L’Iran, l’Occident et moi

Ce qui se produit actuellement en Iran est à la fois magnifique et tragique.
Magnifique, parce que les Iraniens considérant irrégulières les récentes élections décident de se faire entendre haut et fort, sans intermédiaire, sans interférence bureaucratique. Qu’ils s’agissent de pro-Ahmadinejad qui croient que les pro-Moussavi essaient de leur imposer un candidat au détriment de la démocratie ou des pro-Moussavi qui croient qu’Ahmadinejad leur a volé les élections, ils choisissent de faire valoir leurs intérêts plutôt que de se complaire dans l’incertitude.
Tragique, parce que cela se traduit par des affrontements violents entre antagonistes, une répression brutale (lire dictatoriale) et une cacophonie qui rend très long et coûteux le chemin vers un aboutissement, lequel n’est pas assuré d’être positif.
L’Occident regarde. Une sorte de mouvement vert (couleur associée à l’Islam) a gagné Twitter, ce que certains, dont le blogueur AntiPollution, condamnent, notamment en mettant en garde l’Occident contre la tentation d’interférer dans les affaires iraniennes, sous peine de se faire servir la même médecine en retour. Le désir d’ingérence du Canada semble évident, alors qu’au sud, Obama demeure prudent malgré les pressions intérieures.
Elle m’apparaît complexe, la question autour de ce que les puissances occidentales peuvent ou ne peuvent pas dire et faire. Dans l’état actuel de la situation (notez que je n’ai pas lu mes fils de nouvelles aujourd’hui), les gouvernements occidentaux doivent faire preuve de retenue. Mes raisons diverges un peu de celles d’AntiPollution, dans le sens où l’ingérence de pays tels que l’Iran dans nos affaires est déjà une réalité.
Ma raison principale est plutôt que les gouvernements sont composés de gens qui représentent une large gamme d’intérêts et d’opinions. Mon gouvernement n’a pas le droit d’assumer à la face du monde que tous les Canadiens endossent ses déclarations et politiques. Le gouvernement se doit donc d’être prudent dans ses déclarations et ses membres, veiller à ce que leurs opinions ne deviennent pas la voix officielle du pays.
Moi, je n’ai pas à être ainsi prudent.
Le plus grand obstacle de Barack Obama dans sa tentative d’assainir les relations avec l’Iran porte un nom: Mahmoud Ahmadinejad. Ce n’est pas parce que je désapprouvais la politique internationale de George W. Bush, son pire ennemi, que ce type allait automatiquement devenir mon ami. La doctrine «les ennemis de mes ennemis sont mes amis», très peu pour moi.
Ahmadinejad m’apparaît comme un rétrograde fanatique et un danger pour la stabilité au Moyen Orient, au même titre que l’est une Israël entre les mains de Netanyahou ou des États-Unis sous la férule d’un Bush. D’après moi, l’antagonisme entre les États-Unis et l’Iran (dans une plus large mesure, le monde musulman) étant sa principale raison d’être, je doute qu’Ahmadinejad accomplisse un jour sa part d’efforts vers une paix américano-iranienne.
Ceci dit, ce n’est pas à moi ni à mon gouvernement d’imposer un candidat aux Iraniens, que ce soit par la menace ou la propagande. S’ils choisissent un président que l’Occident n’approuve pas, ce dernier devra composer avec, dans le respect. Si ce choix doit mener à l’isolation de l’Iran dans ses relations avec l’Occident, il faut que ça vienne de Téhéran, à travers son comportement en matière de politique internationale, et non d’un désir occidental de punir ou dicter la conduite les Iraniens.
(Image: The Boston Globe)









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