Des nouvelles du poste
Le poste Pionnier de mon groupe scout et au sein duquel j’anime existe maintenant depuis environ un mois. Les premières rencontres ne furent pas les plus faciles, articulées essentiellement autour de formalités et peu actives, mais furent constructives et stimulantes, du moins pour une bonne partie des membres. Nous avons maintenant une bonne idée des potentiels de nos jeunes et une perspective encourageante de la suite des choses.
Dès la première rencontre, mon co-animateur et moi avions identifié deux jeunes dont l’aventure pionnière s’annonçait courte. La vie de Pionnier exige une certaine maturité, qui peut être acquise au cours de la première année, pour autant que le poste soit bien établi et son fonctionnement, assuré par des vétérans. Or, il n’en est rien en ce qui nous concerne. Tout est à faire, ce qui nécessite une concentration et une patience supplémentaire.
Notre deuxième rencontre a confirmé nos doutes. Bien qu’ils aient été présents et volontaires lorsque furent décidés son horaire et sa nature, les deux jeunes en question se présentèrent en retard et leur contribution fut inexistante. Au contraire, elle dérangea les autres, qui tentaient d’ériger les fondations du poste. À l’heure dîner, ils quittèrent, l’un pour une raison viable, l’autre pour une raison plus obscure.
Il est vrai que cette rencontre ne fut pas aisée. Elle s’étendit sur sept heures durant lesquels nous étions presque toujours assis. Pour la plupart, il s’agissait d’une première expérimentation des règles de fonctionnement d’une assemblée constituante, un aspect non officiel du programme Pionnier, mais répandu du fait que le conseil de poste fonctionne un peu comme un C.A. et qu’on prépare ainsi le jeune à un mode de prises de décisions très fréquent dans le «monde des adultes».
Explications, discussions et prises de décisions, le tout à l’intérieur d’un processus technique nouveau, voilà qui avaient de quoi en décourager certains; les plus hyperactifs, sans surprises. Il faut ajouter à cela que le retard de ces deux jeunes eut des conséquences plus désagréables que prévues.
Notre local habituel avait été investi par les AA, ce qui engendra notre relocalisation. Le poste avait alors plusieurs choix, mais il fut choisi unanimement de laisser les retardataires vivre les conséquences de le retard. Le poste voulait qu’ils comprennent que s’ils s’engagent sciemment à être présents à neuf heures du matin, mais qu’ils désirent dormir plus tard (leur raison non dissimulée), le Poste ne saurait freiner son bon fonctionnement pour eux.
Je suis conscient que la perte de ces deux jeunes est le fruit d’un concours de circonstances. Dans un contexte différent, ils auraient peut-être eu leur place au sein du poste. L’envers positif de la médaille est que les jeunes qui sont restés sont assurément les plus matures et les plus disposés à faire rouler rondement le poste. D’ailleurs, dès la troisième rencontre, ils manifestaient une maîtrise accrue de ses rouages.
Les dates, la nature et l’endroit des camps d’automne et d’hiver sont décidés. Plusieurs idées de campagnes de financement ont été lancées et nous en avons déjà une de prévue (plutôt lucrative, d’ailleurs). Une corvée de bois avec coucher d’une nuit est organisée. Les fonctions clés du conseil de poste ont été comblées: président, secrétaire, trésorier, archiviste-recherchiste et responsable du matériel. Nous avons progressé dans l’élaboration de notre charte de poste. Enfin, tous semblent s’enligner lentement vers une vision commune pour l’entreprise d’été, la plus importante.
Je pense qu’en procédant ainsi, le poste se donne les outils pour perdurer plutôt que de n’être qu’un «trip» de gang — presque tous les jeunes sont des amis qui font du scoutisme ensemble depuis plusieurs années — éphémère. Cette première année d’existence s’amorce et s’annonce plutôt bien, ce qui apaise certaines inquiétudes que mon co-animateur et moi avions.












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