Sentier des Deux Criques
Longueur: 17 km (boucle)
Dénivelé: 200 m (6-7 heures)
Difficulté: Intermédiaire (difficile selon Parc Canada)
Le sentier des Deux Criques, le plus long du parc national du Canada de la Mauricie, m’a servi quelques leçons.
D’abord, les nuits écourtées, ça passe encore pour les sentiers plus courts et/ou faciles, mais sont inacceptables la veille d’une randonnée de 17 kilomètres ponctuée de nombreuses montées abruptes. Un petit muffin au chocolat en guise de déjeuner, voilà qui est tout aussi insuffisant. Enfin, bâtons de marche et liners ne sont pas du luxe; débuter avec les premiers, quitte à les ranger en fin de parcours, et ne pas négliger les seconds, voilà un judicieux apprentissage.
Vous vous en doutez, je l’ai trouvée ardue, cette randonnée. Il est vrai que le sentier des Deux Criques ne s’adresse pas aux débutants, mais il n’est pas nécessaire d’être un expert pour s’y frotter. Une bonne préparation physique, ce qui me manquait visiblement, est toutefois essentielle. Le dénivelé semble, de prime abord, insignifiant, mais les ascensions sont fréquentes, quoique pas régulières, et assez escarpées. Étant donné qu’il s’agit d’une boucle, tout ce qui monte redescend… avec la même austérité.
Le sentier est diversifié à souhait. Le premier kilomètre se fait à l’intérieur d’une zone incendiée, peuplée d’un sapinage touffu. Plus loin, le sentier emprunte une crête séparant deux dépressions (les criques), mais demeure assez large pour être sécuritaire. Les mollets et les genoux sont déjà mis à l’épreuve, car la descente est longue et prononcée. D’ailleurs, des escaliers, plus ou moins sûrs, ponctuent régulièrement le sentier sur les tronçons qui seraient impraticables autrement.
Au niveau du ruisseau Bouchard, que l’on traverse à gué (un pont est prévu), le sentier se sépare pour former la boucle. Une bonne montée nous amène aux premiers points de vue. Les deux kilomètres et demi suivant sont assez faciles et mènent au bout du lac la Dam et… les seules toilettes sèches du parcours. Celui-ci longe brièvement le ruisseau du Fou avant d’entreprendre une sérieuse ascension de 1.2 km vers le troisième point de vue. On a ensuite aisément accès à deux points de vue, accessoires, puis on traverse une coulée d’eau avant de monter vers le belvédère du lac Rosoy, le plus beau point de vue du sentier.
Le plaisir ne s’arrête pas au lac Rosoy, mais il décroît considérablement par la suite. Les 1.8 kilomètres qui mènent au dernier point de vue, magnifique aperçu du Saint-Maurice, paraissent interminables, bien qu’assez faciles. On patauge dans un océan d’arbustes à peine plus hauts qu’un homme et assez resserrés pour empêcher de voir trois mètres en avant. L’expérience est plaisante au début, mais tanne bien vite.
Le tronçon qui termine la boucle propose une très abrupte descente vers le ruisseau Bouchard, qu’on traverse à nouveau et qu’on longe ensuite. Enfin, on reprend, en ascension, la section des deux criques.
Le sentier des Deux Criques est stimulant pour sa diversité, ses nombreux accès à l’eau et des points de vue des plus sauvages. Il est toutefois décevant dans le sens où les points de vue sont presque tous regroupés et assez loin du départ. Il s’agit néanmoins d’un merveilleux sentier, la forêt mauricienne étant toujours magnifique, et constitue une excellente étape préparatoire en vue d’une longue randonnée.










Intéressant l’article. J’y vais cette semaine. C’est quoi au juste des liners ? Merci.
Bienvenu sur mon blogue, Claude.
Les liners sont des bas très minces, généralement en polypropylène, qui se portent sous les bas principaux. Porter des liners permet une évacuation plus efficace de l’humidité et réduit considérablement le risque d’ampoules.
Bien sûr, il existe des bas spécialement conçus pour cet usage, en vente dans les boutiques de plein air, mais n’importe quels bas très minces, pourvu qu’ils ne soient pas en coton (retient trop l’humidité), peuvent dépanner.
Bonne randonnée.
J’ai fait la randonnée de 17 km hier par un beau temps estival, propice à la baignade dans les nombreux bassins se trouvant au bas des chutes et cascades.
J’ai trouvé cette randonnée de difficulté moyenne; la difficulté en fait est la longueur, car à part ça, tout se fait sans complications. Ça nous a pris un peu moins de 6h30 en tout, avec les pauses. On a rencontré 7 personnes pendant notre parcours !!!
Parcs Canada a maintenant construit des ponts; fini les traversées de ruisseaux en s’agrippant à des cordes. Dommage, ça devait être bien plus exotique auparavant.
Il est vrai que les beaux points de vue sont regroupés; néanmoins, le sentier réussit à capter notre intérêt jusqu’à la fin car les cours d’eaux sont souvent présents.
Moi, je me suis servi de mes bâtons de marche et je ne l’ai vraiment pas regretté, car le terrain est souvent accidenté. Quant à la boue, il y en avait un peu, mais rien de dramatique et en plus, c’était de la boue légèrement durcie.
Ne vous privez donc pas pour essayer ce sentier fort stimulant.
Content que vous ayez apprécié votre randonnée.
Je referai certainement ce sentier. Si ce n’est pas d’ici la fin de l’automne, ce sera l’an prochain. Je m’assurai cependant de passer une bonne nuit de sommeil avant