Pourquoi ce blogue existe encore

2009 juin 17

Je crois qu’on peut définitivement parler d’un mouvement blogal québécois. Rien ne ressemble à ce que j’observais en 2006 et 2007. Certains avatars ont disparus des écrans radars, de nouveaux venus les ont remplacé (façon d’écrire), plusieurs blogues n’ont finalement été que des feux de pailles et d’autres sont passés à la postérité, mais pas toujours pour les bonnes raisons. Même ceux qui blogues depuis longtemps n’ont plus exactement la même plume.

Il y a des départs qui ont été fêtés en grand, d’autres qui sont synonymes de questionnements, mais la plupart résulte simplement d’un désir ou d’une nécessité de passer à autres choses. Certains semblent être partis sans adieux officiels, comme La Plume Souverainiste, qui fut jadis fort impliquée dans le regroupement de blogueurs souverainistes, et Folliculaire, auteur de Nouvelles non censurées.

Enfin, les blogues qui ont perdurés ont connus différents visages et connus quelques bouleversements. Renart L’éveillé est passé d’un blogue noir à un blogue en couleur, Jimmy St-Gelais est devenu un homo politicus (lui qui voulait que demain soit), AntiPollution a déjà été un Jesopinions meilleur que la presse et votre hôte fut jadis autrement plus politisé dans ses billets.

J’ai connu mes changements et mes bouleversements. Superficiellement, l’apparence de mon blogue change régulièrement. Fondamentalement, j’écris moins souvent que dans mes «jeunes années de blogueur», mes textes sont plus courts (c’est bien vrai, allez jeter un coup d’œil dans mes archives) et je me consacre moins à l’actualité et la politique qu’au paravent. Fut une époque où cette réalité m’eut apparue incompatible avec la tenue d’un blogue. Qu’est-ce qui explique alors que ce blogue existe encore ?

D’abord, le plaisir d’écrire est toujours là. Même que sous un certain angle, il est plus intense depuis que je n’essaie plus de toujours employer des références et des détours pour essayer de me faire comprendre. Le ralentissement dans ma fréquence de publication et une certaine dépolitisation de mes propos m’ont tenu à l’écart de la popularité. Un certain détachement s’est opéré entre ce blogue et moi et, par extension, entre la blogosphère et moi. Je n’ai pas de pression, je ne ressens pas le besoin impétueux de défendre et de réexpliquer mes idées, je suis relativement à l’abri des trolls (mais pas du SPAM, malheureusement) et je n’ai pas d’ennemis virtuels (ce n’est pas nécessaire de remédier à ça, chers lecteurs).

Ce que je percevais auparavant comme étant des tares m’apparaissent, depuis quelques temps, comme étant en fait des avantages. Je ne dis pas que ceux qui connaissent une grande popularité, dont les discussions se traduisent en longs débats intenses et/ou qui accordent plus de temps à leur blogue sont dans le champ. Qui suis-je pour juger de la valeur des intérêts que les gens portent à leur vie version 2.0 ? Je dis seulement que, si ces critères avant été mes objectifs, ce blogue serait possiblement fermé depuis longtemps, que je les aie atteints ou non.

14 réponses leave one →
  1. 2009 juin 17

    Gradlon, en regardant du côté droit de votre blogue, je viens de m’apercevoir que vous m’aviez donné une réponse concernant le RT. Merci.

    Ce que je n’aimes pas avec Twitter, c’est de tenter de revenir en arrière, pas évident du tout. D’ailleurs je ne twitte ni ne blogue passé 18:00

    Pour ce qui est de votre blogue, bloguez à votre convenance, selon vos besoins. C’est certain que plusieurs blogueurs recherchent le plus grand nombre de lecteurs, ceux-là s’en servent comme tremplin, soit devenir chroniqueur à plein temps pour un média, soit pour se lancer en politique municipale ou autre.

    Ce n’est pas votre but ni le mien.

  2. 2009 juin 17

    Après 20 mois de bloguage sur mon blogue, après 713 éditoriaux dans les deux langues officielles du pays, plus de 22 800 visiteurs, des milliers de commentaires laissés sur d’autres blogues, je me rends compte que pour être blogueur, la qualité numéro 1, c’est la persévérance et la patience.

    Quelqu’un qui pense qu’en remuant ciel et terre, en ayant un site écoeurant, en faisant de la pub partout qu’il s’attirera un auditoire de 2000 personnes par jour se gourre royalement. C’est pour cela qu’à mon humble avis, bien des gens désespèrent qu’après 2-3 ans d’existence, ils en soient au même point qu’à 1 an d’existence que l’auditoire soit resté semblable et que grosso modo ce soit toujours les mêmes qui visitent et émettent des commentaires. Ça peut devenir lassant de constater qu’on n’évolue pas à la vitesse désirée et on se retrouve impuissant face à ce phénomène.

    Nous sommes à une ère de l’information éclatée. Il fut un temps il y a pas plus tard qu’il y a 20 ans, avant l’avénement d’Internet, seuls les grands médias tenaient les rennes de l’information. De nos jours, des milliers de personne au pays peuvent se partir un blogue et donner leur opinion en tant que citoyen. Avant, il fallait percer les médias traditionnels pour commenter sur les lignes téléphoniques ou les rubriques du lecteur.

    Donc, malgré la concentration des médias dans quelques mains, nous pouvons tout de même nous réjouir de posséder une libre expression de citoyen somme toute enviable ce que bien des pays tentent de contrôler et censurer aujourd’hui en 2009.

    D’ailleurs, le secteur des médias est en crise profonde. Deux preuves: la Presse qui vient d’éliminer après plus de 100 ans d’existence, son édition du dimanche et le conflit à Québecor qui s’éternise.

    Et ne nous le cachons pas, l’information sur Internet et sa culture omni-présente du gratis fait extrêmement mal aux journaux traditionnels. Je serais curieux de savoir qui d’entre nous achète encore des journaux? À quand remonte la dernière fois où vous vous êtes abonné à un journal? De plus en plus de gens se fient à l’information sur Internet pour les alimenter ainsi que moins souvent à la télévision.

    Les seuls fois où je lis le journal, c’est lorsque je vais manger au restaurant. Ça met ma blonde en beau joilver quand elle est là de voir que je lis le journal mais que voulez-vous, on est passionné des médias ou on l’est pas.

    Tym Machine

    PS: Sans vouloir vous offenser, je crois que je vais publier ce texte sur mon blogue parce que je le trouve bon et qu’il vient de moi. Sachez cependant qu’il a été entièrement composé ici et non le contraire et ce n’était pas mon intention initiale de le publier sur mon blogue mais je vais faire exception ici afin d’en faire bénéficier les quelques lecteurs qui me suivent de façon régulière.

  3. 2009 juin 17

    Faites donc, vous ne m’offensez guère. Je trouve également votre commentaire pertinent, particulièrement vos 3es et 4es paragraphes.

  4. 2009 juin 17

    Twitter est une technologie s’appuyant sur une sorte de «simplicité volontaire», ce qui, paradoxalement, n’est pas sans créer quelques complexités !

  5. 2009 juin 17

    Gradlon, ne le dites-pas à personne mais j’ai découvert seulement tard en avant-midi à quoi servait le @jesopinions du côté droit de Twitter.
    J,ai dû me rattraper en répondant à ceux qui m’avaient laissé des messages.

    Tym, La Presse n’avait pas d’édition du dimanche avant 1980, et 1980 doit certainement vous dire quelque chose n’est-ce pas ?

  6. 2009 juin 17

    Bon, mon dernier message se retrouve au #3 asteure, vinyenne ! Des gestes qye Tym capote….
    :-)

  7. 2009 juin 17

    @AP,

    Merci de la précision.

    Quant au capotage, vous êtes paranoiaque total là…

  8. 2009 juin 17

    C’est ça une ouverture d’esprit ?
    -:)

  9. 2009 juin 19

    Il est necessaire de se renouveller afin de conserver la flame de l’écriture sur son blogue perso.

    La blogosphère est utile, surtout en ces temps de concentration des médias, même si elle demeure marginale. Elle représente tout de même une garantie de démocratie et de liberté d’expression devant les forces d’uniformisation propagandiste.

    Bien heureux que tu demeures avec nous Gradlon et continue ton bon travail!

  10. 2009 juin 19

    Il est vrai que la blogosphère est utile. Elle permet entre autres de découvrir des références et de sources d’informations qui étaient jusque-là difficile d’accès pour monsieur et madame tout-le-monde.

    Bien heureux de toujours être avec vous ;-)

  11. 2009 juin 19

    Je me posais aussi ces questions tout récemment. Je blogue depuis moins d’un an, et après les premiers mois d’euphorie, je me suis sérieusement demandé si je devais continuer.

    Puis, je me suis rendu compte que c’est agréable d’écrire et de discuter sur des choses qui s’éloignent du quotidien, qui interpellent notre sentiment de citoyen, voire d’être humain. C’est assez rare de pouvoir discuter politique et philosophie dans notre vie professionnelle et familiale, toute occupée par les tracas quotidiens.

    Alors j’assume que mon coin de cyberespace est comme un bistro sympa, où des habitués viennent boire un verre et parler de politique, de société et bien sûr, de Black Metal ! C’est plus intime, plus personnel, que des bars à grandes surfaces où tous ceux qui dansent se sentent seuls de toute façon, même à travers des milliers d’autres individus.

  12. 2009 juin 19

    D’ailleurs avec le nouveau projet de loi des conservateurs sur les communications électroniques soi-disant pour pogner plus de pédophiles en ligne mais qui servira à venir renforcer l’état policier, les libertés, il y en aura encore moins.

  13. 2009 juin 20

    Bienvenu sur mon blogue, nicolasracine.

    J’avais lu ton billet «Évidences contradictoires». Je m’y suis reconnu un peu. Je ne suis pas le plus virulant, normalement parce que mes nerfs se calment presque toujours avant que j’ai pu coucher ma contrariété :-S

    En ce qui concerne la dernière phrase de ton commentaire, j’ai souvent imaginé qu’il y avait deux façons de se sentir seul: en restant isolé dans son sous-sol ou en étant au milieu d’une immense foule qui t’ignore.

  14. 2009 juin 20

    L’enfer est pavé de bonnes intentions!

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