John Adams (minisérie)
Les abonnées de Super Écran peuvent, depuis mercredi dernier, voir l’une des plus récentes et acclamées minsérie de la chaîne payante étasunienne HBO: John Adams.
Après avoir joué un rôle de premier plan dans la Révolution étasunienne, Adams fut vice-président des États-Unis durant la double présidence de George Washington, puis président à son tour. Second commandant en chef, certes, mais le premier à être élu à la suite d’une véritable course présidentielle, alors que George Washington se fit davantage officialiser dans son titre de président qu’élire à proprement parlé. Battu par Thomas Jefferson, un autre Père fondateur, lors des élections de 1800, Adams pris sa retraite lors de l’entrée en fonction de son successeur en mars 1801.
Le premier épisode introduit John Adams, avocat de Boston qui défend des soldats britanniques impliqués dans ce qu’on appelle le «Massacre de Boston». Fort de sa victoire en court, cet événement conforte Adams dans l’une de ses plus ardentes valeurs, à savoir que les lois doivent primer sur les hommes:
« A government of laws and not of men »
John Adams, “Novanglus Papers”, 1774-1775
L’une des scènes de cet épisode est particulièrement troublant, démontrant à quel point la sauvagerie et la stratégie s’affrontaient, incarnées par des commerçants frustrés réagissant par la violence et des intellectuels qui se demandaient s’il vallait mieux laisser cette grogne populaire s’exprimer dans ses plus virulentes manifestations ou bien jouer la carte de la rhétorique patriotique — les révolutionnaires ont d’abord tenté de court-circuiter le parlement britannique pour se soumettre directement au roi, à la façon (inversement) des villes impériales de l’Empire germanique — et juridique.
Toujours juste, l’acteur Paul Giamatti est celui qui prête ses traits à John Adams, probablement l’interprétation la plus imposante de sa carrière, lui qui avait déjà brillé dans l’introspectif Sideways (À la dérive en canadien français). Jusqu’à ce jour, sa prestation lui a valu de remporter le prix TCA pour l’«accomplissement individuel dans un drame», ainsi qu’une nomination aux prochains Emmy Awards dans la catégorie «meilleur acteur principal dans une minisérie ou un film».
D’ailleurs, John Adams aligne six nominations aux Emmy, dont une concernant la performance de Laura Linney dans la peau d’Abigail Adams, épouse de John. Trois autres acteurs se partagent la tête d’affiche de la catégorie «meilleur acteur de soutient dans une minisérie ou un film»: Stephen Dillane (Thomas Jefferson), Tom Wilkinson (Benjamin Franklin; j’ai hâte de le voir) et David Morse (George Washington). Petite anecdote, les deux autres acteurs à se retrouver en nomination dans cette catégorie sont également issus d’une minisérie de HBO: Recount.
Le processus d’indépendance des États-Unis est l’une des périodes de son histoire qui me captive le plus. John Adams semble être une merveilleuse mise en images de cet important épisode, avec l’originalité de le présenter du point de vue d’un Père fondateur trop méconnu des gens. Triste ironie que plusieurs personnes ignorent le rôle de John Adams, alors que trop considèrent Benjamin Franklin comme l’un des meilleurs présidents.
Évidemment, Franklin n’a jamais été président des États-Unis, d’où l’ironie
Mise-à-jour: mon site de référence préféré en matière de cinéma, IMDb.com, m’a induit en erreur. Ce n’est pas six nominations que récolte John Adams aux prochains Emmy Awards, mais bien 23. En comparaison, Frères d’armes (Band of Borthers – 2001) en a récolté 20, alors que le record de tous les temps appartient à Racines (Roots – 1977), qui en avait obtenu 37.











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