Pourquoi ce blogue existe encore
Je crois qu’on peut définitivement parler d’un mouvement blogal québécois. Rien ne ressemble à ce que j’observais en 2006 et 2007. Certains avatars ont disparus des écrans radars, de nouveaux venus les ont remplacé (façon d’écrire), plusieurs blogues n’ont finalement été que des feux de pailles et d’autres sont passés à la postérité, mais pas toujours pour les bonnes raisons. Même ceux qui blogues depuis longtemps n’ont plus exactement la même plume.
Il y a des départs qui ont été fêtés en grand, d’autres qui sont synonymes de questionnements, mais la plupart résulte simplement d’un désir ou d’une nécessité de passer à autres choses. Certains semblent être partis sans adieux officiels, comme La Plume Souverainiste, qui fut jadis fort impliquée dans le regroupement de blogueurs souverainistes, et Folliculaire, auteur de Nouvelles non censurées.
Enfin, les blogues qui ont perdurés ont connus différents visages et connus quelques bouleversements. Renart L’éveillé est passé d’un blogue noir à un blogue en couleur, Jimmy St-Gelais est devenu un homo politicus (lui qui voulait que demain soit), AntiPollution a déjà été un Jesopinions meilleur que la presse et votre hôte fut jadis autrement plus politisé dans ses billets.
J’ai connu mes changements et mes bouleversements. Superficiellement, l’apparence de mon blogue change régulièrement. Fondamentalement, j’écris moins souvent que dans mes «jeunes années de blogueur», mes textes sont plus courts (c’est bien vrai, allez jeter un coup d’œil dans mes archives) et je me consacre moins à l’actualité et la politique qu’au paravent. Fut une époque où cette réalité m’eut apparue incompatible avec la tenue d’un blogue. Qu’est-ce qui explique alors que ce blogue existe encore ?
D’abord, le plaisir d’écrire est toujours là. Même que sous un certain angle, il est plus intense depuis que je n’essaie plus de toujours employer des références et des détours pour essayer de me faire comprendre. Le ralentissement dans ma fréquence de publication et une certaine dépolitisation de mes propos m’ont tenu à l’écart de la popularité. Un certain détachement s’est opéré entre ce blogue et moi et, par extension, entre la blogosphère et moi. Je n’ai pas de pression, je ne ressens pas le besoin impétueux de défendre et de réexpliquer mes idées, je suis relativement à l’abri des trolls (mais pas du SPAM, malheureusement) et je n’ai pas d’ennemis virtuels (ce n’est pas nécessaire de remédier à ça, chers lecteurs).
Ce que je percevais auparavant comme étant des tares m’apparaissent, depuis quelques temps, comme étant en fait des avantages. Je ne dis pas que ceux qui connaissent une grande popularité, dont les discussions se traduisent en longs débats intenses et/ou qui accordent plus de temps à leur blogue sont dans le champ. Qui suis-je pour juger de la valeur des intérêts que les gens portent à leur vie version 2.0 ? Je dis seulement que, si ces critères avant été mes objectifs, ce blogue serait possiblement fermé depuis longtemps, que je les aie atteints ou non.










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