Archive

Archive for the ‘Plein air’ Category

Au poste dès vendredi

AnnapurnaL’idée d’ouvrir un poste de Pionniers dans notre petite ville germait depuis longtemps, mais prit du sérieux il y a un peu plus d’un an, lorsqu’il devint évident que nous allions avoir de jeunes prospects. Ces derniers se considéraient d’ailleurs déjà Pionniers alors qu’il leur restait une saison entière à passer chez les Éclaireurs ! Quant à l’équipe d’animation, il nous fallut attendre au printemps pour confirmer notre participation. Nous avions nos raisons de demeurer prudents, mais du moment où nous avions officialisé, nous mettions la machine en fonction.

Mon co-animateur et moi nous sommes rencontrés à quelques reprises afin préparer notre rôle, car non seulement devrons-nous agir à titre d’accompagnateurs, nous devrons également, pour les premiers mois du moins, remplir un rôle similaire à celui des petites roues sur un vélo d’enfant. Aussitôt que l’enfant maîtrisera sa bicyclette, nous pourrons réduire notre rôle d’animation à «point de repère» et «balise».

Hier soir, nous avons participé à notre premier conseil d’animation à titre d’animateurs pionniers. Comme le concept du pionniérisme tend à favoriser l’implication des jeunes dans la prise de décisions, nous nous sommes contentés d’organiser la montée et de fixer quelques dates qui ne pouvaient attendre (ex.: montée, portes ouvertes, vente de calendriers). Pour le reste, nous nous sommes contentés d’informer les autres animateurs de notre plan d’action et soumettrons les propositions retenues à nos jeunes.

La montée aura lieu vendredi. J’aurai le double rôle de souligner le départ des anciens Éclaireurs et de les accueillir au sein du poste. Immédiatement après cette cérémonie de groupe se tiendra notre première réunion officielle. Nous espérons du beau temps afin de nous offrir un magnifique feu, à défaut de quoi nous pourrons utiliser le local, et nous dormirons sur place. Nous ne prévoyons pas poursuivre la réunion le samedi matin; seulement déjeuner et finaliser les aspects abordés la veille.

Le plus important durant les premières semaines ne sera pas de déterminer ce que nous souhaiterons faire durant la saison. En termes d’activités, les grandes lignes ont déjà été non-officiellement tracées par les jeunes et l’équipe d’animation. Le poste souhaite vivre une survie de 48 heures à l’automne et du camping d’hiver vers février. Nous avons convenu que ces deux activités se dérouleront conjointement avec les Éclaireurs par souci d’entraide; le poste est tout nouveau et l’équipe d’animation éclaireure est entièrement renouvelée.

Les priorités sont plus d’ordres administratifs et fonctionnels. L’animation doit instruire les jeunes sur le fonctionnement d’un poste pionnier. Ensemble, nous devons choisir un nom, établir les règlements généraux, fixer quelques dates, dresser un plan pour les campagnes de financement et, surtout, discuter de nos attentes et nos rôles personnels au sein du poste. Ce dernier point est primordial pour les animateurs, car les jeunes ont une tendance à manifester un enthousiasme plus émotif que pragmatique et comprennent parfois les choses de la façon dont ils le veulent bien… particulièrement en ce qui concerne le rôle des adultes !

Je suis certain que tout va bien aller. Les défis à relever sont nombreux et apporteront leur lot d’infortunes, mais je suis confiant qu’au bout du compte, nous pourrons bâtir un beau poste fonctionnel.

Image: michaelj256 — Il s’agit du mont Annapurna 1, ayant inspiré la plus haute décoration (badge) qu’un poste peut obtenir à la suite d’une entreprise exceptionnelle. La montagne représente le défi symbolique de la branche pionnière.

Plus que deux dodos

16 juillet 2009 Gradlon 4 commentaires

Falaises de Grande GraveLe camp d’été de la troupe où j’anime est presque arrivé. Samedi matin, je pars avec mes deux co-animateurs et nos quatre éclaireurs pour un tour de la Gaspésie de six jours, encadré par deux jours de «grand route»  pour combler la distance entre notre région et la péninsule. J’ai hâte comme ça faisait longtemps que je n’avais pas eu hâte de me rendre à un camp (d’été) scout.

Première activité: longue randonnée pédestre dans le parc de la Gaspésie. 28 kilomètres de sentiers entre le Lac Cascapédia et le gîte du mont Albert. Bien sûr, la marche culminera au sommet de ce dernier, moins élevé que son frère le mont Jacques-Cartier, mais aussi moins touristique et plus satisfaisant pour nous. Les pronostics météos sont décevants pour dimanche, mais encourageants pour lundi. Mieux vaut de la pluie dimanche et du soleil lundi que l’inverse, quoique du beau temps les deux jours seraient encore mieux!

Le mardi, nous allons visiter les mines d’agates du mont Lyall. Le mercredi, nous aurons une journée chargée: exploration des baleines le matin et équitation en après-midi, l’un à partir du parc Forillon, l’autre à l’intérieur même. Le jeudi, nous observerons le Rocher Percé, désormais totalement interdit d’accès, ce qui réduit considérablement le temps que nous avions prévu consacrer à cette activité. En après-midi, direction St-Elzéar pour une visite de la grotte. En soirée, nous aurons le loisir de nous baigner et dormir au bord de la baie des Chaleurs.

Vendredi, nous visiterons le parc de Miguasha, avec un guide, en matinée. Nous quitterons le parc en après-midi, direction Rivière-du-Loup, avec un arrêt à Val-Brillant pour souper au bord du lac Matapédia. La nuit de vendredi à samedi sera notre seule en chalet. Enfin, le samedi, dernière journée de «grand route», nous ramenant à la maison, avec une escale à Lévis pour dîner «chez le chinois», respectant ainsi l’une des plus solides traditions de notre troupe.

Il va sans dire que la longue randonnée est l’activité à laquelle j’ai le plus hâte de participer. La visite de Miguasha capte également beaucoup mon intérêt. Les mines du mont Lyall et l’équitation à Forillon seront probablement des activités plaisantes, que je n’aurais cependant pas sélectionnées personnellement. Les grottes de St-Elzéar et les baleines seront des activités plaisantes à refaire, même si du neuf restera toujours plus captivant que du déjà vu.

Enfin, je suis assez déçu qu’on ne puisse plus se rendre à pieds au Rocher Percé. Je comprends les impératifs de la sécurité, ce qui ne calme qu’à moitié ma frustration. Des activités que j’avais déjà faites en Gaspésie, c’était celle que j’avais le plus envie de refaire. Dommage !

Un beau camp en perspective. Après un jamboree plutôt médiocre en 2007 et un camp de canot-camping formidable (en faisant abstraction de mes propres dispositions morales de l’époque), mais physiquement exigeant, dans la sauvagine de la Vérandrye, nous méritons bien de nous payer un camp un peu plus touristique et calme…

(Photo: Myrique Baumier)

Sentier des Deux Criques

11 juillet 2009 Gradlon 4 commentaires

Vue sur le Saint-Maurice, sentier des Deux Criques

Longueur: 17 km (boucle)
Dénivelé: 200 m (6-7 heures)
Difficulté: Intermédiaire (difficile selon Parc Canada)

Le sentier des Deux Criques, le plus long du parc national du Canada de la Mauricie, m’a servi quelques leçons.

D’abord, les nuits écourtées, ça passe encore pour les sentiers plus courts et/ou faciles, mais sont inacceptables la veille d’une randonnée de 17 kilomètres ponctuée de nombreuses montées abruptes. Un petit muffin au chocolat en guise de déjeuner, voilà qui est tout aussi insuffisant. Enfin, bâtons de marche et liners ne sont pas du luxe; débuter avec les premiers, quitte à les ranger en fin de parcours, et ne pas négliger les seconds, voilà un judicieux apprentissage.

Vous vous en doutez, je l’ai trouvée ardue, cette randonnée. Il est vrai que le sentier des Deux Criques ne s’adresse pas aux débutants, mais il n’est pas nécessaire d’être un expert pour s’y frotter. Une bonne préparation physique, ce qui me manquait visiblement, est toutefois essentielle. Le dénivelé semble, de prime abord, insignifiant, mais les ascensions sont fréquentes, quoique pas régulières, et assez escarpées. Étant donné qu’il s’agit d’une boucle, tout ce qui monte redescend… avec la même austérité.

Le sentier est diversifié à souhait. Le premier kilomètre se fait à l’intérieur d’une zone incendiée, peuplée d’un sapinage touffu. Plus loin, le sentier emprunte une crête séparant deux dépressions (les criques), mais demeure assez large pour être sécuritaire. Les mollets et les genoux sont déjà mis à l’épreuve, car la descente est longue et prononcée. D’ailleurs, des escaliers, plus ou moins sûrs, ponctuent régulièrement le sentier sur les tronçons qui seraient impraticables autrement.

Au niveau du ruisseau Bouchard, que l’on traverse à gué (un pont est prévu), le sentier se sépare pour former la boucle. Une bonne montée nous amène aux premiers points de vue. Les deux kilomètres et demi suivant sont assez faciles et mènent au bout du lac la Dam et… les seules toilettes sèches du parcours. Celui-ci longe brièvement le ruisseau du Fou avant d’entreprendre une sérieuse ascension de 1.2 km vers le troisième point de vue. On a ensuite aisément accès à deux points de vue, accessoires, puis on traverse une coulée d’eau avant de monter vers le belvédère du lac Rosoy, le plus beau point de vue du sentier.

Le plaisir ne s’arrête pas au lac Rosoy, mais il décroît considérablement par la suite. Les 1.8 kilomètres qui mènent au dernier point de vue, magnifique aperçu du Saint-Maurice, paraissent interminables, bien qu’assez faciles. On patauge dans un océan d’arbustes à peine plus hauts qu’un homme et assez resserrés pour empêcher de voir trois mètres en avant. L’expérience est plaisante au début, mais tanne bien vite.

Le tronçon qui termine la boucle propose une très abrupte descente vers le ruisseau Bouchard, qu’on traverse à nouveau et qu’on longe ensuite. Enfin, on reprend, en ascension, la section des deux criques.

Le sentier des Deux Criques est stimulant pour sa diversité, ses nombreux accès à l’eau et des points de vue des plus sauvages. Il est toutefois décevant dans le sens où les points de vue sont presque tous regroupés et assez loin du départ. Il s’agit néanmoins d’un merveilleux sentier, la forêt mauricienne étant toujours magnifique, et constitue une excellente étape préparatoire en vue d’une longue randonnée.

Les Murmures et la Montagne Noire (prise 2)

Ma mère est l’une de personnes avec lesquelles je vais faire mes randonnées pédestres. Tout comme moi, elle n’était pas très en forme au début de l’année. Du haut de ses cinquante ans, sa remise en forme est plus lente et moins concluante que pour moi et mes 26 ans. Donc pour lui faire plaisir, et l’encourager, je choisis parfois des sentiers moins difficiles. Le sentier des Murmures, dans le parc régional de la Forêt Ouareau, appartient à cette catégorie.

Petite île sur le sentier des Murmures

D’une longueur de six kilomètres (douze pour l’aller-retour), le sentier propose une promenade le long de la rivière Ouareau, ponctuée sur ce secteur de nombreux rapides, d’où les «murmures». Son dénivelé n’est pas suffisant pour être calculé par les guides, mais à l’œil, c’est beau si nous nous élevons de deux mètres, et ce, deux ou trois fois sur le sentier. Nous avons mis trois heures pour le parcourir, donc on peut prévoir environ deux heures et demie, peut-être moins, pour le randonneur aguerri.

Tel que mentionné, le principal attrait du sentier sont les méandres de la Ouareau. À mi-chemin, une île, facilement accessible par les roches, procure un magnifique arrêt pour le diner. La saucette est possible à quelques endroits, alors qu’elle est strictement interdite à d’autres, et avec raison. Le tracé est assez large, plus ou moins accidenté, et son encaissement entre les montagnes d’une part et la rivière de l’autre rafraîchit l’air.

Un joli petit parcours pour débutant ou petite famille.

Le sentier de la Montagne Noire est plus difficile, sans être des plus ardus. En avril, j’avais écrit un billet sur ce sentier, mentionnant au passage que l’ascension jusqu’au Liberator avait été difficile et celle jusqu’au sommet, impossible, en raison d’un instable et épais manteau de neige. J’y suis donc retourné, fin juin, afin d’en apprécier la totalité.

Définitivement, il faut attendre la fonte des neiges pour voir les débris de l’avion. Ce que j’en avais vu en avril n’était que la pointe de l’iceberg. D’ailleurs, le sentier prend une autre forme à cet endroit, proposant des parcours alternatifs afin de vraiment tout voir. C’en est un peu mêlant, car ces détours nous écartent des indications, dont celle signalant le chemin menant au belvédère. La vue y est plus resplendissante, moins terne, comme vous pourrez le constater sur le prochain cliché, pris du même angle que celui dans le billet d’avril.

Belvédère de la Montage Noire

Le sommet est, en revanche, plus décevant. L’hiver, l’absence de feuillage dévoile un certain point de vue, alors qu’en été, on n’y voit presque rien.

Au niveau de la difficulté, il va s’en dire que c’est plus facile en juin qu’en avril. Le parcours est physiquement moins épuisant, puisqu’on ne se bat plus contre la neige, mais est cependant plus exigeant au niveau du cardio, en raison des nombreuses roches. D’ailleurs, ceux qui ont des problèmes de genoux risquent d’en souffrir.