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Ennemis publics

Ennemis publicsUn très bon divertissement qui détonne des autres blockbusters de l’été

Michael Mann a une façon bien à lui de mettre en scène un récit. Il utilise souvent la caméra à l’épaule ou la caméra statique, cachée derrière des arbres ou une fenêtre. Il donne ainsi l’impression au cinéphile d’être le témoin direct de l’action. On pourrait facilement tracer un parallèle avec le correspondant de guerre qui, d’abord, se retrouve malgré lui coincé au milieu d’un affrontement et à qui on dit ensuite de se mettre à l’abri.

Ennemis publics emploie cette même technique. Lorsque le directeur du FBI s’adresse aux médias, le spectateur voit la scène du même angle que les journalistes. Lorsqu’il y a une fusillade, il cherche à éviter les balles et à se mettre en sécurité. Lorsque les voleurs s’enfuient en bagnole, le cinéphile est un passager dont l’attention alterne nerveusement entre ce qui se passe à l’intérieur du véhicule et à l’extérieur.

Chez Michael Mann, c’est ce qu’on aime… ou qu’on déteste. En effet, l’exercice peut en étourdir quelques-uns, alors que pour ma part, je ne ressentis qu’un léger mal de tête en début de projection.

Le scénario est traité de façon conventionnelle. On évacue les enjeux de la Grande Dépression pour se concentrer sur la chasse à l’homme entre Melvin Purvis (Christian Bale), agent spécial du (jeune) FBI, et John Dillinger (Johnny Depp), voleur de banque dont la réputation se rapproche de Robin de Bois. Gravitent autour d’eux divers personnages, trop peut-être, dont J. Edgar Hoover (Billy Crudup), Evelyn Frechette (Marion Cotillard), la seule petite amie de Dillinger (dans le film) et Frank Nitti (Bill Camp), membre de l’entourage d’Al Capone (absent du film).

Je ne connais pas l’histoire de John Dillinger. Il semblerait que le film fidèle aux faits, à quelques exceptions près. Tel que mentionné, on ne fait qu’effleurer, et c’est un euphémisme, la Grande Dépression. À ce sujet, parmi les films récents, Cinderella Man, de Ron Howard, donne un meilleur aperçu. Néanmoins, l’ambiance du temps est bien rendue. Les décors, les vêtements, la musique, la volonté de certains de s’accrocher aux Années folles (Roaring Twenties), le vedettariat criminel, voilà autant d’aspects présents dans Ennemis publics.

L’action et l’humour ne manque pas non plus. Les temps morts sont rares, la tension est soutenue lorsque nécessaire, bien que, même si on ne connait rien aux événements, certains moments soient prévisibles. On prend plaisir à voir évoluer le personnage principal, merveilleusement campé par un Johnny Depp toujours en forme et charismatique à souhait. On ne peut en dire autant des autres personnages, pourtant bien défendus. Le seul bémol revient à Christian Bale, qui se contente d’incarner… Christian Bale.

Ennemis publics demeure un blockbuster dont l’objectif principal est de divertir son public sur plusieurs tableaux, ce qui est réussi. L’œuvre n’est pas à la hauteur de quelques autres drames historiques s’articulant autour des mêmes thèmes, mais il est supérieur à la plupart des produits sortis sur nos écrans depuis le début de la saison (1er mai).

8 sur 10

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