Nivellement par le bas, version F1
Voici un bref résumé de la situation actuelle en formule un: le directeur de la FIA, Max Mosley, souhaite imposer un plafond budgétaire de 45 M€ dès la saison prochaine, ce que les écuries membres de la FOTA décrient vivement. La moindre recherche sur le web concernant la F1 apporterait un lot impressionnant d’informations dont il serait futile d’essayer de condenser dans un billet, surtout que mon but n’est pas de faire la synthèse du conflit qui oppose actuellement la FIA et la FOTA.
Au premier regard, le projet de Mosley de réduire les coûts en formule un est louable. Très louable, même. Tout comme bien d’autres épreuves automobiles d’envergure, la F1 est une machine qui brasse beaucoup d’argent inutilement. Sans entrer dans les détails, un plafond budgétaire favoriserait, entre autres, une certaine réduction de l’impact environnemental des courses, assez désastreux, il faut l’admettre. À la décharge de Mosley, ce plafond pourrait réduire les écarts entre les écuries, par exemple entre Force India et la Scuderia Ferrari; ne soyons pas dupe, sans un plafonnement, la première resterait en fond de grille l’an prochain alors que la seconde reprendrait vraisemblablement sa place parmi les écuries de pointe.
Toutefois, les nouveaux règlements en vigueur ont déjà permis de réduire les écarts. Les performances de Red Bull et de Williams, qui ont environ la moitié (et plus) du budget des grandes écuries telles que McLaren-Mercedes et Ferrari, et la déchéance de ces dernières le démontrent bien. L’écurie dominante de la saison, Brawn GP, aurait un budget encore moins élevé que RB et Williams, soit une estimation de 95 M€. Que pourrions-nous espérer d’une autre réduction de coûts en matière de compétitivité ?
Probablement, et malheureusement, un nivellement par le bas.
Si Mosley n’en démord pas, deux scénarios sont possibles. La plus plausible est celle d’une défection des écuries membres de la FOTA, lesquelles seraient remplacées par de petites écuries. La seconde possibilité serait de voir des écuries telles que Ferrari, Toyota et même Brawn GP réduites à la même vitesse que les petites écuries déjà présentes, à savoir Force India et la Scuderia Toro Rosso. L’un dans l’autre, nous nous retrouverions avec un championnat considérablement ralenti. Pour reprendre librement les paroles de Christian Tortora et Bertrand Houle, nous assisterions à un championnat de GP2 bonifié (sans vouloir dénigrer cette épreuve, loin de là).
L’intérêt de la F1 réside dans sa domination des épreuves de monoplaces dans le monde. J’encourage évidemment une réduction des coûts (surtout ceux inhérents au jet set), de l’impact environnemental et de l’écart entre les écuries. Un championnat plus sobre (donc plus accessible), plus vert et où la combativité des pilotes seraient vraiment à l’avant-plan serait très stimulant. La F1 doit toutefois garder une certaine élégance, une avance technique sur les autres championnats de monoplaces et un niveau sportif (rapidité = défi = spectacle) au sommet.
Un championnat 2010 sans Ferrari, McLaren, Red Bull, Brawn GP ou Williams (pour ne nommer que ceux-là), sans pilotes tels que Felipe Massa, Jenson Button, Sebastian Vettel ou Robert Kubica, voilà qui ne me dit vraiment rien de bien.
(Photo: F1-action.net)










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