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La fameuse «exemption d’impôts» de Bernie

21 octobre 2009 Gradlon 2 commentaires

Les trois paliers de gouvernements auraient acquiescé aux demandes de Bernie Ecclestone, grand argentier de la Formule Un, s’assurant du même coup le retour du Grand Prix du Canada à Montréal en 2010. La nouvelle devrait être confirmée dans quelques jours, mais les médias prennent déjà les devant.

Lorsque le tout sera confirmé, les Québécois retiendront deux choses de cette histoire: Bernie Ecclestone a voulu se soustraire à nos impôts et les gouvernements se sont agenouillés devant lui. Ce dernier point ne m’apparaît pas totalement faux, mais le premier n’est pas tout à fait vrai. D’ailleurs, le plus récent article de Denis Lessard aborde, l’instant d’un furtif paragraphe, un aspect de l’histoire qui semble avoir échappé aux Québécois.

Bernie Ecclestone n’a cherché une «exemption d’impôts». En effet, on ne recherche pas quelque chose qu’on a déjà en poche et le petit napoléon est très doué pour savoir exactement ce qu’il a dans les poches. Les épreuves sportives internationales ne paient généralement pas d’impôts au Canada, puisque leurs organisateurs en paient déjà dans leur pays d’origine.

Officiellement, les gouvernements fédéraux et provinciaux du Canada prélève des retenues à la source sur les subventions versées et remboursent lesdites retenues une fois que les organisateurs ont prouvé qu’ils avaient payé leurs impôts locaux. En pratique, il semblerait que ces retenues ne soient pas effectuées, de manière officieuse.

L’exigence de Bernie: officialiser ce qui est officieux.

Je ne suis pas du genre à défendre le petit napoléon. Je n’aime pas le type et j’endosse la plupart des critiques négatives qui peuvent être faites à son égard. Je suis d’accord pour affirmer que Bernie est un ogre borné, économiquement insatiable et d’une avarice pathétique. Cependant, s’il ne vient pas contredire cette perception, le cas du Grand Prix du Canada ne vient pas non plus le confirmer, encore moins l’amplifier ni l’amener à son paroxysme, comme les médias ont tentés de le faire croire.

Au Québec et au Canada, on peut, au pire, être moralement opposé aux pratiques générales de Bernie Ecclestone. Au niveau fiscal et politique, c’est plutôt vers nos élus qu’il faut diriger notre foudre. Ce sont leurs pratiques d’accueil des événements sportifs internationaux qu’il faut remettre en cause. Peut-être nous rendrions-nous compte qu’autrement, le Québec et le Canada n’accueilleraient pas de tels événements. Ou peut-être constaterions-nous, ou jugerions-nous, que le jeu n’en vaut pas la chandelle, que les revenus engendrés par ces événements ne justifient de tels sacrifices fiscaux et qu’un changement de philosophie s’impose

Or, ce n’est pas en dirigeant notre fiel contre Bernie Ecclestone, du moins en ce qui concerne les événements sportifs internationaux et le Grand Prix du Canada en particulier, que nous obtiendront quoi que ce soit.

Une seule chose m’apparaît certaine à l’heure qu’il est: nos élus se sont foutus, et ont foutus les citoyens par la même occasion, dans un beau pétrin. Un pétrin qui n’a pas été causé par Bernie Ecclestone, qui l’a plutôt révélé. Tout au plus, il a précipité une conclusion qui serait survenue tôt ou tard.

P.S.: Le petit napoléon n’en demeure pas moins un cupide dépassé dont la retraite ne ferait que se porter mieux la F1.

Nivellement par le bas, version F1

Grand Prix 2009 de Malaisie

Voici un bref résumé de la situation actuelle en formule un: le directeur de la FIA, Max Mosley, souhaite imposer un plafond budgétaire de 45 M€ dès la saison prochaine, ce que les écuries membres de la FOTA décrient vivement. La moindre recherche sur le web concernant la F1 apporterait un lot impressionnant d’informations dont il serait futile d’essayer de condenser dans un billet, surtout que mon but n’est pas de faire la synthèse du conflit qui oppose actuellement la FIA et la FOTA.

Au premier regard, le projet de Mosley de réduire les coûts en formule un est louable. Très louable, même. Tout comme bien d’autres épreuves automobiles d’envergure, la F1 est une machine qui brasse beaucoup d’argent inutilement. Sans entrer dans les détails, un plafond budgétaire favoriserait, entre autres, une certaine réduction de l’impact environnemental des courses, assez désastreux, il faut l’admettre. À la décharge de Mosley, ce plafond pourrait réduire les écarts entre les écuries, par exemple entre Force India et la Scuderia Ferrari; ne soyons pas dupe, sans un plafonnement, la première resterait en fond de grille l’an prochain alors que la seconde reprendrait vraisemblablement sa place parmi les écuries de pointe.

Toutefois, les nouveaux règlements en vigueur ont déjà permis de réduire les écarts. Les performances de Red Bull et de Williams, qui ont environ la moitié (et plus) du budget des grandes écuries telles que McLaren-Mercedes et Ferrari, et la déchéance de ces dernières le démontrent bien. L’écurie dominante de la saison, Brawn GP, aurait un budget encore moins élevé que RB et Williams, soit une estimation de 95 M€.  Que pourrions-nous espérer d’une autre réduction de coûts en matière de compétitivité ?

Probablement, et malheureusement, un nivellement par le bas.

Si Mosley n’en démord pas, deux scénarios sont possibles. La plus plausible est celle d’une défection des écuries membres de la FOTA, lesquelles seraient remplacées par de petites écuries. La seconde possibilité serait de voir des écuries telles que Ferrari, Toyota et même Brawn GP réduites à la même vitesse que les petites écuries déjà présentes, à savoir Force India et la Scuderia Toro Rosso. L’un dans l’autre, nous nous retrouverions avec un championnat considérablement ralenti. Pour reprendre librement les paroles de Christian Tortora et Bertrand Houle, nous assisterions à un championnat de GP2 bonifié (sans vouloir dénigrer cette épreuve, loin de là).

L’intérêt de la F1 réside dans sa domination des épreuves de monoplaces dans le monde. J’encourage évidemment une réduction des coûts (surtout ceux inhérents au jet set), de l’impact environnemental et de l’écart entre les écuries. Un championnat plus sobre (donc plus accessible), plus vert et où la combativité des pilotes seraient vraiment à l’avant-plan serait très stimulant. La F1 doit toutefois garder une certaine élégance, une avance technique sur les autres championnats de monoplaces et un niveau sportif (rapidité = défi = spectacle) au sommet.

Un championnat 2010 sans Ferrari, McLaren, Red Bull, Brawn GP ou Williams (pour ne nommer que ceux-là), sans pilotes tels que Felipe Massa, Jenson Button, Sebastian Vettel ou Robert Kubica, voilà qui ne me dit vraiment rien de bien.

(Photo: F1-action.net)

Début de saison rafraîchissant

30 mars 2009 Gradlon 3 commentaires

Alors que la plupart des Québécois s’inquiètent que la saison des Canadiens de Montréal se terminent de façon décevante le 11 avril prochain, de mon côté, je savourais la première course de la première saison de Formule 1 sans course à Montréal depuis 30 ans, exception faite de 1987. En ce qui concerne le Grand Prix du Canada, il n’avait été absent du calendrier qu’à deux reprises ces 41 dernières années, soit en 1975 et 1987.

En effet, dans la nuit de samedi à dimanche se déroulait le Grand Prix d’Australie, qui accueille la première manche de la saison depuis 1996, lorsque le circuit de Melbourne remplaça celui d’Adélaïde. Dès les essais libres et la séance de qualifications, on savait que la donne avait changée.

Autant la formation sur la grille de départ que celle qui a franchit le fil d’arrivée étaient rafraîchissantes. Les écuries qui ont connu du succès à Melbourne ne pouvait en espérer autant les années précédentes, sauf lorsqu’une météo capricieuse nuisait aux écuries de pointe qu’étaient Ferrari et McLaren Mercedes. Le doublé Brawn GP, héritière de la défunte Honda Racing F1 Team, laquelle accumulait les malheurs depuis quelques années, fut tout simplement enlevant.

Parmi les meilleurs des écuries aussi inattendues que Toyota, RBR-Renault et STR-Ferrari, des pilotes non invités tels que Jensen Button, Rubens Barrichello, Sebastian Vettel et Jarno Trulli. Dans les habitués du podium, seuls Lewis Hamilton (McLaren-Mercedes) et Fernando Alonzo (Renault) sont parvenus à performer. Kimi Raïkkonen et Felipe Massa, chez Ferrari, ont été forcés à l’abandon aux 55e et 45e tours respectivement.

De nouvelles règles techniques et sportives qui sont tantôt bien reçue, comme le regroupement de la formation derrière la voiture de sécurité qui évite aux meneurs d’être coincés derrière les retardataires lors de la reprise. Tantôt suscitant des controverses, comme la modification de l’extracteur-diffuseur par certaines écuries, amélioration qui ne suffit toutefois pas à expliquer à elle seule les succès de Melbourne, du moins en ce qui concerne Brawn-Mercedes.

Les voitures ont été redessinées. Aileron arrière rétréci et surélevé, aileron avant rabaissé et élargi. Le développement aérodynamique a été restreint, notamment par une limite de temps en soufflerie, ce qui donne des voitures d’apparence plus simpliste, mais ô combien fort jolies, et qui créé un certain équilibre entre les écuries. Ma préférée de la saison au niveau visuel: la Force India-Mercedes.

Giancarlo Fisichella et Adrian Sutil (Force India-Mercedes)
Giancarlo Fisichella et Adrian Sutil (Force India-Mercedes)

Bien que la rumeur du rachat de Honda par le fondateur de Virgin, Richard Branson, soit tombée à l’eau lorsque Ross Brawn, directeur technique chez Ferrari (1997-2006) puis chez Honda (2007-2008), compléta la transaction. L’implication de Bronson en F1 est cependant toujours de mise, puisqu’il est non seulement le principal (et premier) commanditaire de Brawn GP, mais il amène avec lui l’important projet de développer un carburant propre, qui serait déjà à un stade avancé.

Pour terminer, que penser de la rumeur lancée par Christian Tortora sur RDS, dont la qualité de ses interventions sonores ont été améliorées à un point qu’on le croyait en studio avec Pierre Houde et Bertrand Houle, selon laquelle le GP du Canada pourrait être de retour à Montréal en octobre de cette année ? Même si les autorités du GP d’Abu Dhabi n’avaient pas nié, pourrions-nous vraiment y donner foi ? Et si l’intention s’avérait effective, voudrions-nous être les bouche-trous de Bernie Ecclestone ?

Personnellement, je fais plus confiance au pouvoir grandissant de la FOTA, l’association des équipes de la F1. Les écuries, soit de par leur constructeur, soit de par leurs commanditaires, conservent des intérêts en Amérique du Nord et l’absence de l’épreuve sur cette partie du continent les déplaît énormément. Il est plus probable qu’au cours des prochaines années, la FOTA exige le retour de la F1 aux États-Unis (Las Vegas ?) et qu’afin de maximiser le voyagement, un grand prix à Montréal lui soit jumelé.

Je trouve ça dommage

7 octobre 2008 Gradlon 3 commentaires

La ville de Montréal n’apparaît pas sur le calendrier 2009 de la Formule 1. Je trouve ça vraiment dommage, et en croire les blogues dont j’ai souscrit aux fils RSS, je suis bien le seul. Je n’ai aucun argument objectivement viable pour défendre ce sport (les pilotes doivent s’entraîner tous les jours pour garder un corps en bonne santé et les mécaniciens fournissent des efforts physiques non négligeables dans les paddocks).

Je n’avais jamais eu l’occasion d’aller voir le Grand Prix de Montréal sur le site, mais j’espérais m’offrir ce spectacle pour la première fois en 2009. Faut croire que ce sera une autre année et peut-être pas en sol américain.

Tout cela en bien plate… mais ça ne m’empêchera pas de dormir ce soir ;)