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Archive for the ‘Scoutisme’ Category

Des nouvelles du poste

25 septembre 2009 Gradlon 2 commentaires

Le poste Pionnier de mon groupe scout et au sein duquel j’anime existe maintenant depuis environ un mois. Les premières rencontres ne furent pas les plus faciles, articulées essentiellement autour de formalités et peu actives, mais furent constructives et stimulantes, du moins pour une bonne partie des membres. Nous avons maintenant une bonne idée des potentiels de nos jeunes et une perspective encourageante de la suite des choses.

Dès la première rencontre, mon co-animateur et moi avions identifié deux jeunes dont l’aventure pionnière s’annonçait courte. La vie de Pionnier exige une certaine maturité, qui peut être acquise au cours de la première année, pour autant que le poste soit bien établi et son fonctionnement, assuré par des vétérans. Or, il n’en est rien en ce qui nous concerne. Tout est à faire, ce qui nécessite une concentration et une patience supplémentaire.

Notre deuxième rencontre a confirmé nos doutes. Bien qu’ils aient été présents et volontaires lorsque furent décidés son horaire et sa nature, les deux jeunes en question se présentèrent en retard et leur contribution fut inexistante. Au contraire, elle dérangea les autres, qui tentaient d’ériger les fondations du poste. À l’heure dîner, ils quittèrent, l’un pour une raison viable, l’autre pour une raison plus obscure.

Il est vrai que cette rencontre ne fut pas aisée. Elle s’étendit sur sept heures durant lesquels nous étions presque toujours assis. Pour la plupart, il s’agissait d’une première expérimentation des règles de fonctionnement d’une assemblée constituante, un aspect non officiel du programme Pionnier, mais répandu du fait que le conseil de poste fonctionne un peu comme un C.A. et qu’on prépare ainsi le jeune à un mode de prises de décisions très fréquent dans le «monde des adultes».

Explications, discussions et prises de décisions, le tout à l’intérieur d’un processus technique nouveau, voilà qui avaient de quoi en décourager certains; les plus hyperactifs, sans surprises. Il faut ajouter à cela que le retard de ces deux jeunes eut des conséquences plus désagréables que prévues.

Notre local habituel avait été investi par les AA, ce qui engendra notre relocalisation. Le poste avait alors plusieurs choix, mais il fut choisi unanimement de laisser les retardataires vivre les conséquences de le retard. Le poste voulait qu’ils comprennent que s’ils s’engagent sciemment à être présents à neuf heures du matin, mais qu’ils désirent dormir plus tard (leur raison non dissimulée), le Poste ne saurait freiner son bon fonctionnement pour eux.

Je suis conscient que la perte de ces deux jeunes est le fruit d’un concours de circonstances. Dans un contexte différent, ils auraient peut-être eu leur place au sein du poste. L’envers positif de la médaille est que les jeunes qui sont restés sont assurément les plus matures et les plus disposés à faire rouler rondement le poste. D’ailleurs, dès la troisième rencontre, ils manifestaient une maîtrise accrue de ses rouages.

Les dates, la nature et l’endroit des camps d’automne et d’hiver sont décidés. Plusieurs idées de campagnes de financement ont été lancées et nous en avons déjà une de prévue (plutôt lucrative, d’ailleurs). Une corvée de bois avec coucher d’une nuit est organisée. Les fonctions clés du conseil de poste ont été comblées: président, secrétaire, trésorier, archiviste-recherchiste et responsable du matériel. Nous avons progressé dans l’élaboration de notre charte de poste. Enfin, tous semblent s’enligner lentement vers une vision commune pour l’entreprise d’été, la plus importante.

Je pense qu’en procédant ainsi, le poste se donne les outils pour perdurer plutôt que de n’être qu’un «trip» de gang — presque tous les jeunes sont des amis qui font du scoutisme ensemble depuis plusieurs années — éphémère. Cette première année d’existence s’amorce et s’annonce plutôt bien, ce qui apaise certaines inquiétudes que mon co-animateur et moi avions.

Au poste dès vendredi

AnnapurnaL’idée d’ouvrir un poste de Pionniers dans notre petite ville germait depuis longtemps, mais prit du sérieux il y a un peu plus d’un an, lorsqu’il devint évident que nous allions avoir de jeunes prospects. Ces derniers se considéraient d’ailleurs déjà Pionniers alors qu’il leur restait une saison entière à passer chez les Éclaireurs ! Quant à l’équipe d’animation, il nous fallut attendre au printemps pour confirmer notre participation. Nous avions nos raisons de demeurer prudents, mais du moment où nous avions officialisé, nous mettions la machine en fonction.

Mon co-animateur et moi nous sommes rencontrés à quelques reprises afin préparer notre rôle, car non seulement devrons-nous agir à titre d’accompagnateurs, nous devrons également, pour les premiers mois du moins, remplir un rôle similaire à celui des petites roues sur un vélo d’enfant. Aussitôt que l’enfant maîtrisera sa bicyclette, nous pourrons réduire notre rôle d’animation à «point de repère» et «balise».

Hier soir, nous avons participé à notre premier conseil d’animation à titre d’animateurs pionniers. Comme le concept du pionniérisme tend à favoriser l’implication des jeunes dans la prise de décisions, nous nous sommes contentés d’organiser la montée et de fixer quelques dates qui ne pouvaient attendre (ex.: montée, portes ouvertes, vente de calendriers). Pour le reste, nous nous sommes contentés d’informer les autres animateurs de notre plan d’action et soumettrons les propositions retenues à nos jeunes.

La montée aura lieu vendredi. J’aurai le double rôle de souligner le départ des anciens Éclaireurs et de les accueillir au sein du poste. Immédiatement après cette cérémonie de groupe se tiendra notre première réunion officielle. Nous espérons du beau temps afin de nous offrir un magnifique feu, à défaut de quoi nous pourrons utiliser le local, et nous dormirons sur place. Nous ne prévoyons pas poursuivre la réunion le samedi matin; seulement déjeuner et finaliser les aspects abordés la veille.

Le plus important durant les premières semaines ne sera pas de déterminer ce que nous souhaiterons faire durant la saison. En termes d’activités, les grandes lignes ont déjà été non-officiellement tracées par les jeunes et l’équipe d’animation. Le poste souhaite vivre une survie de 48 heures à l’automne et du camping d’hiver vers février. Nous avons convenu que ces deux activités se dérouleront conjointement avec les Éclaireurs par souci d’entraide; le poste est tout nouveau et l’équipe d’animation éclaireure est entièrement renouvelée.

Les priorités sont plus d’ordres administratifs et fonctionnels. L’animation doit instruire les jeunes sur le fonctionnement d’un poste pionnier. Ensemble, nous devons choisir un nom, établir les règlements généraux, fixer quelques dates, dresser un plan pour les campagnes de financement et, surtout, discuter de nos attentes et nos rôles personnels au sein du poste. Ce dernier point est primordial pour les animateurs, car les jeunes ont une tendance à manifester un enthousiasme plus émotif que pragmatique et comprennent parfois les choses de la façon dont ils le veulent bien… particulièrement en ce qui concerne le rôle des adultes !

Je suis certain que tout va bien aller. Les défis à relever sont nombreux et apporteront leur lot d’infortunes, mais je suis confiant qu’au bout du compte, nous pourrons bâtir un beau poste fonctionnel.

Image: michaelj256 — Il s’agit du mont Annapurna 1, ayant inspiré la plus haute décoration (badge) qu’un poste peut obtenir à la suite d’une entreprise exceptionnelle. La montagne représente le défi symbolique de la branche pionnière.

Plus que deux dodos

16 juillet 2009 Gradlon 4 commentaires

Falaises de Grande GraveLe camp d’été de la troupe où j’anime est presque arrivé. Samedi matin, je pars avec mes deux co-animateurs et nos quatre éclaireurs pour un tour de la Gaspésie de six jours, encadré par deux jours de «grand route»  pour combler la distance entre notre région et la péninsule. J’ai hâte comme ça faisait longtemps que je n’avais pas eu hâte de me rendre à un camp (d’été) scout.

Première activité: longue randonnée pédestre dans le parc de la Gaspésie. 28 kilomètres de sentiers entre le Lac Cascapédia et le gîte du mont Albert. Bien sûr, la marche culminera au sommet de ce dernier, moins élevé que son frère le mont Jacques-Cartier, mais aussi moins touristique et plus satisfaisant pour nous. Les pronostics météos sont décevants pour dimanche, mais encourageants pour lundi. Mieux vaut de la pluie dimanche et du soleil lundi que l’inverse, quoique du beau temps les deux jours seraient encore mieux!

Le mardi, nous allons visiter les mines d’agates du mont Lyall. Le mercredi, nous aurons une journée chargée: exploration des baleines le matin et équitation en après-midi, l’un à partir du parc Forillon, l’autre à l’intérieur même. Le jeudi, nous observerons le Rocher Percé, désormais totalement interdit d’accès, ce qui réduit considérablement le temps que nous avions prévu consacrer à cette activité. En après-midi, direction St-Elzéar pour une visite de la grotte. En soirée, nous aurons le loisir de nous baigner et dormir au bord de la baie des Chaleurs.

Vendredi, nous visiterons le parc de Miguasha, avec un guide, en matinée. Nous quitterons le parc en après-midi, direction Rivière-du-Loup, avec un arrêt à Val-Brillant pour souper au bord du lac Matapédia. La nuit de vendredi à samedi sera notre seule en chalet. Enfin, le samedi, dernière journée de «grand route», nous ramenant à la maison, avec une escale à Lévis pour dîner «chez le chinois», respectant ainsi l’une des plus solides traditions de notre troupe.

Il va sans dire que la longue randonnée est l’activité à laquelle j’ai le plus hâte de participer. La visite de Miguasha capte également beaucoup mon intérêt. Les mines du mont Lyall et l’équitation à Forillon seront probablement des activités plaisantes, que je n’aurais cependant pas sélectionnées personnellement. Les grottes de St-Elzéar et les baleines seront des activités plaisantes à refaire, même si du neuf restera toujours plus captivant que du déjà vu.

Enfin, je suis assez déçu qu’on ne puisse plus se rendre à pieds au Rocher Percé. Je comprends les impératifs de la sécurité, ce qui ne calme qu’à moitié ma frustration. Des activités que j’avais déjà faites en Gaspésie, c’était celle que j’avais le plus envie de refaire. Dommage !

Un beau camp en perspective. Après un jamboree plutôt médiocre en 2007 et un camp de canot-camping formidable (en faisant abstraction de mes propres dispositions morales de l’époque), mais physiquement exigeant, dans la sauvagine de la Vérandrye, nous méritons bien de nous payer un camp un peu plus touristique et calme…

(Photo: Myrique Baumier)

10 choses que j’ai apprises sur la randonnée

Sentier du Massif

Cette fin de semaine, j’ai vécu ma première expérience de moyenne randonnée (de par sa longueur et sa durée). En terme de kilométrage, ce que j’ai parcouru dimanche correspond à 35% du total de ce que j’aurai à parcourir cet été en Gaspésie et 71% de ce que je devrai parcourir quotidiennement pendant deux jours. Au terme de ce baptême, voici dix leçons que j’ai apprises:

  1. Les sacs d’expéditions ne sont pas conçus pour ceux qui ont mon type d’embonpoint. Même en serrant la ceinture à m’en couper la circulation, mon sac glissait immanquablement et ramenait tout le poids sur mes épaules. D’ailleurs, les bretelles exerçaient une pression indue sur mes clavicules.
  2. Un sac d’hydratation de 1.5 litres n’est pas suffisant. Un sac de 3 l accompagné d’une bouteille de rechange d’un litre et d’un purificateur d’eau serait plus adéquat.
  3. La nourriture lyophilisée n’est pas un luxe. Elle peut paraître coûteuse a priori, mais elle est plus légère, plus compact, exige moins de matériel et de temps de cuisson et engendre moins de déchet.
  4. Choisir ses vêtements avec diligence. Les vêtements de rechanges sont superflus lorsque les vêtements de bases sont bien choisis. Sur le corps: un pantalon convertible, un chandail léger, un chapeau et un système de bas (liner et bas). Dans le sac: un ensemble imperméable confortable (i.e.: assez pour pouvoir porter les pantalons comme vêtement de rechange) et durable, un second chandail léger, un petit polar et une paire de bas de rechange. Voilà qui devrait suffire.
  5. Plus que trois, c’est comme partir seul. Dans les trop gros groupes, les gens ont tendance à apporter tout ce dont ils auraient besoins s’ils partaient seuls, alors qu’en binômes, le partage du matériel semble plus aisé.
  6. Les conventions de randonneurs, ça s’apprend. La randonnée pédestre étant l’une des activités de plein air les plus accessibles, les gens qui la pratiquent sont souvent moins au fait des diverses conventions informelles comme ils le seraient pour du canot ou du vélo.
  7. Plus de poids et de pauses n’égalent pas toujours un ralentissement. Le temps écoulé durant une pause efficace est compensé par un pas plus leste lors de la reprise de la marche.
  8. Marcher à son rythme plutôt que celui des autres. J’aime mieux marcher à mon rythme durant 24-30 minutes puis attendre les plus lents que d’arrêter toutes les centaines de mètres pour se faire. Pour les plus lents, je crois que de constamment voir ses amis nous attendre doit être plus décourageant qu’autre chose. En groupe de quatre ou plus, il me semble préférable de former deux sous-groupes: les rapides et les lents.
  9. Trop de point de vue, c’est comme pas assez. Après les deux ou trois premiers points de vues, la plupart d’entre nous n’avions plus aucun intérêt pour ceux qui suivaient. Peut-être était-ce à cause du sens dans lequel nous avions entrepris le sentier.
  10. Même quelques courtes randonnées font la différence. Cette moyenne randonnée ne fut pas une sinécure, mais les quelques courtes randonnées (avec moins de poids) que je ne considérais guère suffisant m’ont finalement beaucoup aidé. Comme quoi même le plus petit exercice physique apporte des bienfaits à ne pas négliger.

Pour être honnête, je ressens un mélange de confiance et de doute par rapport à ma longue randonnée de cet été. D’un côté, je sais qu’en appliquant mon apprentissage de la dernière fin de semaine, je me donne de bons outils pour réussir. À l’opposé, je sais également qu’il me faudra redoubler d’effort dans ma mise en forme et que cette randonnée en compagnie des Scouts comprend des facteurs indépendants de ma volonté et de mon contrôle. Pour le moment, la ligne entre la plénitude de relever un défi de taille et la déception de s’être attaquer à un trop gros morceau m’apparaît mince.

Heureusement, la plupart des jeunes semblent motivés à faire d’autres randonnées d’ici là, quitte à demander la participation de quelques parents, car parmi les animateurs, je suis le seul qui soit véritablement assez libre pour faire des randonnées de façon régulière. De mon côté, j’ai planifié une visite au gym demain, en espérant que les tarifs soient à ma portée !

P.S.: Un billet sur le camp de printemps lui-même suivra sous peu.