Un petit été tranquille… côté cinéma
La saison estivale du septième art commence près de deux mois à l’avance sur le soleil et se termine un peu moins d’un mois plus tôt. Elle tire donc à sa fin avec la sortie, aujourd’hui, de ce qui sera probablement son dernier gros blockbuster, Le commando des bâtards. Je sais, je sais… qualifier un film de Tarantino de blockbuster, c’est une hérésie, mais force est d’admettre qu’il est très attendu et qu’il se situe bien loin du mélodrame indépendant !
À pareille date, j’ai vu plus de films que l’été dernier, mais j’ai l’impression que ce fut un petit été tranquille. Ironique ? Pas vraiment. Les gros canons hollywoodiens ont simplement été moins nombreux cette année et plutôt mal répartis, étant presque tous concentrés dans le mois de mai, qui fut, sans surprise, le plus satisfaisant. Voici donc mes bons, moyens et mauvais films de l’été.
Mes bons films
X-Men les origines: Wolverine a bien démarré le bal des blockbusters, du moins pour l’amateur de cinéma ignorant tout du monde de la B.D. que je suis. Une nuit au musée: la bataille du Smithsonian sentait un peu le réchauffé, mais j’ai bien aimé le traitement caricatural, donc vraiment pas réaliste, des divers personnages historiques et l’humour, d’un ton toujours honnête.
Malédiction de l’enfer marqua le retour à l’horreur du réalisateur Sam Raimi, qui a repris avec efficacité sa formule du film d’horreur humoristique. Donc, contrairement à bien d’autres films, les séquences choc font rire pour les bonnes raisons !
Lendemain de veille est la comédie surprise de l’été; personne ne l’attendait vraiment, mais son récit totalement invraisemblable avait de quoi séduire avec son inventivité. L’an un n’a pas connu le même succès, lui qui proposait portant une avenue intéressante. J’avais aimé ses anachronismes non dissimulés.
Comme la plupart des étés, le septième art ne proposait que peu de drames. Parmi ceux-ci s’est glissé Ma vie pour la tienne, un film que plusieurs considérèrent inutilement « tire-larmes ». Pour ma part, je m’étais laissé gagné par l’histoire, triste sans être tragique.
Je n’ai vu que deux films québécois au cinéma cet été: De père en flic et À vos marques… Party! 2. Au niveau de l’humour, ces films se ressemblaient. Ils misaient avec succès sur la réplique assassine, mais alors que le premier mitraillait, le second tirait à l’arc. Les deux films m’ont bien plu, mais dans un duel, celui d’Émile Gaudreault mettrait celui de Frédérick d’Amours K.O. en un seul round.
Ennemis publics n’était pas le meilleur film de Michael Mann, son style ne faisant pas l’unanimité. Quant à moi, je l’avais retrouvé avec plaisir. L’ère de glace: l’aube des dinosaures me divertit davantage que son prédécesseur immédiat, mais n’avait pas le charme de l’original.
L’appréciation générale de Harry Potter et le prince de sang-mêlé fut très mitigée, mais ce fut sans équivoque mon préféré. Il renferme moins de scènes d’action, mais le jeu des acteurs était plus raffiné et la trame dramatique, réaliste pour une fois. Enfin, District 9 en a laissé plusieurs sceptiques, mais j’ai trouvé le traitement documenteur intéressant et mieux présenté que dans Cloverfield.
Mes films moyens
Hanté par ses ex était drôle de par le charisme de ses acteurs, mais tournait en rond sans soutenir un véritable récit. Anges et démons était, cinématographiquement parlant, mieux que le premier et offrait de belles images, mais souffrait d’un rythme inégal. Son de cloche similaire pour Terminator rédemption, qui offrait trop peu pour ce que le cinéma d’aujourd’hui permet de faire.
Pelham 123: l’ultime station n’était pas mauvais en soi, mais n’était pas non plus ce que Tony Scott pouvait faire de mieux. Denzel Washington se débrouillait bien, mais John Travolta incarnait le même méchant que dans ces films précédents. La proposition était une comédie charmante, supportée par deux acteurs en grande forme, mais qui m’a fait totalement décrocher dans les vingt dernières minutes.
Brüno offrait un humour encore plus décapant et irrévérencieux que Borat, mais il s’étirait en longueur, sans réellement aboutir. Paradi d’enfer était un bon petit suspens qui pouvait attendre la sortie en DVD. G.I. Joe: l’éveil du cobra était une grande farce qui avait au moins le mérite d’être moins pathétique que l’autre film de figurines sorti plus tôt.
Bandslam était musicalement et humoristiquement bien supérieur à de nombreux films d’adolescents… mais restait un film construit pour cette clientèle. Quant à La bâchelière, elle avait une prémisse intéressante qui fut mal servie par le développement cahotique du récit. Heureusement, Michael Keaton et Carol Burnett étaient très drôles.
Mes mauvais films
Vous trouverez qu’ils sont peu nombreux. Étant généralement bien informé sur le monde du cinéma actuel, je sais souvent à quoi m’attendre d’un film. Il m’arrive d’être surpris, souvent un peu, rarement énormément.
Je savais que je devais éviter les Dance Flick: Fous de la danse; Dans ses rêves; Je t’aime, Beth Cooper; L’orpheline et Des extraterrestres dans le grenier, pour ne nommer que ceux-là. Il y en a deux autres que je n’ai pas su éviter !
Transformers: le revanche n’aurait pas été si mal s’il n’avait pas été si « Michael Bay ». La première moitié du film est, au mieux, du déjà-vu qu’il n’est pas désagréable de revoir. Les quarante-cinq dernières minutes viennent tout gâcher. On y voit tout ce qui est détestable chez Bay, en surdose: séquences au ralenti, trame musicale épique, coucher de soleil, amour mielleux auquel on ne croit pas un seul instant, héroïsme irréaliste, etc. Le vase déborde lorsqu’un des personnages rencontre des Transformers dans un espèce de limbes et se fait révéler une vérité pseudo-mystique !
Quant à Terre Perdue, c’était seulement un film ennuyant.
Star Trek
Le seul film que je n’ai pas encore abordé et pour lequel j’ai pourtant manifesté tant de hâte est la nouvelle mouture de Star Trek. Ce n’était pas un chef-d’oeuvre, loin de là, mais c’est mon film préféré de l’été… probablement jusqu’à plus tard aujourd’hui, lorsque j’aurai vu Le commando des bâtards !
L’univers de Gene Roddenberry, qui avait séduit tant d’amateurs de science-fiction, a été respecté, mais rajeuni et adapté au cinéma du 21e siècle. Les effets spéciaux sont léchés, les séquences d’actions se succèdent de façon régulière, les personnages sont toujours aussi savoureux et l’humour, omniprésent. Le film peut sembler long à démarrer pour certains, alors que d’autres, comme moi, ont sans doute trouvé que la présentation des personnages fut précipitée.
Quoiqu’il en soit, il s’agit assurémment de l’une des meilleures relances de franchises que Hollywood ait produites. Espérons que la suite, déjà prévue pour 2011, donnera un meilleur résultat que 007 Quantum, suite décevante d’une autre relance réussie.
Image: Thomas Milne













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