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Archive pour 4 août 2008

Mes choix selon les jeunes libéraux

4 août 2008 Gradlon 6 commentaires

Alors, les jeunes libéraux veulent augmenter les frais de scolarités par un multiple de trois. De près de deux milles dollars par année, il faudrait passer à six milles afin d’être dans la «norme» canadienne. Dans mon cas, et advenant que les prêts gouvernementaux suivent proportionnellement la hausse des frais, cela m’endetterait de 34 500$ à la fin de mon baccalauréat.

Actuellement, le maximum de mon prêt convertible en bourse est de 15 262$, ce qui correspond exactement à mes frais de subsistances autorités par le gouvernement. Comme il s’agit là de frais indépendants des frais de scolarité, admettons que ce montant ne sera pas affecté par une hausse de ceux-ci. Suivant cette éventualité, ma dette serait réduite à 19 238$.

Je vous épargne le détail des calculs, mais même en trouvant un emploi dans mon domaine à la fin de mes études, je ne parviendrais pas à payer les intérêts mensuels exigés. Non seulement je serais incapable de diminuer ma dette, celle-ci augmenterait d’au moins une centaine de dollars chaque mois.

Certaines langues pourraient dire que je n’ai qu’à me caser dans un domaine d’études où le taux de placement et le salaire sont meilleurs. Un domaine qui, sans surprise, se conjuguerait parfaitement avec les besoins économiques actuels ou selon de quelconques prévisions à court terme. Car c’est bien là le problème des emplois «en demande»; ils ne le sont qu’à courts termes. Lorsque les besoins capitalistes de la société changeront, les carrières d’avenir changeront également.

C’est sans compter que, personnellement,  je crois qu’il y ait d’autres besoins sociaux à combler que les seuls besoins économiques. Ainsi, même si la discipline historique n’est pas lucrative, notamment à cause d’une absence de la demande (pour reprendre un terme purement capitaliste), cela ne veut pas dire qu’il faille éliminer l’histoire, et d’autres disciplines, du tableau.

D’autres pourraient me suggérer de travailler durant mes études. Si on oublie la possibilité que cela nuise grandement à mes études, ce qui est d’ailleurs le cas de plusieurs étudiants, une partie de mon salaire correspondrait à ce que le gouvernement soustrairait au prêt qu’il m’allouerait. À première lecture, le résultat semblerait positif, puisque la dette serait moins élevée. Il suffit pourtant d’un léger déséquilibre entre mes revenus liés à l’emploi et le montant soustrait pour que je me retrouve avec des dépenses plus élevées que mes revenus totaux et que je me retourne vers une autre forme de crédit pour «arriver».

À moins, bien sûr, que je choisisse une carrière qui n’exige aucune formation post-secondaire. Bien que plusieurs de ces carrières offrent des salaires fort intéressants, il demeure un fait: aucune d’entre elles ne me convient. Même la cuisine, un univers où je suis pour le moment à l’aise, exige un peu plus de formation que ce que j’ai en ce moment pour s’avérer payante.

Je ne suis pas totalement en défaveur d’un dégel des frais de scolarité, tel que je l’ai écrit dans le dernier paragraphe d’un billet de novembre dernier. Cependant, l’augmentation préconisée par l’aile jeunesse du Parti libéral du Québec n’entre pas dans ce que je considère étant une hausse acceptable des frais de scolarité. Ce n’est pas parce que, soudainement, je ne serais plus capable de m’offrir des études post-secondaires, mais parce que soudainement, une trop grande portion de la population n’en serait plus capable.

Une hausse raisonnable des frais, accompagnée d’un nivellement à la hausse des prêts, mais aussi des bourses, le tout bouclé par une révision des paramètres de remboursement en vigueur, pourrait permettre un réinvestissement dans les secteurs nécessiteux de l’éducation post-secondaire tout en assurant que son accès demeure le plus ouvert possible. Une partie de l’argent investit pourrait servir à la recherche de solutions qui permettraient éventuellement la gratuité scolaire pour les générations futures.

Mes exigences peuvent être qualifiées de chimériques. Je ne sais pas si un quelconque plan de dégel gouvernemental pourrait transformer cette utopie en réalité, mais je sais que le plan des jeunes libéraux ne fera que répondre à l’insatiable besoin d’enrichissement et de pouvoir d’une minorité en la rendant encore plus minoritaire.