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Développement sur les dernières élections

Mon dernier billet sur les résultats électoraux m’a gratifié de la visite de la blogueuse Fannie Blanchet dont j’aimerais répondre au commentaire par un second billet.

@gradlon
Et que croyez-vous qu’il adviendra de l’ADQ sans Mario Dumont, considérant que le véritable nom de cette formation est Action démocratique du Québec/Équipe Mario Dumont? On parlait beaucoup du parti d’un seul homme, ce qui, avec le temps, c’est avéré tangible.

Pour ce qui est de la montée de la gauche, soyons prudents… le PQ n’a pas avantage à trop s’afficher au-delà du centre-gauche, et cette tendance, à mon sens, ne changera pas si tôt. La population est rassurée quand les partis politiques ne flirtent pas trop avec les extrêmes, et ce davantage en période de crise économique. Nous sommes si frileux! Et la députation de Amir Khadir, c’est une bonne choses, le problème demeure au niveau de son temps de parole à l’Assemblée Nationale. IL n’y aura pas beaucoup d’espace disponible pour qu’il puisse faire part de ses idées.
Mais tout de même, j’admets que cette élection nous a offerts de bons coups. Beau texte.

par Fannie Blanchet Mercredi 10 décembre 2008 à 17:08 at 17:08

Tout d’abord, merci pour votre visite.

Le fait étant avéré que l’Action démocratique était le parti d’un seul homme, du moins sur la place publique, le départ de Mario Dumont pourrait être autant une bénédiction pour cette formation que son enterrement. Je pense que beaucoup de gens ont voté pour l’ADQ en 2007 parce que le parti était Mario Dumont. Inversement, je pense que beaucoup de gens ont abandonné l’ADQ en 2008 parce qu’il n’était encore que Mario Dumont. Il était anormal pour un parti d’opposition officielle que seulement deux députés sur 41, outre le chef, puissent bénéficier d’une vitrine en-dehors du Parlement.

En effet, si plusieurs députés ont pu s’exprimer — ou exprimer les vues du parti — durant les séances de l’Assemblée, nous n’avons presque toujours vu que deux d’entre-eux à la télévision: Sébastien Proulx, en sa qualité de leader parlementaire de l’ADQ, et Gilles Taillon, adjoint au chef. Durant la campagne de 2008, ce fut un nouveau venu, Gérard Deltell, qu’on vit le plus dans les médias plutôt que MM. Proulx et Taillon ou tout autre candidat adéquiste.

Je pense que si les membres du parti nomment ou élisent un chef qui saura offrir de la visibilité aux actuels députés, mais aussi aux prospects et candidats défaits, ce pourrait être payant. Toutefois, si l’ADQ se choisit un chef un peu trop narcissique qui accapare toute l’avant-scène, ce pourrait alors être le dernier clou qui scellerait le cercueil. Malheureusement, la rumeur concernant Stéphane Gendron fait aligner les astres sur la seconde possibilité.

Concernant la montée de la gauche, vous avez raison, il faut rester prudent. Étant moi-même centriste, je suis un peu frileux. Je ne crains pas les idées qui tendent vers l’extrême, de préférence à gauche et sans l’atteindre totalement, mais je me méfie des gens et des partis qui proposent exclusivement des idées extrêmes. Pour le moment, un parti de centre-droit qui affronte un parti de centre-gauche, je trouve ça bien. Avec sept députés de droite plus ou moins profonde (plus que la plupart des partis québécois, beaucoup moins que les nombreux partis d’extrême-droite dans le monde) et un député de gauche plutôt profonde, nous maintenons un équilibre intéressant.

Enfin, je doute que les partis officiels de l’Assemblée impartissent à Amir Khadir assez de temps pour exprimer efficacement son point de vue et celui des quésistes. Ce temps refusé, il devra le reprendre dans les couloirs du Parlement en ayant comme auditeur non pas des députés adverses, mais les électeurs. L’occasion sera là; Mario Dumont a lui-même largement profité de la présence des médias à la sortie des débats parlementaires.

La question qui se pose: M. Khadir saura-t-il, à l’instar de M. Dumont, capter l’intérêt des médias? Nous pouvons dire et écrire ce que nous voulons, en bien ou en mal, sur Mario Dumont, mais il y a une chose que nous ne pourrons jamais lui enlever: il était un véritable aimant à journalistes. Ceci lui a servi, cela pourra servir à Amir Khadir; la balle est dans son camp.

  1. 12 décembre 2008 à 09:05 | #1

    Bonjour Gradlon, Mme Marois est ouverte à faire passer une loi le plus tôt possible régissant les travaux de l’Assemblée-National qui ferait passer à 15% du vote populaire le minimum pour être reconnu parti officiel.

    Quand à Amir Khadir, il devra s’y faire en attendant une proportionnelle.

  2. 12 décembre 2008 à 12:28 | #2

    Bonjour Antipollution,

    Merci pour les précisions :-)

  3. Fannie Blanchet
    12 décembre 2008 à 13:39 | #3

    @gradlon
    Merci de cette réponse détaillée. Comme vous, je ne vois pas l’Arrivée de Gendron d’un bon oeil au sein de l’ADQ, sa démagogie étant légendaire, ainsi que son besoin d’occuper l’avant-scène.
    Je crois beaucoup au charisme de M.Khadir, et il est fort probable que ce dernier utilise à bon escient ses rencontres avec les journalistes, afin que la population puisse suivre ses idées concernant notre avenir.
    Pour la chefferie adéquiste, que pensez-vous de M. Proulx? Je trouve que cet homme possède quelque chose qui faisait défaut à M. Dumont: l’art oratoire et la fluidité au niveau de l’expression de ses idées.
    Je crois aussi qu’il est très sain que l’Assemblée Nationale soit représentée de manière équilibrée, soit autant au niveau de la gauche que de la droite, en passant par le centre.
    À suivre…

  4. 12 décembre 2008 à 15:48 | #4

    @Fannie

    Durant ses dix-neuf mois en tant que leader de l’opposition officielle, le plus grand boulet de M. Proulx aura été son mandat de défendre impérativement et quasi exclusivement les idées de son chef. Certes, il possédait cet art oratoire, cette prestance et cette accessibilité que tout bon communicateur doit posséder, mais son discours était limité à répéter les mêmes énoncés que M. Dumont employait déjà depuis quelques années.

    La forme et l’emballage étaient différents, plus habiles, mais le fond demeurait le même. Avec le départ de M. Dumont, la porte est grande ouverte pour laisser entrer l’innovation.

    Dans un premier temps, M. Proulx pourrait utiliser ses talents pour communiquer aux adéquistes les plus «dumontistes» que le parti doit se distancer, ne serait-ce que légèrement, de la ligne préconisée par M. Dumont. Ensuite, il deviendrait la personne toute indiquée pour partager à l’électorat les nouvelles idées, leur expliquer les modifications apportées à certaines notions déjà implantées et défendre avec plus d’autonomie les concepts que les adéquistes jugeront immuables.

  5. ysengrimus
    15 décembre 2008 à 16:23 | #5

    Amir Khadir, c’est un nouvel espoir…

    http://ysengrimus.wordpress.com/2008/12/14/amir-khadir-l%E2%80%99espoir-de-mon-enfant%E2%80%A6/

    Maintenant, il faut voir…
    Paul Laurendeau

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