Ce blogue est moribond…
… mais pas moi
Beaucoup de choses se passent présentement dans ma vie.
Mon stage en cuisine est terminé et l’emploi parallèle que j’avais obtenu dans une résidence pour retraités l’est aussi. Dans les deux cas il s’agissait de contrats qui devaient tôt ou tard prendre fin. Cela me laisse présentement sans emploi et dans l’indécision, mais je suis heureux de mon été, professionnellement parlant.
Le stage devait se terminer en juin, mais le fait d’être prolongé aura permis deux choses non négligeables : la possibilité d’avoir une semaine de congé pour mon camp scout de juillet et une recommandation pour cet emploi parallèle mieux payés (11 $ l’heure versus les 8.5 $ pour le stage). J’ai donc pu bénéficier d’un salaire assuré, ce qui a facilité le remboursement de mes dettes. Cependant, mes créanciers sont plus avares depuis que je travaille, ce qui, toutes proportions gardées et d’une triste ironie, fait de moi un débiteur encore moins aptes à payer !
Un autre facteur est venu atténuer l’impact de mes revenus sur ma capacité à rembourser : la mise au rancart de la ferme d’élevage de mes parents. Nourrir et entretenir les chèvres étaient nettement plus coûteux que ce que leur abattage rapportait. L’industrie caprine, hormis dans le secteur très onéreux de la fromagerie (et mal en point ces temps-ci), ne se porte pas excessivement bien au Québec. Les citoyens dits « de souche » consomment trop peu de sa viande, tandis que les Québécois d’adoptions sont freinés dans leur consommation par deux choses : les règles de mise en marchée et le coût après abattage.
Mes parents ont donc décidé de transformer leur ferme caprine en élevage ovin, plus prometteur dans notre coin de pays, mais seulement au printemps. Leur objectif est ainsi d’économiser les frais de chauffage, car bien que protéger de façon naturelle, les moutons, et particulièrement les agneaux, dépendent au moins d’un bâtiment décemment isolé pour produire les 15 degrés Celsius nécessaires à leur santé. Or, nous ne disposons pas de cette isolation.
De plus, mon père, seul à part moi dans la maisonnée à travailler à temps plein, a perdu son emploi durant l’été. C’était un emploi qu’il n’aimait pas et il avait des projets de quitter pour retourner dans son domaine : la construction. Ses patrons étaient au courant et tous semblaient avoir adopté un plan qui devait satisfaire les diverses parties. Or, les diffamations de certaines personnes à l’intérieur de la boîte a coupé court à ce plan et expédié mon paternel au chômage. Le problème est là en fait : en six semaines, le chômage n’a toujours pas rendu de décisions concernant sa demande, car tous et chacun semblent se renvoyer la balle.
Pas de chômage = pas de cours pour obtenir son permis de conduire classe 3 = trop peu de chance d’être engagé comme opérateur de machineries lourdes. Les employeurs sont très nombreux à n’engager que des opérateurs étant également qualifiés pour se charger eux-mêmes du transport de la machinerie d’un chantier à l’autre, ou du chantier au garage.
Mais attendez, ce n’est pas tout !
Ma grand-mère, jugée inapte par les services sociaux en mai dernier, habite chez nous depuis le début du mois d’août. L’objectif est de lui éviter de débourser toutes ses allocations en simple frais d’hébergements hospitaliers (hébergements d’urgence qu’ils appellent) durant la quelque année ou année et demie qu’il lui faudra attendre avant de trouver une place en ressources alternatives (genre de familles d’accueils pour personnes âgées).
Le principe des hôpitaux étant de tout prendre moins cent dollars, mes parents trouvaient plus équitable de lui faire une place à la maison moyennant un loyer de 800 $, ce qui lui laissait théoriquement quelques 500 $ dans ces poches par mois. Le hic, c’est que le ministère des ressources humains, le même chargé de prendre une décision concernant mon père, n’a pas encore étudié le formulaire de déclaration de revenu annuel de ma grand-mère.
La conséquence est qu’elle ne reçoit qu’une mince partie de ses prestations. Dans son état actuel, il lui est incapable de comprendre la situation. Ce n’est donc pas elle qui doit subit lesdites conséquences, car nous lui laissons toujours ces 500 $ en argent de poche par mois. Le calcul n’est pas compliqué à faire pour comprendre que ceux qui sont lésés dans cette situation sont mes parents et, par association familiale, moi-même.
Cet été, j’ai donc payé plus d’épiceries et plus d’essences que ce que je m’attendais dépenser. J’ai fait des emplettes pour quatre personnes alors que je m’attendais à n’en faire que pour moi-même. N’ayant pas les moyens de faire l’entretien sur nos véhicules économiques en carburant, étrangement les plus fragiles aussi, nous avons été plusieurs semaines à se partager deux voitures de six cylindres, dont l’une est une mini-fourgonnette et l’autre, un bazou des années 80 à la transmission défaillante.
Le principe fondateur de ma décision de repousser mes études et qui voulait que je revienne chez mes parents et que je travaille dans le but d’alléger nos fardeaux financiers respectifs a pris le bord. Au mieux, je suis parvenu par cette décision à nous empêcher de les alourdir davantage. C’est un peu comme si nous n’avions que payer les intérêts sur nos dettes.
C’est sans coussin de sécurité et sans pouvoir davantage compter sur l’aide de mes parents que j’ai déposé une nouvelle demande d’admission à l’Université du Québec à Montréal (l’UQAM, et non l’UQUAM ou l’UQÀM, bien que j’aie déjà utilisé cette dernière formule, à tort). Mais je suis déterminé plus que jamais. J’ai plus d’énergie et plus de confiance en mes capacités à affronter l’adversité, car je me suis mesuré à elle plus d’une fois cet été.
Je veux étudier en Histoire et travailler dans ce domaine. J’ai la chance d’avoir un intérêt prononcé pour l’ère des deux Grandes guerres, ce qui peut m’ouvrir davantage de portes que certaines autres sphères d’études. Si la recherche ne peut survenir à mes besoins, alors j’enseignerai, point de reculons, car la vulgarisation scientifique m’attire également. Je travaillerai durant mes études. Je sais maintenant que je peux le faire ; je prendrai à ma charge moins de cours, sachant qu’un seul cours en moins par sessions (seule marge de manoeuvre) correspond grosso modo à neuf heures d’études en moins par semaine et que la somme n’engage qu’à une session supplémentaire, dans la mesure où je recours également aux sessions estivales pour boucler mon baccalauréat.
D’ici là, ma mère aura peut-être fini de vendre toutes ses chèvres et cesser toutes dépenses en élevage ; mon père aura peut-être reçu une décision favorable de l’assurance-emploi et en train de suivre un cours de conduite classe 3 le promettant à un brillant avenir ; ma grand-mère aura reçu peut-être ses pleines prestations, ce qui permettra à ma mère une certaine forme de revenu. Mais je ne veux pas me fier là-dessus, moins par manque de confiance envers les gens qui m’entourent que par volonté de formuler des plans qui dépendront les moins possibles de facteurs qui engagent autrui.







C’est un vrai casse-tête chinois. J’espère que c’est le cas que tout le mal est venu en une fois et que bientôt tout ira mieux.
Merci