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Archive for the ‘Blogosphère’ Category

Les limites des cyberdiscussions

17 juillet 2009 Gradlon 12 commentaires

Les discussions sur l’Internet ont leurs limites. L’incompréhension y est plus courante que lors des conversations de vives voix. Les personnes qui sont conscientes de ces limites et qui se retrouvent devant des propos trop ambigus pour forger une réplique vont généralement demander à l’interlocuteur de préciser sa pensée. Ceci ne garantit toutefois pas la compréhension parfaite et le bons sens voudrait, selon moi, que les interlocuteurs se donnent une poignée de mains virtuelle et passent à autre chose.

D’autres ne semblent pas avoir consciences de ces limites ou, du moins, ils ne souhaitent pas les considérer. Dans certains cas, les interlocuteurs vont simplement considérer que les mots représentent parfaitement la pensée de l’auteur, sans nuances possibles, sans maladresse possible de sa part, ni de la leur, évidemment. Dans d’autres cas, le lecteur apportera, ou plutôt créera, lui-même les précisions et les informations nécessaires pour rendre clairs et nets des propos qui lui sont pourtant ambigus et incertains.

Dans les deux cas, il peut en résulter des prêts d’intentions ou d’idéologies qui dépassent les paramètres de l’écrit original… et de l’entendement de l’auteur.

Je citerai ici l’un des récents billets de l’ami Renart Léveillé, intitulé Les blogues Canoë sur TLMEB. Au cours de la discussion qui succède au papier, l’auteur constate à quelques reprises que son but n’a pas vraiment été bien saisi et semble quelque peu surpris des commentaires qu’il a reçu. Le sujet étant relativement léger, la discussion ne s’est pas éternisée et s’est close dans le calme. Il aurait pu en être tout autrement si Renart avait abordé un sujet plus sensible.

Personnellement, il m’est arrivé de me retrouver face à des commentaires dont je ne parvenais pas à comprendre le «comment du pourquoi». Une incompréhension en amène une autre, j’imagine. Récemment, j’ai laissé un commentaire sur le blogue de Louis Préfontaine pour lequel j’ai reçu une réponse pour le moins surprenante. Le voici, mon commentaire:

Merci de nous partager cette info.

Je peux comprendre que certains anglophones se sentent irrités par la pression exercée par les francophones. Après tout, le commun des anglophones ne fait que parler sa langue maternelle, au milieu de gens qui parlent généralement cette même langue et dans un endroit où cela est la norme, plus ou moins tolérée, depuis fort longtemps.

D’un autre côté, il est logique de se demander si un événement comme celui du théâtre Ste. Catherine est davantage qu’une réaction maladroite (euphémisme) à cette pression. Il me semble raisonnable de se demander si ladite pression ne ferait plutôt ressurgir un sentiment de supériorité vis-à-vis des francophones, ancré dans la mémoire collective et en latence tant qu’autant élément déclencheur ne se manifeste.

Peut-être que je me trompe… mais peut-être pas.

La personne qui me répondit le fit très cordialement et poliment. Toutefois, il me répondit comme s’il répondait à un auteur considérant que la langue du Québec puisse être autre chose que le français, que Montréal doive être bilingue pour attirer les touristes et qui soit du genre à employer la non-souveraineté du Québec comme argument pro-bilinguisme. Pourtant, mon commentaire ne contient aucune information qui puisse mener à de telles déductions. Il ne s’agissait même pas d’une opinion, en fait.

Les limites des cyberdiscussions; peut-être ai-je moi-même mal compris le but de la réponse. Limites de l’existence virtuelle au complet aussi. Ceux qui me «connaissent» (toujours dans les limites d’Internet) savent bien que je suis indépendantiste et en faveur du fait français. Du moins, je l’espère, car alors, j’aurais lamentablement échoué à diffuser mes idées.

Dans le cadre de discussions virtuelles, le phénomène est, au plus, irritant au départ, anodin par la suite. Les premières fois, j’étais frustré (de grâce, ne sortez pas cette phrase de son contexte…). Ensuite, je suis devenu un peu plus détaché. J’essaie de rectifier une seule fois, puis je passe à autres choses. Là où le phénomène devient décourageant, c’est qu’il semble refléter une tendance de la réalitosphère.

Un soir, je donne une séance d’informations sur les sacs de randonnées aux jeunes de ma troupe. Je montre des exemples, que je hiérarchise en fonction de leur qualité. Évidemment, le sac à dos acheter à 90 $ chez Canadian Tire se retrouve au bas de l’échelle. L’une des animatrices en déduit donc que je considère ce sac inadéquat, voire carrément minable, et que j’exige d’eux d’acheter des sacs à 600 $ !

Ce n’était évidemment pas mon but.

Je n’avais pas dénigré le sac de Canadian Tire et encore moins exigé des jeunes qu’ils dépensent 600 $ pour un sac! Mon but n’était pas non plus de vendre un sac à dos aux jeunes, mais de les informer sur les différents modèles de sacs, leurs qualités et leurs défauts. Si un sac à 90 $ s’avère adéquat pour une activité scoute, notamment en raison de l’impératif financier, ça n’en fait pas pour autant un meilleur sac parmi toutes les gammes de sacs sur le marché. Mais bon, le sac de Canadian Tire, c’était le sien…

Nos intérêts, nos valeurs, nos émotions et un tas d’autres facteurs conditionnent souvent davantage nos réactions que l’action initiale elle-même. S’il en est ainsi dans la réalitosphère, alors que la plupart des données nécessaires à une bonne compréhension des intentions derrière les mots sont disponibles, imaginons ce qu’il peut en être sur l’Internet !

P.S.: Après rédaction, mais avant publication, de ce billet, je crois avoir identifier le passage de mon commentaire qui pouvait porter à confusion. Malgré tout, je considère que les déductions contenues dans la réponse sont un peu exagérées.

Quelques statistiques pour me faire plaisir

2 juillet 2009 Gradlon 6 commentaires

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Plus d’une fois, mais toujours de façon très polie, mon compatriote AntiPollution m’a manifesté à quel point mes billets pouvaient être longs. Il y a quelques semaines, alors qu’il se lançait à l’assaut du vaste univers des gazouillis, je lançais à la blague qu’un maximum de 140 caractères représenterait tout un défi pour moi, à quoi AntiPollution me rappela que mes billets étaient parfois trop longs à son goût. Plus récemment, je faisais une synthèse de mes deux premiers mois en tant qu’utilisateur de Twitter et AntiPollution ne manqua pas de me narguer gentiment à nouveau.

Voici donc quelques statistiques pour me faire plaisir, car depuis le début de mai, je relève le défi, dans un but uniquement ludique, d’écrire des billets d’environ 500 mots.

Depuis le 1er mai:

  • Mon billet le plus long, 10 choses que j’ai apprises sur la randonnée (3 juin), comporte 697 mots.
  • Mon billet le plus court, Objectivité 2: la revanche des subjectivators (6 juin): 455.
  • 38% de billets sous les 500 mots, 87% sous les 550 mots et 15% au-dessus de 550 mots.
  • Moyenne: 518 mots.

Comparons maintenant avec les billets écrits entre le 1er janvier 2008 et le 30 avril 2009.

  • Plus court billet, Maudit rhume (18 avril 2009) : 51 mots.
  • Plus long billet, L’été du cinéphile: deuxième partie, (2 septembre 2008) : 1551 mots.
  • 44% sous les 500 mots.
  • 56% au-dessus de 500 mots.
  • 10% au-dessus de 1000 mots.
  • La majorité de mes billets (20%) comprennent entre 601 et 700 mots.
  • La plupart de mes billets de plus de 1000 mots concernent ma vie personnelle ou la politique.

Et enfin:

  • Mes 10 billets les plus consultés ont tous plus de 550 mots.
  • Parmi ceux-ci, 60% ont plus de 750 mots. Deux ont plus de 1000 mots.
  • Sur mes 10 billets les plus commentés, c’est 50-50.
  • Parmi ceux-ci, un seul de plus de 1000 mots (Le TQS des frères Rémillard, 10 janvier 2009).
  • Mon billet le plus commenté, Pourquoi ce blogue existe encore, (17 juin 2009) : 483 mots.
  • Mes deux billets les plus commentés font partie de mon défi.

Il n’y a absolument rien de scientifique dans ces données. Étant une technologie anglophone, WordPress ne comptabilise pas le nombre de mots de la même façon que Word. La popularité des billets est déterminée ici par le nombre de consultations directes et exclut les consultations à partir de la page d’accueil. Enfin, la popularité des billets et le nombre de commentaires ne sont probablement pas dépendants de la longueur des textes.

Néanmoins, les chiffres donnés donnent un aperçu. Je voulais relever un défi et je pense que c’est réussi. Je vais continuer à essayer de limiter mes billets autour de 500 mots, sauf si ce que j’ai à écrire en exige vraiment plus. Je relevais ce défi pour le plaisir, pas par nécessité. De la même façon, je dévoile ces statistiques uniquement pour m’amuser, non pas parce que j’ai un point d’argument à prouver.

Et… ce billet-ci comporte 451 mots! (521 selon Word)

(Photo: Koen Vereeken)

Après deux mois de gazouillis

22 juin 2009 Gradlon 3 commentaires

Geai bleu

Voilà deux mois que je gazouille sur le site Twitter. Je ne pensais pas être autant séduit par le concept, pourtant je suis à plus de 350 gazouillis depuis mon inscription.

Je suis très curieux, ce qui joue dans la balance. Non seulement je veux comprendre rapidement le fonctionnement, mais je veux savoir à quel niveau un service peut être optimisé avant même d’en faire une utilisation assidue. D’ailleurs, je ne me suis pas limité très longtemps au concept de base et me suis tourné prestement vers des alternatives.

J’ai essayé deux extensions de Firefox, TwitterFox et Power Twitter, qui avaient, évidemment, l’inconvénient d’être dépendants du navigateur. D’ailleurs, ce dernier ralentit beaucoup le téléchargement de Twitter, car il fonctionne à même le site. Je privilégie donc Twhirl. Fonctionnant avec Adobe AIR, le logiciel est loin d’être au point, mais a l’avantage d’être autonome. Éternel insatisfait, en matière d’informatique du moins, je continue toutefois d’essayer différents gadgets.

J’en cherche un qui pourrait, entre autres, combler l’une des plus grandes lacunes de Twitter, apparemment volontaire: l’impossibilité de retrouver sur sa page d’accueil tous les gazouillis de ceux qu’on surveille. Je trouve ça barbant de devoir me rendre sur la page d’accueil de chacun de mes suivis afin de bénéficier de l’intégralité de leurs mises-à-jour. Retrouver sur une même chronologie tous les gazouillis publics de nos suivis rendraient l’expérience plus agréable, à mon avis.

J’ai également eu quelques problèmes avec mon arrière-plan. J’ai téléversé, en série mais sans succès, une première image que Twitter ne gardait en mémoire, au mieux, que 24 heures. Croyant à un problème de droits intellectuels, j’ai téléversé une seconde image, libre de droits, que Twitter a bien acceptée. Mais surprise ! Depuis une semaine, Twitter a remis en ligne, unilatéralement, mon premier choix :?

Ces quelques aléas ne m’ont pas empêché de trouver en quoi Twitter pouvait bien m’être utile. Entre vous et moi, les gazouillis du genre «va travailler», «c’est plate au travail aujourd’hui», «revient de travailler» et autres «douce voulait rien savoir hier soir», très peu pour moi. Heureusement, j’ai découvert que Twitter était une merveilleuse alternative aux nombreux sites de partages de liens (ex.: Delicious) et une belle façon de commenter brièvement, et rapidement, des sujets sur lesquels je ne me prononcerais pas autrement.

Voici certaines améliorations que j’aimerais concernant Twitter:

  • Reconnaître officiellement les citations (RT) et les exclure de la règle de 140 caractères.
  • Exclure les @nom de la règle des 140 caractères.
  • Permettre le titrage des liens (ex.: lien).
  • Redonner la possibilité de suivre les mises-à-jour de nos contacts directement sur notre page d’accueil (home).

Sinon, j’aime le concept des 140 caractères, auquel je ne pensais pas m’habituer si rapidement. J’aime également l’idée de ne pas pouvoir publier les vidéos, photos et fichiers audio directement sur Twitter, mais via des liens externes. La présentation est ainsi allégée. Un charmant service, donc, qui mériterait d’être bonifié, sans toutefois aller jusqu’à le pervertir.

(Photo: Ed Schneider)

P.S.: Je me doute bien que l’oiseau de Twitter ne correspond pas à une espèce en particulier, mais je trouvais cette image d’un geai bleu gazouillant très belle et appropriée.

Pourquoi ce blogue existe encore

17 juin 2009 Gradlon 14 commentaires

Je crois qu’on peut définitivement parler d’un mouvement blogal québécois. Rien ne ressemble à ce que j’observais en 2006 et 2007. Certains avatars ont disparus des écrans radars, de nouveaux venus les ont remplacé (façon d’écrire), plusieurs blogues n’ont finalement été que des feux de pailles et d’autres sont passés à la postérité, mais pas toujours pour les bonnes raisons. Même ceux qui blogues depuis longtemps n’ont plus exactement la même plume.

Il y a des départs qui ont été fêtés en grand, d’autres qui sont synonymes de questionnements, mais la plupart résulte simplement d’un désir ou d’une nécessité de passer à autres choses. Certains semblent être partis sans adieux officiels, comme La Plume Souverainiste, qui fut jadis fort impliquée dans le regroupement de blogueurs souverainistes, et Folliculaire, auteur de Nouvelles non censurées.

Enfin, les blogues qui ont perdurés ont connus différents visages et connus quelques bouleversements. Renart L’éveillé est passé d’un blogue noir à un blogue en couleur, Jimmy St-Gelais est devenu un homo politicus (lui qui voulait que demain soit), AntiPollution a déjà été un Jesopinions meilleur que la presse et votre hôte fut jadis autrement plus politisé dans ses billets.

J’ai connu mes changements et mes bouleversements. Superficiellement, l’apparence de mon blogue change régulièrement. Fondamentalement, j’écris moins souvent que dans mes «jeunes années de blogueur», mes textes sont plus courts (c’est bien vrai, allez jeter un coup d’œil dans mes archives) et je me consacre moins à l’actualité et la politique qu’au paravent. Fut une époque où cette réalité m’eut apparue incompatible avec la tenue d’un blogue. Qu’est-ce qui explique alors que ce blogue existe encore ?

D’abord, le plaisir d’écrire est toujours là. Même que sous un certain angle, il est plus intense depuis que je n’essaie plus de toujours employer des références et des détours pour essayer de me faire comprendre. Le ralentissement dans ma fréquence de publication et une certaine dépolitisation de mes propos m’ont tenu à l’écart de la popularité. Un certain détachement s’est opéré entre ce blogue et moi et, par extension, entre la blogosphère et moi. Je n’ai pas de pression, je ne ressens pas le besoin impétueux de défendre et de réexpliquer mes idées, je suis relativement à l’abri des trolls (mais pas du SPAM, malheureusement) et je n’ai pas d’ennemis virtuels (ce n’est pas nécessaire de remédier à ça, chers lecteurs).

Ce que je percevais auparavant comme étant des tares m’apparaissent, depuis quelques temps, comme étant en fait des avantages. Je ne dis pas que ceux qui connaissent une grande popularité, dont les discussions se traduisent en longs débats intenses et/ou qui accordent plus de temps à leur blogue sont dans le champ. Qui suis-je pour juger de la valeur des intérêts que les gens portent à leur vie version 2.0 ? Je dis seulement que, si ces critères avant été mes objectifs, ce blogue serait possiblement fermé depuis longtemps, que je les aie atteints ou non.