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Archive pour 22 août 2008

John Adams: épisodes 2 et 3

22 août 2008 Gradlon 1 commentaire

Hall de l'Indépendance, Philadelphie, PennsylvanieVoilà maintenant trois semaines que la chaîne spécialisée SuperÉcran diffuse la télésérie étasunienne John Adams. Alors que le premier épisode se penchait sur le Massacre de Boston et le Boston Tea Party, les deuxième et troisième se consacrent respectivement à la Déclaration d’Indépendance et la quête d’appui militaire auprès de la France.

Loin d’être un spécialiste de l’histoire étasunienne, j’en connais toutefois assez pour trouver une certaine cohérence historique dans ces épisodes.

D’abord, la route menant à la Déclaration d’indépendance étasunienne ne fut pas une sinécure. Plusieurs états continuaient à manifester une loyauté solide envers la Couronne britannique, espérant obtenir une sorte de pardon conditionnel (imposé tant par Londres que Philadelphie) jusqu’à la dernière minute. D’autres, dont le Massachusetts de John et Samuel Adams, avaient perdu tout espoir de paix diplomatique avec la Grande-Bretagne et leur patience envers les états «loyalistes» s’effritaient comme des biscuits soda.

On peut ressentir le respect entre les différents clans qui se tient malgré les divergences, passant toutefois à certain moment près de l’éclatement. La tension est palpable, notamment lors d’une longue nuit de débats et lors de la dernière séance, celle de la ratification, alors que le personnage de John Dickinson livre un discours traduisant l’angoisse de plusieurs à l’égard d’une sécession. Étrangement, ses paroles m’apparurent beaucoup plus persuasives que celle, victorieuses, de John Adams. Peut-être est-ce dû à la performance percutante dans sa retenue de l’acteur slovène Zeljko Ivanek, alors que Paul Giamatti, malgré son talent, semblait en mettre un peu trop côté pleurnichage.

Une grande part de l’épisode met l’accent sur la rédaction, par Thomas Jefferson, de la Déclaration d’Indépendance. Ce segment permet, d’une part, d’admirer le sens politique aiguisé de Benjamin Franklin, merveilleusement incarné par Tom Wilkinson (il fut à la hauteur de mes attentes), ainsi que de mesurer toute la portée des mots, lesquels devaient être choisis avec la plus grande circonspection.

Dans le troisième épisode, nous explorons les relations ambiguës entre les États-Unis et la France, ainsi que le rôle que joua John Adams dans les négociations visant à obtenir l’assistance militaire française. Ce moment nous démontre à quel point ces pays, malgré un ennemi commun, étaient diamétralement opposés, culturellement parlant. Adams incarne le puritain par excellence, qui est d’abord désarçonné, puis fortement agacé, par le comportement hautement libertin, et pourtant conservateur sur les bords (monarchie), des Français.

Franklin, comme toujours, porte en lui la tempérance diplomatique. Si l’on peut un moment douter des motivations qui le poussent à côtoyer la cour de Versaille, le dénouement ne peut que balayer la moindre interrogation.

Malgré la justesse de la recréation historique, tant dans les costumes, les décors et les moeurs, John Adams n’est pas à l’abri des anachronismes et des erreurs factuelles, telle que le démontre la page des erreurs de sa fiche technique sur IMDb. Même si je suis un néophyte en matière d’histoire étasunienne, je n’en demeure pas moins initié au sens critique. Si je ne peux ni juger tous les aspects historiques de la série, je ne peux non plus vérifier toutes ces erreurs, relevées généralement par les cinéphiles (IMDb est davantage un Wikipédia qu’une encyclopédie).

Jusqu’à présent, le travail me semble viable, mais pas incontestable.

Ce qui est dommage, mais c’est en même temps le but de l’exercice narratif, c’est que tout est centré sur John Adams et sa femme. Ainsi, ce dont John et Abigail ne sont pas directement témoins, les téléspectateurs ne le sont pas davantage. Il en résulte qu’on est parfois précipité dans la chronologie, comme cette défaite britannique à Yorktown, qui marqua la fin de la guerre britannico-étasunienne, que l’on apprend via une missive envoyée à Abigail, alors qu’on ne se doute même pas que Français et Étasuniens en sont en venus à un accord susceptible de mener à la victoire :!:

M’enfin, à l’instar de Frères d’armes, John Adams est d’abord et avant tout une oeuvre artistique inspirée d’un livre rapportant des événements historiques. Et à l’instar du premier, on pardonne rapidement au second ses quelques écarts.

Importation de billets: décembre 2006

J’ai quatre billets à suggérer concernant décembre 2006.

Le 3 décembre, je réagissais, comme bien des gens, à la victoire surprise de Stéphane Dion à la tête du Parti libéral du Canada dans L’improbable dénouement. Mon discours changerait aujourd’hui!

Dans ma Revue du 7 décembre, j’aborde le sujet de l’honneur accordé à un ancien membre des Black Panthers accusé du meutre d’un policier (possible lien avec les événements de Montréal-Nord, mais je n’approfondirai pas) et le cas de Keith Ellison, premier mulsulman élu au Congrès étasunien et qui voulait prêter serment sur le Coran plutôt que la bible, ce qui n’est pas sans faire penser à la crainte des étasuniens de découvrir que Barack Obama pourrait, un jour, vaguement, flirté avec l’islam.

La veille de Noël, le Conseil de sécurité de l’ONU adoptait à l’unanimité des sanctions contre l’Iran, pays en quête de la technologie nucléaire. Un peu comme les nombreux reproches adressés ces temps-ci à la Chine, les membres du Conseil d’alors, dont ce même pays, agissaient en Coordonniers mal chaussés.

C’est la triste réalité de la destruction du patrimoine irakien, et par extension du patrimoine mondial, par les GI’s étasuniens qui m’avait inspiré le billet Berceau de la civilisation. Ce papier ne contient aucune critique sociale ou politique, mais c’est mon premier billet sur l’histoire et ma première tentative de vulgarisation.

Bonne lecture.

Importation de billets: décembre 2006 (prélude)

Bien que mon blogue commence à être plus connu depuis qu’il a fait son nid sur WordPress.com, en janvier dernier, je ne suis pas un nouveau blogueur. En réalité, ce blogue existe depuis le 24 janvier 2006. À cette époque, il s’agissait d’une seconde tentative pour moi dans l’univers du blogue, une deuxième prise plus fructueuse que la première.

Le pseudonyme de Gradlon vient d’une légende bretonne. Le choix ne découle pas d’un quelconque intérêt pour l’histoire de ce roi mythique, mais d’une unique question d’esthétique. Bien que je recherchais un nom en lien avec l’histoire, ma passion et mon champ d’étude, c’est aussi et surtout la beauté du mot qui attira mon attention.

J’ai plus tard lu plus attentivement l’article disponible sur Wikipédia et qui m’avait inspiré.

Lorsque j’ai transféré mon blogue sur Blogger en janvier

2007, je n’ai importé manuellement que quelques billets par souci de fluïdité dans le déménagement. Ma migration vers WordPress.com me permit d’importer automatiquement tous mes billets publiés sur Blogger, mais il fut et est toujours impossible d’en faire autant avec mes articles pondus sur Canalblog, première adresse de ce blogue.

Or, j’ai décidé d’entamer l’importation de tous lesdits articles sur cette plate-forme. Deux raisons me motivent. D’abord, je fais souvent référence à mes anciens billets, non pas en guise d’argumentaire, mais bien pour permettre aux lecteurs de mieux suivre certains sujets plus personnels. Non seulement cela impliquait-il jusqu’aujourd’hui de renvoyer les visiteurs vers un site tiers, mais l’apparence de ce dernier devient vétuste au fur et à mesure que Canalblog modifie ses options.

Ensuite, j’ai depuis des lecteurs que je n’avais pas alors. En 2006, Canalblog n’était — quoiqu’il l’est toujours — pas très connu à l’intérieur de la blogosphère québécoise. Encore aujourd’hui, sur les soixante-dix-huit fils RSS de blogues québécois inscrits dans mon lecteur, deux seulement sont logés sur Canalblog. Ce n’est pas une statistique scientifique, mais quand-même…

Donc, j’ai de nouveaux visiteurs. Peut-être que parmis ceux-ci, certains trouveraient un certain intérêt à lire des billets tantôt intemporels par nature, tantôt à nouveau d’actualité. Ainsi, lorsque je procéderai à mes importations mensuelles, je retiendrai quelques papiers dont je suis assez fier pour leur donner second souffle. J’insérerai alors les liens dans un billet comme celui-ci, liens parfois commentés, mais je ne les sortirai pas des boules-à-mites pour les afficher en première page, comme s’il s’agissait de texte inédit.

Bonne lecture!