Banlieue parisienne… à MTL-Nord
Récapitulons ce que les médias ont bien voulu rapporter.
Samedi, en fin de soirée, à Montréal-Nord, une intervention policière s’est soldée par le décès d’un homme de 18 ans. Les autorités policières affirment qu’il s’agit-là de légitime défense, tandis que des «témoins» arguent qu’il s’agit de brutalité policière doublée de racisme, car la victime était d’origine latine. Jusque-là, ça ressemble à n’importe quel cas d’interventions policières aux déroulements dramatiques.
Durant l’après-midi de dimanche, une manifestation eut lieue pour dénoncer cette mort, ainsi que la brutalité policière en générale, d’apparence répandue dans ce quartier. C’était légitime, ne serait-ce que pour envoyer le message aux différentes autorités qu’on ne pourra pas passer sous silence ou passer l’éponge facilement, advenant que les policiers impliqués aient véritablement fait preuve d’abus.
Mais voilà, les choses ont dégénéré en fin de soirée. Des foyers d’incendies ont été allumés à différents endroits, des vitrines ont été fracassées, des policiers, des ambulanciers et des pompiers ont été attaqués. Des voitures enflammées tout près d’une caserne de pompiers ont forcé sa fermeture; d’autres pompiers refusent de se rendre sur les lieux des différents incendies, affirmant que leur sécurité est fortement menacée, et pour cause. En effet, non seulement des individus se font violents, mais l’un des foyers s’est répandu à un commerce dans lequel se trouverait une source de gaz propane.
Enfin, un policier fut atteint par balle, un autre fut blessé, et un autobus fut gratuitement attaqué. On ignore si des passagers se trouvaient à son bord, mais des objets furent lancés sur sa carosserie et l’un de ses pneus éclata. Si on peut se demander quelle insouciance du STM a pu mener ce chauffeur dans ce secteur, lui qui aurait logiquement du être averti par radio de l’éviter, on peut être certain que ce dernier ne cherchait qu’à faire son travail.
Je trouve ça vraiment dommage.
Probablement que lundi, une panoplie de spécialistes et de pseudo-spécialistes viendront expliquer de quelle façon le comportement policier, l’incompréhension des besoins des différentes communautés de Montréal-Nord, l’ignorance parfois très volontaire des politiciens, et ce je sais quoi d’autre, ont mené, de fil en aiguille, à une révolte. L’on tentera, à tort ou à raison, de faire une victimisation de ceux qui ont commis des délits ce soir.
Il est certain qu’une leçon est à tirer des événements de dimanche soir. Les policiers devront revoir leurs méthodes d’intervention, les résidents du quartier devront trouver de meilleurs façons de démontrer à ces derniers qu’ils n’appartiennent pas à des gangs de rue. C’est bien beau s’époumoner à dire que les tenues vestimentaires et les apparences ne garantissent pas l’appartenance à un gang de rue, mais cette prétention indique également que les gens ne font pas nécessairement ce qu’il faut pour se protéger de la méfiance des policiers.
Cependant, les délits commis ce soir demeurent des actes illégaux. Ceux qui les ont commis doivent être appréhendés et jugés en fonction des gestes posés, non pas des circonstances de la veille. Je considère qu’on puisse aller loin dans la désobéissance civile pour défendre un point de vue, mais lorsque des feux sont allumés, que des gens sont attaqués et blessés, que du vandalisme est perpétré et que des vols ont lieu, alors on déborde de la désobéissance civile. On plonge tête première dans la criminalité intolérable et répréhensible.
Pour le moment, ce n’est qu’un calque d’une certaine banlieue parisienne à Montréal-Nord. J’espère que les esprits se calmeront des deux côtés de la clôture qui semble insurmontable, mais l’histoire récente nous rappelle que même les barrières les plus solides peuvent être rasées. Parlez-en aux berlinois. Heureusement, nous sommes encore loin d’une version québécoise de Pueblo libre, autant du côté de l’auto-justice que de l’inefficacité de l’appareil judiciaire (je crois).










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