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Archive for the ‘Histoire’ Category

Nouvel habillage

14 mars 2009 Gradlon 6 commentaires

Je suis comme ça ! J’aime changer de décor fréquemment, bien qu’il s’agisse d’un adverbe au concept plutôt relatif. Quoiqu’il en soit, à l’approche de l’été et des beaux-jours, au retour imminent à des couleurs plus diversifiées, j’ai choisi d’adopter un thème un peu plus ensoleillé. De même, j’ai opter pour un changement d’en-tête afin que non seulement il s’accorde mieux avec la palette du thème, mais également afin d’illustrer quelque chose de plus lumineux.

Bien que ce facteur ne soit pas observable à partir de ma bannière, celle-ci représente en fait un lieu extérieur. Il s’agit d’une gravure de Jean-Baptiste Le Père, architecte français (1761-1844) que Bonaparte avait emmené en Égypte en 1798. Il participa ensuite à l’écriture de Description d’Égypte, d’où est tiré l’oeuvre. La voici donc en version intégrale:

«Vue perspective intérieure coloriée, prise sous le portique du Grand Temple.» Jean-Baptiste Le Père

Vous trouverez ici un plan de l’île de Philaé, l’un des complexes religieux les plus tardifs de l’Égypte antique. Les premières traces remontent à l’époque du pharaon lybien Amasis (571 à 526 AEC1, donc assez tard), mais la plupart des temples qui nous sont parvenus sont le fruit d’une entreprise de reconstruction massive des lieux de cultes par Nectanébo 1er aux alentours de 370 AEC, alors que l’Égypte traversait une période de prospérité. Rappelons qu’à titre comparatif, l’époque ramesside s’était étendue de 1295 à 1069 AEC alors que les Ptolémées étaient arrivés en 323 AEC.

Enfin, si le sujet vous intéresse, je vous invite à consulter une version numérisée et gratuite de Description de l’Égypte.

1. «Avant l’ère commune». Il s’agit d’une notation encore peu courante, loin d’être unanime malgré un usage croissant et qui se veut plus neutre quoique définitivement inspirée par la traditionnelle division chronologique chrétienne basée sur la naissance du Christ. L’opposé de AEC (ou AÈC) est simplement EC (ou ÈC).

Dans le secret des villes

4 octobre 2008 Gradlon 5 commentaires

Depuis la fin du mois d’août, la chaîne spécialisée Historia présente une toute nouvelle émission : Dans le secret des villes. Version doublée en français de la série étasunienne Cities of the Underworld diffusée sur la chaîne History, Dans le secret des villes visite l’histoire des plus grandes cités de ce monde d’un point de vue tout à fait original : son souterrain.

Cities of the Underwold

L’histoire est une science qui s’avère souvent fastidieuse aux yeux de nombreuses personnes. Beaucoup d’étudiants intéressés par le cours sur l’histoire du monde occidental en secondaire deux perdent tout attachement lorsqu’arrive le cours sur l’histoire du Canada en quatrième. La matière devient plus lourde et est souvent expliquée de façon monocorde et monotone.

L’une des meilleures façons de capter l’attention des gens est de les aborder par la bande, en se servant d’un intérêt qu’ils manifestent pour un autre sujet. Par exemple, un intérêt marqué pour les jeux de stratégie médiévale, que ce soient des jeux informatiques ou des grandeurs natures, permet de développer une curiosité qui est susceptible de mener vers l’histoire scientifique.

Vous remarquerez que j’ai pesé mes mots dans la dernière phrase, m’abstenant de la court-circuiter et de prétendre d’emblée, par exemple, qu’une passion pour les grandeurs natures mènent à une soif de connaissances historiques. Si certains se nourriront d’un nouveau savoir scientifique, d’autres risquent d’en être déçus et préféreront se contenter de leur univers irréaliste, mais fantastique.

Néanmoins, il s’agit d’une manière de parvenir à piquer la curiosité des gens. Ainsi, Dans le secret des villes utilise un phénomène plutôt récent sur l’échelle de l’humanité et qui gagne en popularité : l’exploration urbaine. Si cette activité ne se limite pas au monde souterrain et s’étend à une panoplie d’endroits difficiles d’accès, le sous-sol demeure l’un des terrains qui lui soit le plus propice.

La série peut également accrocher l’intérêt des spéléologues amateurs, car certains sites visités se rapprochent davantage de l’exploration de cavernes que de l’excursion archéologique. Ce fut notamment le cas de l’épisode consacré à Budapest, alors que la moitié de l’émission est consacrée aux nombreuses grottes naturelles qui sillonnent le sous-sol de la capitale hongroise. Cette portion nous démontre également les défis que doivent relever les autorités municipales tandis que le sol s’effrite sous leurs pieds.

La seconde moitié de l’émission nous explique comment les occupants de la ville ont su profiter de ce cadeau empoisonné de la nature. Les romains y construisirent des thermes tandis que la ville s’appelait Aquincum. Moins glorieux, les nazis utilisèrent les cavernes de Castle Hill afin d’aménager un hôpital militaire secret, le Sziklakorhaz (hôpital dans la roche), doublé d’un abri anti-bombe, ayant servi à traiter les blessés lors du siège soviétique de 1944 (Bataille de Budapest).

Hôpital dans la roche

Dans le secret des villes détient donc un ingrédient essentiel pour initier de nouveaux adeptes à l’histoire. De plus, de magnifiques reconstitutions en trois dimensions permettent aux téléspectateurs de se mettre sous les yeux autres choses que des ruines qui sont parfois trop abstraites pour les néophytes. Toutefois, l’authenticité historique de la série ne fait pas l’unanimité et plusieurs internautes dénotent des erreurs dans le forum officiel de l’émission sur le site de History Channel.

À la défense des détracteurs, il est bon de mentionner que les hôtes ne sont pas des historiens, mais plutôt des aventuriers. J’emploierai ce même argument pour défendre les hôtes et ajouterai que l’objectif premier de la série, bien qu’elle soit produite et diffusée sur une chaîne historique, est d’embarquer l’auditoire dans des aventures souterraines. L’histoire vient compléter le tableau sans toutefois être aussi approfondie, tant en qualité qu’en quantité, qu’un documentaire entièrement consacré à elle.

À mon sens, Dans le secret des villes demeure un excellent moyen d’emmener des gens à apprécier l’histoire alors que d’ordinaire, ils l’éviteraient comme la peste bubonique. À l’instar des jeux médiévaux tels que les grandeurs natures, certains désireront peut-être explorer plus sérieusement les différents thèmes historiques abordés, alors que d’autres passeront à autres choses l’épisode terminé.

Photos: Amazon.com (haut) et Hungarian National Tourist Office (bas).

John Adams: épisodes 2 et 3

22 août 2008 Gradlon 1 commentaire

Hall de l'Indépendance, Philadelphie, PennsylvanieVoilà maintenant trois semaines que la chaîne spécialisée SuperÉcran diffuse la télésérie étasunienne John Adams. Alors que le premier épisode se penchait sur le Massacre de Boston et le Boston Tea Party, les deuxième et troisième se consacrent respectivement à la Déclaration d’Indépendance et la quête d’appui militaire auprès de la France.

Loin d’être un spécialiste de l’histoire étasunienne, j’en connais toutefois assez pour trouver une certaine cohérence historique dans ces épisodes.

D’abord, la route menant à la Déclaration d’indépendance étasunienne ne fut pas une sinécure. Plusieurs états continuaient à manifester une loyauté solide envers la Couronne britannique, espérant obtenir une sorte de pardon conditionnel (imposé tant par Londres que Philadelphie) jusqu’à la dernière minute. D’autres, dont le Massachusetts de John et Samuel Adams, avaient perdu tout espoir de paix diplomatique avec la Grande-Bretagne et leur patience envers les états «loyalistes» s’effritaient comme des biscuits soda.

On peut ressentir le respect entre les différents clans qui se tient malgré les divergences, passant toutefois à certain moment près de l’éclatement. La tension est palpable, notamment lors d’une longue nuit de débats et lors de la dernière séance, celle de la ratification, alors que le personnage de John Dickinson livre un discours traduisant l’angoisse de plusieurs à l’égard d’une sécession. Étrangement, ses paroles m’apparurent beaucoup plus persuasives que celle, victorieuses, de John Adams. Peut-être est-ce dû à la performance percutante dans sa retenue de l’acteur slovène Zeljko Ivanek, alors que Paul Giamatti, malgré son talent, semblait en mettre un peu trop côté pleurnichage.

Une grande part de l’épisode met l’accent sur la rédaction, par Thomas Jefferson, de la Déclaration d’Indépendance. Ce segment permet, d’une part, d’admirer le sens politique aiguisé de Benjamin Franklin, merveilleusement incarné par Tom Wilkinson (il fut à la hauteur de mes attentes), ainsi que de mesurer toute la portée des mots, lesquels devaient être choisis avec la plus grande circonspection.

Dans le troisième épisode, nous explorons les relations ambiguës entre les États-Unis et la France, ainsi que le rôle que joua John Adams dans les négociations visant à obtenir l’assistance militaire française. Ce moment nous démontre à quel point ces pays, malgré un ennemi commun, étaient diamétralement opposés, culturellement parlant. Adams incarne le puritain par excellence, qui est d’abord désarçonné, puis fortement agacé, par le comportement hautement libertin, et pourtant conservateur sur les bords (monarchie), des Français.

Franklin, comme toujours, porte en lui la tempérance diplomatique. Si l’on peut un moment douter des motivations qui le poussent à côtoyer la cour de Versaille, le dénouement ne peut que balayer la moindre interrogation.

Malgré la justesse de la recréation historique, tant dans les costumes, les décors et les moeurs, John Adams n’est pas à l’abri des anachronismes et des erreurs factuelles, telle que le démontre la page des erreurs de sa fiche technique sur IMDb. Même si je suis un néophyte en matière d’histoire étasunienne, je n’en demeure pas moins initié au sens critique. Si je ne peux ni juger tous les aspects historiques de la série, je ne peux non plus vérifier toutes ces erreurs, relevées généralement par les cinéphiles (IMDb est davantage un Wikipédia qu’une encyclopédie).

Jusqu’à présent, le travail me semble viable, mais pas incontestable.

Ce qui est dommage, mais c’est en même temps le but de l’exercice narratif, c’est que tout est centré sur John Adams et sa femme. Ainsi, ce dont John et Abigail ne sont pas directement témoins, les téléspectateurs ne le sont pas davantage. Il en résulte qu’on est parfois précipité dans la chronologie, comme cette défaite britannique à Yorktown, qui marqua la fin de la guerre britannico-étasunienne, que l’on apprend via une missive envoyée à Abigail, alors qu’on ne se doute même pas que Français et Étasuniens en sont en venus à un accord susceptible de mener à la victoire :!:

M’enfin, à l’instar de Frères d’armes, John Adams est d’abord et avant tout une oeuvre artistique inspirée d’un livre rapportant des événements historiques. Et à l’instar du premier, on pardonne rapidement au second ses quelques écarts.

Importation de billets: décembre 2006

J’ai quatre billets à suggérer concernant décembre 2006.

Le 3 décembre, je réagissais, comme bien des gens, à la victoire surprise de Stéphane Dion à la tête du Parti libéral du Canada dans L’improbable dénouement. Mon discours changerait aujourd’hui!

Dans ma Revue du 7 décembre, j’aborde le sujet de l’honneur accordé à un ancien membre des Black Panthers accusé du meutre d’un policier (possible lien avec les événements de Montréal-Nord, mais je n’approfondirai pas) et le cas de Keith Ellison, premier mulsulman élu au Congrès étasunien et qui voulait prêter serment sur le Coran plutôt que la bible, ce qui n’est pas sans faire penser à la crainte des étasuniens de découvrir que Barack Obama pourrait, un jour, vaguement, flirté avec l’islam.

La veille de Noël, le Conseil de sécurité de l’ONU adoptait à l’unanimité des sanctions contre l’Iran, pays en quête de la technologie nucléaire. Un peu comme les nombreux reproches adressés ces temps-ci à la Chine, les membres du Conseil d’alors, dont ce même pays, agissaient en Coordonniers mal chaussés.

C’est la triste réalité de la destruction du patrimoine irakien, et par extension du patrimoine mondial, par les GI’s étasuniens qui m’avait inspiré le billet Berceau de la civilisation. Ce papier ne contient aucune critique sociale ou politique, mais c’est mon premier billet sur l’histoire et ma première tentative de vulgarisation.

Bonne lecture.