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Archive pour 7 août 2008

Survivre avec les facultés affaiblies

Le nouveau tandem de l’heure à Hollywood, pour la comédie du moins, est celui composé de Seth Rogen et Judd Apatow. Le premier s’est fait connaître lors du succès surprise de 2005, 40 ans et encore puceau, mais est devenu une vedette grâce à un autre succès surprise, de 2007 celui-là, Grossesse surprise, tout deux réalisés par Apatow. Ce dernier a une fiche plus impressionnante, tant à la production (Les nuits de Talladega: la ballade de Ricky Bobby, Oubliez Sarah Marshall et, encore à l’affiche, Demi-frères) qu’à l’écriture (Les folies de Dick et Jane, On ne rigole pas avec le Zohan).

On doit également au tandem l’excellent Super malades, cette comédie pour adolescent sortie l’été dernier.

Le duo récidive donc avec Ananas express, dans lequel un huissier amateur de marijuana et son revendeur sont impliqués malgré eux dans une affaire meurtre. Après avoir été témoin de l’assassinat d’un asiatique par un important trafiquant de drogue, Dale Denton trouve refuge chez Saul Silver, seul revendeur du coin à posséder et vendre une variété de cannabis appelé l’«ananas express». C’est d’ailleurs grâce à cette exclusivité que l’assassin remonte jusqu’à Denton et Silver, les poussant dans la fuite.

Or, Denton et Silver viennent de s’offrir un pétard à triple embout. C’est donc avec les facultés affaiblies que les deux hommes tentent de survivre. C’est également la seule véritable prémisse et raison d’être du film, la presque totalité des gags étant une conséquence de ce perpétuel état secondaire.

L’omniprésence du cannabis, l’une des marques de commerce du tandem Rogen/Apatow, s’accompagne des autres ingrédients propres à leurs films, à savoir les anti-héros incarnés par d’éternels adolescents, de l’humour érotique peu subtil et des images crues. Comme les précédentes oeuvres du duo, le tout est terriblement efficace.

Seth Rogen et James Franco dans Ananas express

Seth Rogen et James Franco dans Ananas express

C’est donc avec plaisir qu’on retrouve Rogen dans la peau d’un adulte un peu déboussolé par ce que cela implique, mais c’est davantage la performance de James Franco qui attire l’attention. L’acteur incarne un personnage aux antipodes de ce qu’on lui connaît, lui qui était jusque-là cantonné dans des rôles dramatiques: James Dean, Une ville près de la mer, la trigolie Spider-Man. Sa façon de donner vie à Saul Silver, ce revendeur oisif à l’imagination débordante, donne lieu aux meilleurs gags du film.

Bien sûr, Ananas express n’est pas destiné à n’importe quel public. Certains n’y verront là qu’un énième film stupide destiné à un public d’ados attardés, hypersexués et accros au pot. D’autres ne trouveront tout simplement pas drôles les nombreuses blagues, mais contrairement à ce qu’ils pourraient penser, cet humour n’est pas compréhensible que par les seuls amateurs de cannabis. Certes, ceux-ci devraient y trouver leur compte, mais des gens comme moi, qui ne consomment pas, peuvent également trouver la rigolade en observant Denton et Silver se débrouiller maladroitement dans une situation complètement hors de leur contrôle, eux qui semblent en avoir déjà trop peu lorsqu’ils sont sobres!