jamboree relatif au centenaire du scoutisme l’an dernier, j’éprouve une certaine appréhension envers ce séjour à venir, mais pour des raisons différentes.

À la veille de notre camp d’été 2007, c’était uniquement le volet «rassemblement organisé» qui me tracassait. Je savais que d’autres scouts adultes allaient prendre le contrôle de notre séjour, qu’il s’agisse des organisateurs qui allaient se penser plus important que les «simples» animateurs ou d’homologues d’autres groupes ne pouvant s’empêcher de partager, au mieux, ou de carrément imposer, au pire, leur façon de faire. D’un cas comme de l’autre, je m’attendais à ce que notre autorité en prenne pour son rhume.

C’est effectivement ce qui s’est produit, mais pas de la façon ni au moment que je m’y attendais.

Cette année, ce qui motive mon appréhension est plus personnel et limité à notre groupe. D’abord, nous sommes trois animateurs qui animons depuis entre 4 et 8 ans. En ce qui me concerne, je termine ma septième année. L’épuisement nous a gagné et se manifeste par un certain manque d’imagination dans notre façon d’animer, un perte de patience, mais surtout, une diminution évidente de notre pugnacité face à tous les aléas du bénévolat dans un mouvement jeunesse.

Mais cet épuisement ne serait pas aussi prononcé si les conditions d’animation ne devenaient pas de plus en plus difficiles. En tant qu’animateurs, nous sommes confrontés à une pression à trois côtés générées par le changement de culture des jeunes, de leurs parents et d’une certaine bureaucratie scoute qui craint plus une baisse d’adhésion qu’une perte de qualité occasionnée par un nivèlement par le bas.

Aujourd’hui, les jeunes se considèrent de plus en plus comme des adultes, alors qu’en réalité, ils n’ont pas la moitié de la volonté et de la débrouillardise que nous avions à leur âge. Pour vous donner une idée, il y a une plus grande différence entre ma vision du scoutisme et celle des jeunes qu’entre ma vision et celle d’un de mes collègues. Pourtant, je n’ai qu’une décennie de différence avec les premiers contre presque trois avec le second.

Bref, cela nous donne des jeunes qui peinent à se mettre au boulot pour monter un campement viable, alors qu’ils sont capables de déballer une quantité incroyable d’arguments, de «oui-mais» et de solutions de rechangent qui nous laissent parfois bouches bées. La théorie l’emporte sur la pratique, une réalité à deux niveaux, car non seulement n’appliquent-ils pas la pratique que nous leur proposons, ils ne parviennent pas à transformer leurs magnifiques théories en quelque chose de concret.

Quant aux parents, ils sont en partie responsable de ce comportement, car bien qu’il s’agisse d’un phénomène de société, ils en sont les membres les plus influents sur leurs enfants. De plus, j’ai l’impression qu’ils cherchent de plus en plus à ce qu’on adapte le scoutisme à l’individualité de leurs enfants plutôt que d’encourager ces derniers à vivre pleinement le scoutisme tel qu’il est proposé à la base. Enfin, dans un souci de maintenir un niveau d’adhésion «respectable», certains scouts adultes ne cherchent qu’à se plier aux nouvelles exigences de la jeunesse moderne.

Que je me trompe ou non dans mon explication des mystères du scoutisme des années 2000, un fait demeure: nous avons plus de difficultés à faire vivre à nos jeunes un scoutisme de qualité. Ce que nous parvenons à inculquer un jour n’est qu’une réussite au détriment d’un autre aspect qui se détériora dans les jours suivants. C’en est frustrant et démoralisant.

Ainsi, j’ignore si la préparation psychologique sur laquelle nous avons travaillé avec nos jeunes et qui semble avoir amené une certaine prise de conscience se concrétisera durant le camp. Par exemple, malgré notre insistance sur la nécessité d’avoir un ensemble imperméable (manteau et pantalon) efficace et durable, j’appréhende des déchirures pour les vêtements en PVC et l’inondation de simples coupes-vent considérés à tort convenables.

Ce n’est qu’un exemple des dérapages qui pourraient survenir. Dans un camp fixe et près des routes, nous ne nous en ferions pas trop avec ces risques d’avaries. Mais dans le cadre d’un camp itinéraire, éloigné des voies carrossables, durant lequel il faut pagayer tous les jours et pour lequel nous devons réduire au minimum notre matériel, nous prenons ces risques plus aux sérieux.

Certes, nous sommes préparés à affronter diverses situations fâcheuses, mais ce qui nous purgent, c’est qu’elles sont de plus en plus causées par un certain manque de considération pour notre travail d’animateur, que ce manque vienne des jeunes, de leurs parents ou des autres adultes du mouvement. Un jeune qui ne peut plus utiliser son imperméable parce qu’il l’a déchiré en montant le campement dans des conditions difficiles, c’est une situation avec laquelle nous pouvons dealer. Mais un jeune qui, après une journée, ne peut plus utiliser son imperméable parce que ces parents n’ont pas daigner lui offrir mieux qu’un ensemble en plastic du Dollorama, voilà une situation avec laquelle nous avons plus de difficulté à dealer.

D’abord, le jeune est souvent désemparé face à une situation qui lui fut imposée, en plus d’être coincé entre l’avis de ses parents et l’expertise de ses animateurs. Ensuite, parce qu’en tant qu’animateurs qui donnent du temps, de l’énergie, des efforts et souvent de l’argent (plusieurs petits dix dollars d’essence par-ci par-là pour diverses commissions, ça s’accumulent !), cela est aussi plaisant que de recevoir une gifle en plein visage après avoir rendu un service quelconque.

Ainsi donc, j’ai quelques appréhensions envers ce camp que je n’ai pas normalement. Ma façon de m’assurer de remplir pleinement mon rôle d’animateur est de m’équiper convenablement. Habituellement, je m’en remet aux matériels de troupes pour m’assurer un certain confort, comme celui d’avoir un abri pour dormir et un réchaud pour ma nourriture. Mais cette fois, je me suis équipé et préparé de la même façon que je l’aurais fait pour une aventure en solo.

De cette manière, je m’assure un confort et une sécurité personnelle. Cela représentera un stress de moins, ce qui me permettra de mieux encadrer les jeunes et de libérer davantage de matériel de troupe, puisque je n’en dépendrai plus moi-même. J’ignore si ma façon d’expliquer les choses traduisent bien ma philosophie, mais en gros, si je n’ai plus à m’inquiéter pour moi-même, je ne serai que mieux disposer à réagir énergiquement aux différents incidents pouvant survenir et qui, autrement, rendrait moins agréable l’expérience de camp des jeunes.

En résumé, j’ai mon propre moustiquaire, mes propres bâches, mon réchaud polycarburant, mes petites collations, un nouvel imperméable de qualité, des sacs étanches, un nouveau sac de couchage à l’épreuve des températures abitibiennes, etc. Ça m’a coûté un certain montant pour renouveler et compléter mon équipement, mais si ça peut me permettre de vivre et faire vivre un beau camp, j’en serai satisfait.

P.S.: Désolé pour les erreurs de langue. Je n’ai pas pris le temps de me relire et me corriger avant de publier.

Belle expérience sans lendemain

1 juillet 2008 Gradlon 4 commentaires

Le bouillon émotif s’est apaisé. Des remous subsistent toujours en surface, mais en profondeur, c’est plus calme.

En cette fête du Canada, je besognais une cinquième journée pour une nouvelle entreprise. J’y agis à titre de cuisinier remplaçant, tout en continuant d’œuvrer pour la compagnie qui m’avait engagé en mars, étant toujours sous contrat jusqu’en fin août, début septembre. Cela me permet d’obtenir un meilleur salaire durant quelques par semaines et de compléter mes 35 heures hebdomadaires grâce à mon poste «de base».

Depuis un certain temps déjà, et davantage depuis que je travaille de façon complètement automne dans le cadre de mon second emploi, un sentiment de vide me creuse l’âme. Ce sentiment, nul nouveau défi relevé et nouvelle expérience acquise ne peut l’atténuer. Ce vide, c’est l’ennui. Les bancs d’écoles, les recherches en bibliothèques, l’étude de l’histoire, voilà ce qui me manque de plus en plus et qui cause se vide que je ne peux combler uniquement par l’enchaînement de lectures sur le sujet (Harry Potter et les Reliques de la Mort n’était qu’un intermède entre deux lectures scientifiques).

J’aime toujours le métier que j’occupe actuellement. J’ai commencé en tant qu’adepte des nouilles en sachets Lipton et autres produits pré-cuisinés, pré-emballés, pré-digérés, pour être aujourd’hui relativement capable de me débrouiller dans une cuisine, à mitonner tantôt des buffets, tantôt des repas complets pour une trentaine de personnes.

Mais ce n’était pas, j’ai vaguement cru que ce pouvait être, mais ce je serai finalement jamais, ma vocation première. Bien que n’ayant jamais envisagé l’abandon de mes études, je réalise depuis quelques semaines que je ne souhaite point en faire une carrière. Si ce bagage professionnel peut me permettre d’avoir un emploi à temps partiel agréable durant mes années d’université et constituer un coussin de sureté par la suite — il ne faut pas se leurrer, la discipline historique au Québec et au Canada n’offre pas les meilleurs taux de placements —, une carrière en histoire reste mon objectif prioritaire, dans tous les sens du terme.

Belle expérience, donc, que cette incursion dans le domaine culinaire, mais ce sera sans lendemain, du moins dans sa forme actuel d’emploi à temps plein.

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